Marchés

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Une lumière au bout du tunnel pour l’économie mondiale ?

Une lumière au bout du tunnel pour l’économie mondiale ?

28 décembre 2020 - Lu en 3 min 30

Rédigé par

David Ghezal
Investment Strategist

En résumé
  • Dès l’été 2021, on devrait assister à une nette relance économique en Europe et aux États-Unis, combinée à une poursuite de la reprise en Asie.
  • La Chine a été la première victime du Covid-19, mais elle a quitté les soins intensifs depuis longtemps. La reprise est conforme aux prévisions et s’accompagne d’une accélération de la croissance. L’économie chinoise est la seule à ne pas s’être contractée en 2020.
  • Pour soutenir la reprise mondiale, le maintien des conditions de financement favorables et les mesures de soutien sont indispensables.

La récession de 2020 a été beaucoup plus sévère que celle de 2008, mais elle a également été de plus courte durée. Pour revenir au niveau de croissance d’avant-crise, il faudra sans doute patienter jusqu’en 2022 (à titre de comparaison, il avait fallu 7 ans pour digérer la crise de 2008).

Des mesures de soutien – tant monétaires que fiscales – et le maintien de conditions de financement favorables restent cependant indispensables. La faiblesse de l’inflation permet aux grandes banques centrales de poursuivre leurs politiques ultra-flexibles.

Alors que les restrictions liées à la crise sanitaire continuent de peser sur l’économie mondiale, l’arrivée des premiers vaccins est porteuse d’espoir pour 2021. Elle renforce les chances d’une normalisation de l’activité économique et, à terme, d’une reprise mondiale synchronisée.

En Occident, nous pourrions atteindre une certaine forme d’immunité de groupe à partir de l’été 2021. Cette avancée devrait ouvrir la voie à une reprise plus forte en Europe et aux États-Unis au cours du second semestre, combinée à une reprise soutenue en Asie.

1. États-Unis : Joe Biden a du pain sur la planche

L’économie américaine a redressé la tête au 3e trimestre, soutenue par la consommation privée, la relance des investissements des entreprises et un marché immobilier en plein essor. La situation sanitaire reste cependant très préoccupante et continue de perturber la conjoncture.

La consommation des ménages, en particulier, est à la recherche d’un second souffle. Les mesures de soutien du gouvernement arrivent progressivement à leur terme et le rythme des créations d’emplois a fortement ralenti ces derniers mois. Jusqu’à présent, le marché du travail américain n’a récupéré qu’un peu plus de la moitié des emplois perdus pendant la crise. La résilience et la compétitivité de l’économie US, ainsi que la vaccination, devraient favoriser une embellie en 2021.

En attendant, de nouvelles mesures de soutien seront encore nécessaires pour soutenir les ménages et les petites entreprises, ainsi que les États et les collectivités locales.

La Réserve fédérale (Fed) continue à apporter son soutien inconditionnel à l’économie. Elle prévoit de maintenir des taux d’intérêt plancher jusqu’en 2023 au moins et poursuit aussi ses achats d’obligations à grande échelle.

Le président Biden devra collaborer avec un Congrès divisé, car il est probable que les républicains conserveront la majorité au Sénat (cela dépendra du résultat des élections sénatoriales de janvier en Géorgie). De ce fait, Joe Biden devra sans doute faire des concessions dans la mise en oeuvre de son programme.

2. Zone euro : une embellie dès le printemps ?

Comme aux États-Unis, la croissance de la zone euro a rebondi de façon spectaculaire au 3e trimestre. Mais la réintroduction de confinements partiels déprime à nouveau l’activité économique et affecte principalement le secteur des services, dont de nombreux acteurs sortiront structurellement affaiblis de la crise.

Les consommateurs restent inquiets pour l’avenir et les entreprises veulent voir le ciel se dégager avant de réinvestir. Une rechute en récession semble inévitable au 4e trimestre. Ce n’est qu’une fois passé l’hiver et la vaccination plus avancée qu’un regain de forme devrait commencer à se dessiner.

Outre les mesures budgétaires d’envergure adoptées par les différents États membres, l’UE a également donné son feu vert au plan de relance de 750 milliards d’euros. S’il s’agit assurément d’une bonne nouvelle, le versement de ces aides ne devrait toutefois pas avoir lieu avant la mi-2021.

