Les soins de santé concernent tout le monde, mais, pour les investisseurs, le secteur est loin d’être uniforme. Les médicaments, la biotechnologie, les technologies médicales, le diagnostic et les services de soins suivent chacun leur propre cycle d’innovation, leur propre réglementation et leur propre logique économique. Leur point commun : une demande durable combinée à des progrès scientifiques rapides. Le secteur peut ainsi conjuguer caractéristiques défensives et croissance. Pour réussir, il faut toutefois aller au-delà d’une exposition à un seul traitement ou à une seule technologie en vogue.
La population mondiale ne fait pas que croître, elle vieillit également. Selon les Nations Unies, d’ici le milieu de ce siècle, dans de nombreux pays, une personne sur six aura 65 ans ou plus1. L’allongement de l’espérance de vie constitue un progrès social, mais accroît en même temps la demande de soins pour les maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les affections neurologiques. Le nombre de patients n’est pas le seul à augmenter. Les patients âgés présentent plus souvent plusieurs pathologies simultanément, ce qui rend le diagnostic, le suivi et le traitement plus complexes.
La base de dépenses est déjà considérable. L’Organisation mondiale de la Santé a estimé les dépenses mondiales de santé pour 2022 à 9.800 milliards de dollars, soit 9,9% du PIB mondial2. Le pic lié à la pandémie s’est ensuite atténué, mais les dépenses sont restées, en termes réels, supérieures au niveau de 2019. Cela souligne une distinction importante : les soins de santé ne constituent pas un marché purement conjoncturel. La demande reste relativement stable, même si les budgets peuvent subir des pressions en raison d’un ralentissement de la croissance économique, de taux d’intérêt plus élevés ou des choix des pouvoirs publics et des assureurs.
Les progrès scientifiques transforment les domaines dans lesquels les entreprises peuvent créer de la valeur, ainsi que la manière dont elles le font. En oncologie et en immunologie, l’attention se porte désormais sur des thérapies qui ciblent plus précisément les mécanismes biologiques. Les thérapies géniques et cellulaires, les thérapies ciblées par anticorps et les nouvelles formes de médecine de précision peuvent répondre aux besoins de groupes de patients pour lesquels il existait auparavant peu d’options thérapeutiques. Parallèlement, le développement rapide des plateformes à ARNm a montré qu’une technologie qui s’impose d’abord dans un domaine peut ensuite être appliquée à d’autres maladies infectieuses ainsi qu’à la recherche sur le cancer3.
L’enjeu économique est considérable. IQVIA prévoyait que les dépenses mondiales en médicaments, sur la base des prix catalogue, pourraient atteindre environ 2.300 milliards de dollars d’ici 2028, sous l’effet de l’augmentation du nombre de patients traités et de l’arrivée de nouvelles thérapies, notamment en oncologie, en immunologie et en endocrinologie4. De telles prévisions ne garantissent ni le chiffre d’affaires ni le rendement. Les négociations sur les prix, les règles de remboursement, l’expiration des brevets et la concurrence des médicaments génériques et des alternatives biologiques peuvent fortement influencer la valeur commerciale de l’innovation.
Les technologies médicales couvrent notamment l’imagerie, la chirurgie robotique, le monitoring, les implants, les équipements de laboratoire et les applications numériques. Ces solutions peuvent aider les médecins à poser des diagnostics plus précoces, à administrer les traitements avec une plus grande précision et à suivre davantage de patients en dehors de l’hôpital. Elles répondent également à un autre défi démographique : alors que la demande de soins augmente, le personnel qualifié reste rare. Les technologies qui réduisent les tâches administratives ou accélèrent les processus cliniques peuvent dès lors apporter une valeur opérationnelle tangible.
L’intelligence artificielle accélère cette évolution. Des algorithmes sont déjà utilisés dans l’imagerie médicale, la reconnaissance de formes, la sélection de patients pour des études cliniques et la recherche de nouvelles molécules. Début 2025, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) indiquait avoir autorisé plus de 1.000 dispositifs médicaux intégrant des composants d’IA dans le cadre des procédures de mise sur le marché existantes5. Ce chiffre montre à quelle vitesse l’IA passe de l’expérimentation à l’application. La sélectivité reste néanmoins nécessaire. Une autorisation ne prouve pas automatiquement qu’une application permet, dans chaque environnement de soins, de gagner du temps, de réduire les coûts ou d’améliorer les résultats cliniques. La qualité des données, la protection de la vie privée, les biais éventuels, l’intégration dans les systèmes existants et les modalités de remboursement déterminent également si une technologie peut être déployée à grande échelle sur le plan commercial.
