- Le Federal Open Market Committee (FOMC) a tenu, ce mercredi 18 mars 2026, sa deuxième réunion de l’année et a décidé de maintenir ses taux dans une fourchette de 3,50% à 3,75%.
- Parallèlement à sa décision, le FOMC a publié une mise à jour de son Summary of Economic Projections (SEP), relevant le taux directeur à long terme à 3,1% contre 3,0% en décembre.
- Les marchés ont évolué en territoire négatif, les actions cédant du terrain à mesure que la crise iranienne dominait l’actualité, tandis que les rendements des bons du Trésor ont progressé sur l’ensemble de la courbe. Les contrats à terme reflètent désormais des anticipations de politique monétaire plus prudentes, les marchés n’intégrant plus d’assouplissement significatif avant le 4ème trimestre 2026.
Que s’est-il passé ?
En parallèle de sa décision de maintenir les taux inchangés lors de la réunion du FOMC de mars, la Réserve fédérale (Fed) a souligné que, malgré une inflation toujours élevée, l’économie continue de se développer à un rythme « solide ». Le Comité a également insisté sur l’incertitude croissante liée aux développements au Moyen-Orient et leurs implications pour l’économie américaine, alors qu’il s’efforce d’équilibrer les deux volets de son double mandat. À la lecture du Summary of Economic Projections (SEP), la projection médiane des taux pour 2026 reste à 3,4%, en ligne avec les estimations de décembre 2025. De même, la projection médiane demeure à 3,1% pour 2027 et 2028.
Des projections globalement inchangées
Des révisions ont également été apportées aux prévisions économiques médianes pour 2026. La croissance du PIB a été légèrement relevée de 2,3% à 2,4%, tandis que le taux de chômage est resté inchangé à 4,4%. Concernant l’inflation, les anticipations de PCE nominal et core s’établissent à 2,7% pour 2026. À moyen terme, la prévision de PCE pour 2027 a été relevée de 2,1% à 2,2%, tandis que celle de 2028 reste stable à 2,0%.
La décision de maintenir les taux inchangés a été soutenue par 11 des 12 membres votants, un seul plaidant pour une baisse de 25 points de base. La communication du FOMC ne montre que des ajustements modestes, et les projections actualisées continuent de suggérer une seule baisse de taux cette année, malgré des prévisions d’inflation plus élevées. La formulation du Comité reste inchangée, reflétant une approche attentive aux données et à l’équilibre des risques. Un nombre de dissidences plus limité qu’anticipé et l’absence de ton plus restrictif confirment une posture d’attentisme plutôt qu’un changement de cap monétaire.
Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?
Les prévisions de la Fed apparaissent difficiles à concilier avec les données récentes, notamment en ce qui concerne la croissance économique et l’emploi. La Fed a revu à la hausse ses prévisions de décembre, certes marginalement, portant la croissance du PIB réel 2026 de 2,3% à 2,4%. Plus intéressant encore, le taux de chômage est maintenu à 4,4%, malgré des indicateurs sur l’emploi plus moroses, notamment la dernière publication des NFP du mois dernier affichant -92.000.
La révision la moins surprenante concerne l’inflation PCE, dont les perspectives pour 2026 ont été relevées à 2,7% contre 2,4% précédemment. À cela s’ajoute la publication du PPI ce mercredi 18 mars, supérieure aux attentes tant sur le chiffre global que sur le core. Il convient de noter que ces données n’intègrent pas encore pleinement les récentes hausses des prix de l’énergie.
Dans ce contexte, la séance a été difficile pour les actifs risqués, déjà sous pression en raison des données économiques et de la hausse des prix de l’énergie. Le message de la Fed n’a pas contribué à rassurer les marchés.
Un message ambigu sur la trajectoire des taux
Le président Jerome Powell a insisté sur la nécessité d’une approche dépendante des données et a évoqué la possibilité qu’aucune baisse des taux ne soit décidée en 2026 en cas d’absence de progrès sur l’inflation. Cette déclaration contraste toutefois avec les projections actualisées du FOMC publiées ce mercredi 18 mars, qui réaffirment la vision d’une baisse de taux pour cette année. Les anticipations de marché ont néanmoins été ajustées et, à ce jour, le marché américain n’intègre plus de baisse de taux complète d’ici fin 2026.
En conséquence, les rendements obligataires ont progressé parallèlement sur l’ensemble de la courbe et se rapprochent de leurs plus hauts niveaux atteints depuis le début du conflit iranien. Le dollar américain a suivi la même trajectoire haussière dans un environnement globalement averse au risque.
Les marchés d’actions ont souffert globalement, la faiblesse la plus marquée étant observée sur les petites capitalisations, pour lesquelles la hausse des taux d’intérêt et le durcissement des conditions financières freinent l’appétit pour les valeurs cycliques et la croissance de manière générale. Ces mouvements de prix ne sont guère surprenants au regard des événements et des données du moment, mais en coulisses, la performance sectorielle s’est révélée bien plus contrastée. Les secteurs défensifs tels que l’immobilier, la santé et les biens de consommation de base figuraient parmi les moins bonnes performances. À l’inverse, l’énergie a signé la meilleure performance, suivie du secteur industriel, des services aux collectivités et des communications.
Conclusion
Les développements récents confirment que la Fed reste fermement guidée par les données, avec des ajustements de politique monétaire susceptibles de rester graduels dans un contexte d’incertitude persistante. Les marchés continuent de recalibrer leurs anticipations face aux évolutions géopolitiques et inflationnistes. Notre scénario de base demeure inchangé et prévoit deux baisses de taux supplémentaires d’ici mars 2027.
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