Dans ce contexte, la BCE continue de jouer un rôle essentiel pour soutenir la croissance et tenter de stimuler l’inflation. Le 10 décembre dernier, la BCE a augmenté son programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP) de 500 milliards d’euros supplémentaires, pour le porter à 1,850 milliard d’euros. Elle a par ailleurs prolongé d’un an les modalités très favorables des prêts ciblés à long terme aux banques (les fameux TLTRO).

3. Le Royaume-Uni se tire une balle dans le pied

L’économie britannique subit un tir croisé. D’une part, elle souffre de la gestion confuse et tardive de la crise sanitaire . Et d'autre part aussi, parce que l'incertitude entourant le Brexit a duré jusqu'à Noël.

Même si un accord est tombé maintenant, la saga Brexit coûtera en tout cas plus de 1% de croissance au Royaume-Uni en 2021. Sans accord, les dommages auraient été beaucoup plus importants. C’est pourquoi, ce dernier restera encore à la traîne par rapport aux autres pays industrialisés en 2021.

4. Pays émergents : l’Asie – et surtout la Chine – en pole position

Les perspectives en Asie sont favorables et 2021 augure du retour à une croissance durable. Dans l’ensemble, le continent asiatique a mieux géré la crise sanitaire que l’Europe et les États-Unis. La pandémie y a atteint son pic à la mi-septembre et les taux d’infection ont nettement diminué depuis lors. L’économie intérieure s’est fortement redressée et les exportations devraient également bénéficier de la reprise attendue dans les pays industrialisés au second semestre 2021.

À plus long terme, la signature d’un nouvel accord de libre-échange en Asie-Pacifique est également un développement prometteur. Cet accord a été signé par 10 pays d’Asie du Sud-Est, la Corée du Sud, la Chine, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce partenariat régional économique global (PREG) éliminera de nombreuses barrières à l’importation et à l’exportation. Les 15 pays représentent près d’un tiers de l’économie mondiale, ce qui en fait l’accord de libre-échange le plus important au monde.

La Chine a quitté les soins intensifs


La Chine a été la première victime du coronavirus, mais elle est sortie des soins intensifs depuis longtemps. La reprise est sur les rails, avec une accélération continue de la croissance. La demande intérieure est désormais suivie d’un rebond des exportations (qui ont atteint environ 25% du total des exportations mondiales). Le gouvernement prend des mesures de soutien budgétaire ciblées et le système de parti unique permet de faire avancer les réformes en douceur. La banque centrale chinoise (PBoC) pourrait même envisager de relever les taux d’intérêt en 2021, en fonction de l’évolution de l’économie et du marché immobilier.

Première récession pour l’Inde

Tous les pays asiatiques ne présentent pas le même tableau encourageant que la Chine. L’Inde paie un lourd tribut à la crise sanitaire, avec une nouvelle contraction du PIB au 3e trimestre. Le résultat ? L’Inde est entrée en récession pour la première fois de son histoire et affichera la plus lourde chute des pays émergents en 2020

Entretemps, des mesures de relance de 400 milliards de dollars (15% du PIB) ont été engagées pour aider l’économie et stimuler la production dans des secteurs clés. Les indicateurs les plus récents (production, ventes de voitures, exportations) laissent espérer une reprise en 2021, même s’il est encore trop tôt pour crier victoire.

Brésil : une route semée d’embûches


Les perspectives pour l’Amérique latine sont moins encourageantes qu’en Asie. Au Brésil, la croissance a rebondi pour atteindre un niveau record de 7,7% au 3e trimestre. Mais la crise sanitaire est loin d’être finie. De plus, l’état des finances publiques (le versement des aides d’urgence à la population cessera fin 2020) et du marché de l’emploi (avec un taux de chômage supérieur à 14%) est préoccupant. Le rebond espéré de la croissance devrait dès lors rester modeste en 2021.

Prévisions de croissance pour 2020 – 2021 (PIB réel, %)

 
2020
2021
Monde
-4,3
5,2
États-Unis
-4,4
4,0
Zone euro
-8,5
5,5
Allemagne
-6,0
4,5
Italie
-10,0
5,0
Royaume-Uni
-10,0
4,5
Japon
-5,5
3,0
Chine
2,2
8,2
Inde
-9,5
10,0
Brésil
-5,5
2,5
Russie
-4,0
3,0

Source: Deutsche Bank Wealth Management, Décembre 2020

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