En parallèle de la décision de maintenir les taux lors de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) de janvier, la Réserve fédérale (Fed) a souligné dans son communiqué le rythme « solide » de la croissance du PIB, la « stabilisation » du taux de chômage et une inflation « quelque peu élevée ». Le Comité a également insisté sur le fait que les incertitudes entourant les perspectives économiques demeurent importantes, soulignant les risques persistants liés à l’emploi et à l’inflation susceptibles d’influencer les futures décisions de politique monétaire.
Lors de sa dernière réunion en décembre 2025, le FOMC avait mis à jour son résumé des projections économiques (Summary of Economic Projections - SEP), indiquant un taux directeur médian de 3,4% pour 2026 et une estimation à long terme de 3,0%. Les responsables ont réaffirmé qu’ils continueront d’évaluer les données entrantes et l’évolution des perspectives afin de maintenir un équilibre approprié entre le plein emploi et la stabilité des prix. Ils ont également souligné qu’ils « seraient prêts à ajuster l’orientation de la politique monétaire si des risques apparaissaient », renforçant ainsi leur approche fondée sur les données.
Dans son évaluation, le Comité a précisé que son analyse repose sur un « large éventail d’informations », incluant la dynamique du marché du travail, les pressions inflationnistes et les anticipations, ainsi que les évolutions financières et internationales. Il a également reconnu les récents signes de ralentissement de la demande des consommateurs et l’atténuation des pressions sur les prix des biens, mises en évidence dans les dernières publications économiques.
La décision de maintenir les taux a été soutenue par 10 des 12 membres votants, tandis que deux ont privilégié une baisse de 0,25 point de pourcentage. La Fed a réaffirmé son engagement à ramener l’inflation vers son « objectif de 2% » tout en soutenant le plein emploi, conservant ainsi une posture prudente mais stable.
En maintenant ses taux, la Fed a indiqué que sa politique se situe désormais à proximité de la partie haute de la zone neutre, qui ne freine ni ne stimule de manière significative l’activité économique. Parallèlement, des divergences sectorielles sont visibles : l’investissement des entreprises continue de progresser à un rythme soutenu, tandis que le marché immobilier reste fragile, malgré des signes timides d’amélioration.
Jerome Powell, président de la Fed, a rappelé que l’impact inflationniste des hausses de droits de douane de l’an dernier approche de son pic, qualifiant les pressions associées d’ajustement ponctuel plutôt que de moteur durable de l’inflation. Il anticipe un affaiblissement progressif des effets sur les prix des biens au cours de l’année.
Le contexte macroéconomique global demeure contrasté. Les créations d’emplois restent modérées, bien que le taux de chômage ait montré des signes initiaux de stabilisation, réduisant ainsi l’urgence d’un nouvel assouplissement. Les responsables ont légèrement ajusté leur communication pour refléter des données plus solides, tout en restant prudents. Powell a insisté sur le fait que les prochaines décisions resteront dépendantes des données, avec une attention particulière portée à la normalisation de l’inflation et à la solidité du marché du travail. Les marchés intègrent une probabilité de 86% d’un statu quo lors de la réunion de mars et de 74% en avril, suggérant que la prochaine baisse de taux pourrait n’intervenir qu’au deuxième trimestre 2026.
Les marchés ont réagi de manière relativement modérée. Après avoir brièvement dépassé les 7.000 points, le S&P 500 a légèrement reculé tout en conservant de modestes gains pour terminer la journée inchangé. Sur le marché obligataire, les rendements ont progressé. Celui du Treasury à 2 ans, sensible aux variations de taux, a grimpé à 3,59%, tandis que celui à 10 ans est monté à 4,26%. L’or évoluait également en territoire positif, à +4,26%.
Pour la réunion de juin, les probabilités implicites de marché attribuent désormais 61% de chances à une nouvelle baisse de taux, et notre scénario central demeure celui de deux réductions supplémentaires d’ici fin 2026.
Avec une croissance solide et un marché du travail en voie de stabilisation, les décideurs semblent à l’aise avec l’idée d’attendre plus longtemps avant d’assouplir leur politique. La Fed a indiqué que toute décision future dépendra des données à venir, les marchés n’anticipant aucun ajustement avant l’été.
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