Les soins de santé se composent de différentes chaînes de valeur. Chaque segment possède ses propres moteurs de croissance et ses propres risques :
Cette diversité montre clairement pourquoi le secteur ne peut pas être évalué comme un bloc homogène. Les différents segments des soins de santé ont en effet leur propre dynamique de croissance, leur propre environnement concurrentiel et leur propre profil de risque. Pour les investisseurs, la principale leçon est la suivante : la croissance du chiffre d’affaires ne suffit pas. Ils doivent également examiner les marges, la qualité du bilan, la productivité de la recherche, les perspectives de remboursement et le prix déjà intégré dans le cours de l’action6.
Les soins de santé sont souvent considérés comme un secteur défensif, car les patients ne reportent généralement pas les soins nécessaires. La demande de nombreux produits et services du secteur est en outre soutenue par des tendances à long terme telles que le vieillissement, l’innovation technologique et l’augmentation des besoins en soins médicaux. Cela ne signifie toutefois pas que les investissements dans ce secteur comportent moins de risques que les autres investissements en actions7.
Les débats politiques sur le prix des médicaments, les modifications des modalités de remboursement, les actions en justice, les rappels de produits et les résultats de recherche négatifs peuvent rapidement détruire de la valeur. La concentration constitue également un point d’attention : un portefeuille fortement exposé à quelques grandes entreprises pharmaceutiques ou à une seule tendance thérapeutique peut être moins diversifié que ne le laisse penser l’appellation du secteur.
Les soins de santé ne constituent pas un thème tactique limité à une seule année boursière. Le vieillissement, les maladies chroniques, les progrès scientifiques et la numérisation peuvent soutenir le secteur pendant plusieurs décennies. Son évolution ne sera toutefois pas linéaire. L’innovation fait émerger des gagnants, mais accélère également l’obsolescence des produits et modèles économiques existants. En outre, les opportunités varient selon les régions, les domaines thérapeutiques et les stades de développement des entreprises.
Pour les investisseurs, une approche diversifiée peut contribuer à limiter la dépendance à un seul médicament, au résultat d’une seule étude ou à une seule technologie. Un fonds8 peut répartir les investissements entre différentes régions et différents sous-secteurs, tandis qu’une gestion active permet d’évaluer les données cliniques, la valorisation et la qualité des entreprises. Cela n’élimine pas les risques. Les soins de santé ont donc leur place au sein d’un portefeuille bien diversifié et conforme à vos objectifs, à votre horizon d’investissement et à votre Financial ID.
Les produits d’investissement comportent des risques. Leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse et l’investisseur peut ne pas récupérer le montant de son investissement. Toute décision d’investissement doit être conforme à votre Financial ID (profil d’investisseur). Plus d’informations sur deutschebank.be/financialid.
Les prévisions reposent sur des hypothèses, des estimations, des opinions et des modèles ou analyses hypothétiques qui peuvent se révéler inexacts. À titre purement illustratif. Le présent article et les informations qu’il contient ne constituent pas un conseil en investissement.
Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures. Les résultats se rapportent à une valeur nominale fondée sur les plus-values et moins-values. Ils ne tiennent pas compte de l’inflation. Celle-ci réduit le pouvoir d’achat de cette valeur monétaire nominale. Selon son niveau, l’inflation peut dès lors entraîner une perte de valeur réelle, même lorsque la performance nominale de l’investissement est positive.
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23 septembre 2026
1 United Nations, World Population Prospects 2024: Summary of Results, 2024.
2 World Health Organization, Global spending on health: Emerging from the pandemic, 9 décembre 2024.
3 Deutsche Bank Chief Investment Office, PERSPECTIVES Special “Healthcare & MedTech: A blueprint for growth”, février 2025.
4 IQVIA Institute for Human Data Science, “The Global Use of Medicines 2024: Outlook through 2028”, 17 janvier 2024. IQVIA est une entreprise multinationale qui utilise la science des données, le big data et l’intelligence artificielle (IA) afin d’aider ses clients du secteur des soins de santé à améliorer leurs résultats cliniques et commerciaux.
5 U.S. Food and Drug Administration, “FDA Issues Comprehensive Draft Guidance for Developers of Artificial Intelligence-Enabled Medical Devices”, 6 janvier 2025.
6 Deutsche Bank Belgique, Pitchbook BGF World Healthscience Fund A2 EUR, T3 2026, données au 30 juin 2026.
7 Deutsche Bank Belgique, Pitchbook BGF World Healthscience Fund A2 EUR, T3 2026, données au 30 juin 2026 ; Deutsche Bank Chief Investment Office, Healthcare & MedTech: A blueprint for growth, février 2025.
8 Le terme « fonds » est l’appellation courante d’un Organisme de Placement Collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non-UCITS) et revêtir différentes formes juridiques (sicav, FCP, etc.). Un OPC peut comporter des compartiments. Les fonds sont soumis à des risques. Leur valeur peut augmenter comme diminuer et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas le montant de leur investissement.