Parallèlement à sa décision de relever les taux de 25 points de base (pb), la Fed a indiqué que cette mesure visait à soutenir au mieux son double mandat, particulièrement dans un contexte marqué par de nouvelles créations d’emplois et une forte croissance de la productivité.
Elle a souligné que l’activité économique continuait de progresser, portée par une demande intérieure solide malgré les incertitudes géopolitiques persistantes. Elle a également confirmé son engagement à maintenir des réserves abondantes dans le système bancaire. Cette décision devrait favoriser un retour plus rapide de l’inflation vers l’objectif de 2%.
Dans ses nouvelles projections économiques, la Fed prévoit désormais un taux directeur médian de 4,1% pour 2026, contre 3,9% en juin. Ce taux est également attendu à 4,1% en 2027, puis à 3,9% en 2028. Pour 2026, la prévision de croissance du PIB a été relevée de 2,2% à 2,3%, celle du taux de chômage a été abaissée de 4,3% à 4,1%. L’inflation PCE de base est par ailleurs attendue à 3,7% et l’inflation PCE sous-jacente (sans les prix de l’énergie) à 3,4%, légèrement au-dessus des projections de juin, qui s’établissaient respectivement à 3,6% et 3,3%.
La hausse des taux a été approuvée à l’unanimité par les 12 membres votants. Le graphique des prévisions reste orienté vers des taux durablement élevés : la plupart des participants s’attendent à ce que le taux directeur reste proche de 4% en 2026. La dispersion plus marquée des projections pour 2027, d’environ 3% à plus de 4%, souligne l’incertitude croissante quant au niveau auquel les taux finiront par se stabiliser. Dans l’ensemble, une croissance plus solide et un marché du travail résilient pourraient conduire la banque centrale à maintenir une politique restrictive plus longtemps.
Si la hausse des taux était largement anticipée, plusieurs éléments de la décision ont envoyé un signal plus restrictif. Le vote a été unanime, les responsables monétaires prévoient une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année et le retour de l’inflation à 2% est repoussé. Parallèlement, le regard sur l’économie reste positif : l’emploi progresse au même rythme que la population active, le chômage varie peu, la productivité reste forte et les investissements des entreprises sont bien présents. Le marché du travail semble désormais stabilisé et pourrait même continuer à se renforcer. L’inflation reste toutefois trop élevée. Face à son double mandat (plein emploi et stabilité des prix), la banque centrale doit maintenir un équilibre délicat. En relevant son taux directeur de 25 pb, elle renforce sa crédibilité dans la lutte contre l’inflation.
Sur les marchés, la première réaction a reflété le ton restrictif de la décision et des déclarations du président Warsh. Les rendements des bons du Trésor américain, qui avaient baissé avant l’annonce, sont ensuite repartis à la hausse. La hausse a surtout concerné les échéances courtes : le rendement à 2 ans a progressé et l’écart entre les taux à 2 et 10 ans s’est réduit, passant d’environ 35 à 27 pb. Le dollar américain s’est apprécié, soutenu par la hausse des taux courts et par les attentes d’une politique monétaire plus ferme, permettant à l’indice DXY (dollar face à un panier de devises) de repasser au-dessus du seuil symbolique de 100. Dans le même temps, l’or a effacé ses gains et a reculé après la décision. La réaction des actions a été plus contrastée. Même si des taux plus élevés sont généralement peu favorables aux actifs risqués, les investisseurs accordent pour l’instant davantage d’importance à la solidité du cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle qu’à une nouvelle variation de 25 à 50 pb du taux directeur.
Pour les investisseurs, cette décision concerne avant tout le marché obligataire. Ses effets devraient être plus marqués dans l’économie réelle que sur les marchés d’actions. La hausse des taux courts pèsera sur les activités sensibles au crédit, tandis que les investissements dans l’intelligence artificielle restent le principal moteur des marchés actions.
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