- Lors de sa troisième réunion de politique monétaire de l’année, la Fed a maintenu son taux directeur inchangé à 3,50 % – 3,75 %.
- La banque centrale continue de suivre les données macro-économiques afin d’équilibrer son double mandat : ramener l’inflation vers l’objectif et soutenir le plein emploi.
- Les marchés financiers ont légèrement reculé : les actions ont terminé en baisse et les rendements obligataires ont augmenté sur l’ensemble de la courbe. À ce stade, les marchés n’anticipent plus de baisse des taux directeurs avant Q3 2027.
- La BCE ne modifie pas, pour l’instant, son taux directeur : il reste fixé à 2 %.
Que s’est-il passé ?
Outre la décision de maintenir les taux inchangés, la Fed a indiqué que l’activité économique continue de croître à un rythme « solide ». L’inflation demeure trop élevée, en partie en raison de la hausse des prix de l’énergie, tandis que le chômage a globalement peu évolué, même si les créations d’emploi ont ralenti en moyenne.
La banque centrale a actualisé son Summary of Economic Projections, qui table désormais sur un taux directeur médian de 3,4 % en 2026 et de 3,1 % en 2027 comme en 2028. Les responsables ont réaffirmé que les décisions à venir seront guidées par les données publiées et l’évolution des perspectives économiques, afin de préserver l’équilibre entre plein emploi et stabilité des prix. Ils ont également souligné qu’ils restent prêts à ajuster la politique monétaire si nécessaire, compte tenu de la hausse des risques.
Lors de l’évaluation de sa politique, la Fed a souligné que son analyse s’appuie sur un large éventail de données, notamment des indicateurs relatifs au marché du travail, aux pressions inflationnistes et aux évolutions internationales. Le conflit qui se prolonge au Moyen-Orient a été cité comme une source majeure d’incertitude accrue quant aux perspectives économiques. La banque centrale a confirmé une posture attentiste dans un contexte de signaux contradictoires concernant l’inflation et le marché du travail.
La décision de maintenir les taux inchangés a été soutenue par huit membres, tandis qu’un membre a voté contre, plaidant pour une baisse de 25 points de base. Trois autres membres ont certes appuyé le maintien de la politique actuelle, mais ont adopté un ton plus restrictif quant à d’éventuelles baisses de taux à l’avenir. Il s’agit de la plus grande dispersion d’opinions au sein du comité de décision depuis 1992.
Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?
Bien que la décision de maintenir les taux inchangés ait été attendue, une nette division est apparue au sein du comité de décision quant à la trajectoire future de la politique monétaire, principalement alimentée par l’impulsion inflationniste liée au conflit qui se prolonge au Moyen-Orient. Par ailleurs, le président actuel de la Fed, Jerome Powell, a annoncé qu’il resterait gouverneur pendant une certaine période après la fin de son mandat à la présidence. Ces deux éléments constituent ensemble un obstacle clair à la marge de manœuvre du futur président de la Fed, Kevin Warsh.
Ironiquement, cette division s’est traduite sur les marchés par une réaction assez univoque des actifs risqués.
Les rendements obligataires ont augmenté sur l’ensemble de la courbe, à mesure que le cycle d’assouplissement attendu était encore repoussé et que de modestes hausses de taux pour le premier semestre 2027 étaient de nouveau intégrées dans les prix. Le rendement à deux ans s’est à nouveau rapproché des sommets du 27 mars 2026, autour de 3,9 %, lorsque le S&P 500 évoluait autour de 6 400 points. Plus loin sur la courbe, le rendement à dix ans est monté à 4,4 %, se rapprochant dangereusement de notre « ligne rouge » de 4,5 %, un niveau qui a, au cours des 36 derniers mois, exercé à plusieurs reprises une pression sur les marchés actions. Enfin, le rendement à trente ans s’est approché du niveau symbolique de 5 %.
Les marchés actions ont également reculé, les plus mauvaises performances étant observées du côté des petites capitalisations sensibles aux taux. Les conditions financières se resserrent à mesure que les baisses de taux disparaissent des anticipations de marché et que les rendements augmentent sur l’ensemble de la courbe. Cela réduit la probabilité que la croissance économique s’élargisse de manière significative.
Le cœur du sujet est que la trajectoire future de la politique monétaire dépend étroitement de la durée et de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Sans progrès substantiels — et plus particulièrement sans rétablissement des flux énergétiques via le détroit d’Ormuz — il reste peu probable que l’inflation ralentisse à un niveau offrant à la Fed une marge suffisante pour assouplir sa politique.
La BCE maintient son taux directeur à 2 %
- Attentiste, mais vigilante : la BCE a laissé ses taux inchangés, tout en soulignant des risques croissants, à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance.
- Calme en surface, une inquiétude sous-jacente : la banque centrale affiche sa confiance, en mettant en avant la résilience de l’économie et des anticipations d’inflation bien ancrées, mais l’inquiétude grandit à mesure que le conflit au Moyen-Orient s’enlise.
- Décision de juin volontairement laissée ouverte : la banque ne se prononce pas sur une hausse des taux, sans pour autant l’exclure, afin de conserver une pleine flexibilité pour la prochaine réunion.
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