- Comme attendu, la Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau laissé ses taux directeurs inchangés.
- Les prévisions d’inflation ont été revues à la hausse par la BCE par rapport aux projections de décembre, en particulier pour 2026. Les perspectives de croissance ont, quant à elles, été revues à la baisse.
- Les marchés financiers intègrent désormais deux hausses de taux de 25 points de base cette année, avec environ 50% de probabilité pour une troisième. Toutefois, en cas de désescalade rapide de la situation au Moyen-Orient, les anticipations de hausses de taux de la BCE pourraient être revues à la baisse.
Que s’est-il passé ?
La Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau maintenu ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de dépôt reste ainsi fixé à 2,00%. La dernière baisse de taux de la BCE remonte à juin 2025.
Si cette décision était largement anticipée, l’attention des marchés s’est surtout portée sur les nouvelles projections macroéconomiques de la BCE ainsi que sur sa communication concernant les risques inflationnistes liés au conflit au Moyen-Orient.
Les nouvelles projections de la BCE intègrent exceptionnellement des informations disponibles jusqu’au 11 mars, soit une date de clôture plus tardive qu’à l’accoutumée. Sur cette période, le Brent s’échangeait autour de 92 USD/baril, tandis que le gaz naturel (TTF) atteignait environ 50 euros/MWh.
Dans le scénario de référence, l’inflation globale devrait s’établir en moyenne à 2,6% en 2026, 2,0% en 2027 et 2,1% en 2028. Ces chiffres ont été revus à la hausse par rapport aux projections de décembre, en particulier pour 2026, principalement en raison de la hausse attendue des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Hors énergie et alimentation, l’inflation est projetée à 2,3% en 2026, 2,2% en 2027 et 2,1% en 2028.
La croissance économique devrait, selon ces projections, s’établir en moyenne à 0,9% en 2026, 1,3% en 2027 et 1,4% en 2028. Cela correspond à une révision à la baisse, particulièrement marquée pour 2026, reflétant les effets globaux du conflit sur les marchés des matières premières, les revenus réels et la confiance.
Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?
La BCE a averti que le conflit au Moyen-Orient entraîne à la fois une accélération de l’inflation et un ralentissement de la croissance, tout en réaffirmant sa détermination à maintenir l’inflation autour de son objectif de 2%. « Nous sommes à la fois bien positionnés et bien équipés pour faire face à un choc majeur en cours », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors de la conférence de presse.
Les marchés ont interprété ce message comme un signal que la BCE pourrait être disposée à relever ses taux si les risques pesant sur son objectif d’inflation venaient à se matérialiser. Les marchés financiers intègrent désormais pleinement deux hausses de taux de 25 points de base cette année, avec une probabilité d’environ 50% pour une troisième.
Les rendements des obligations d’État de la zone euro avaient déjà progressé avant la réunion de la BCE, le rendement du Bund allemand à deux ans ayant augmenté d’environ 11 points de base pour atteindre 2,56%. Malgré la forte hausse des prix de l’énergie depuis la clôture précédente, l’euro s’est maintenu au-dessus de 1,15 face au dollar américain. En revanche, les principaux indices actions de la zone euro ont nettement reculé dès l’ouverture, un mouvement que la réunion de la BCE n’a pas permis d’inverser.
Conclusion
Christine Lagarde a également réaffirmé que la BCE est « déterminée à assurer la stabilisation de l’inflation autour de 2% à moyen terme ». L’institution semble aujourd’hui mieux armée qu’au moment du « choc inflationniste » de 2022-2023.
Toutefois, le fait que l’inflation sous-jacente soit projetée à 2,3%, 2,2% et 2,1% respectivement en 2026, 2027 et 2028 pourrait s’avérer déterminant. Dans le scénario de référence, les prix de l’énergie devraient alimenter l’inflation sous-jacente, la maintenant au-dessus de l’objectif sur l’ensemble de l’horizon de projection.
Dans ce contexte, la BCE pourrait être amenée à relever ses taux si les prix de l’énergie se maintiennent à des niveaux élevés - sauf en cas de désescalade rapide au Moyen-Orient. À ce stade, les responsables politiques devraient toutefois continuer à surveiller l’évolution du conflit et son impact sur les prix des matières premières énergétiques. En cas de désescalade à court terme, les anticipations de hausses de taux de la BCE pourraient être écartées par les marchés.
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