Lors de sa réunion de juillet, la Fed a laissé ses taux d’intérêt inchangés. Elle a souligné que l’économie américaine continuait d’afficher une croissance solide malgré un environnement marqué par une incertitude accrue, notamment en raison des tensions au Moyen-Orient. Le communiqué a peu évolué par rapport à celui de juin. La Fed a toutefois réaffirmé sa volonté de maintenir un niveau élevé de réserves bancaires, signalant ainsi que la stabilité demeure sa priorité alors qu’elle continue d’évaluer les nouvelles données économiques. Dans ses projections publiées en juin, le taux directeur médian était attendu à 3,8 % en 2026 et 3,6 % en 2027, ce qui reste cohérent avec une normalisation progressive de la politique monétaire.
Neuf membres ont soutenu la décision, tandis que trois se sont prononcés en faveur d’une hausse de 25 points de base. Ce résultat reflète un débat nourri au sein de la banque centrale, que le président Warsh a qualifié de « saine discussion de famille ». Lors de sa deuxième conférence de presse en tant que président de la Fed, il a indiqué que l’institution « n’hésiterait pas » à agir si les pressions inflationnistes devaient s’intensifier, d’autant que de nouvelles statistiques seront disponibles avant la réunion de septembre. Kevin Warsh s’est également montré favorable à une réduction de la communication prospective (« forward guidance »). Enfin, il a souligné l’importance croissante de l’intelligence artificielle dans l’économie. Les investissements liés à l’IA peuvent soutenir la demande à court terme et exercer une pression sur les prix, mais ils sont également susceptibles d’améliorer la productivité et d’accroître l’offre à plus long terme. Inflation, croissance et intelligence artificielle demeurent ainsi des facteurs clés pour l’orientation future de la politique monétaire.
Il s’agissait de la deuxième réunion de politique monétaire présidée par M. Warsh. Les marchés attribuaient environ 30 % de probabilité à un relèvement des taux ; le maintien du statu quo n’a donc pas constitué une véritable surprise et a été accueilli favorablement.
Cette décision marque une cinquième pause consécutive. Toutefois, la présence de trois votes dissidents (9 contre 3) rend les perspectives monétaires moins prévisibles. Les partisans d’une politique plus accommodante mettent en avant les dernières données sur l’inflation et le marché du travail, qui justifient selon eux une approche attentiste. Dans le même temps, la marge de manœuvre pour retarder un éventuel resserrement monétaire se réduit tant que l’inflation demeure supérieure à l’objectif de la Fed.
Les observateurs ont également noté le manque de précisions concernant le bilan de la banque centrale, alors même que cet outil avait fait l’objet de prises de position marquées de la part de M. Warsh par le passé.
À la suite de l’annonce, les actifs risqués ont largement progressé dans un mouvement de soulagement. Sur le marché obligataire américain, le rendement des obligations à deux ans a initialement reculé d’environ 5 points de base, les investisseurs révisant à la baisse leurs anticipations de hausse de taux. Les rendements à dix ans ont, quant à eux, peu réagi. La courbe des taux américaine (2 ans - 10 ans) s’est ainsi accentuée d’environ 5 points de base.
Le dollar américain s’est affaibli, dans le sillage du recul des rendements obligataires. L’or a bénéficié de la combinaison de taux plus faibles et d’un dollar moins ferme, rebondissant à partir du seuil psychologique de 4 000. Les marchés actions, qui évoluaient jusque-là dans un intervalle relativement étroit en raison des interrogations entourant la pérennité du cycle d’investissement dans l’IA, ont eux aussi enregistré un rallye de soulagement, avant de finalement terminer la séance nettement dans le rouge (-1,52 % pour le S&P 500).
Si la décision correspondait globalement aux attentes des marchés, elle pourrait placer la Fed dans une position délicate. Les prochaines réunions se tiendront en pleine campagne électorale, tandis que les investisseurs pourraient commencer à anticiper une hausse future des taux directeurs. Par ailleurs, les chocs d’offre potentiels liés à une escalade ou à une désescalade des tensions au Moyen-Orient continueront de jouer un rôle déterminant dans l’évolution du scénario monétaire.
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18 juin 2026