Pourquoi investir maintenant en obligations ?

Marchés & investissements - 20 novembre 2023

Pourquoi investir maintenant en obligations ?

Rédigé par Knut Huys - Senior Fund of Funds Manager


En résumé :
  • Influencées par le cycle de hausse des taux d'intérêt des banques centrales, les obligations restent attractives.
  • Le contexte actuel sur les marchés obligataires permet de trouver des obligations de qualité assorties d’un rendement attrayant et de battre potentiellement l’inflation jusqu’à leur échéance.

ll y a près de trois ans que l’inflation a fait son grand retour en Europe. L'inflation globale a grimpé presqu’en ligne droite au-delà des 10% en octobre 2022. Trop faible pendant de longues années, elle s'est, tout à coup, littéralement envolée. Pour faire rentrer ce mauvais esprit dans sa lampe à huile, la BCE a resserré drastiquement sa politique monétaire, à l’instar des autres banques centrales. L’institution de Francfort a relevé son taux directeur à un rythme accéléré et les programmes d’achats d’obligations ont été réduits et/ou arrêtés.

Les marchés obligataires sonnés

Les mesures prises par les banques centrales ont fait bouger les plaques tectoniques d’un paysage obligataire jusqu’alors très paisible. Pendant 10 ans (jusqu’en 2021), les investisseurs ont vu le cours de leurs obligations progresser systématiquement, en réaction à des taux directeurs de 0%, voire négatifs. Pour (ré)investir dans les obligations, ce moment était cependant loin d’être idéal, car les titres nouvellement émis ne rapportaient presque rien. Certains d’entre eux affichaient même un rendement négatif.

Cette situation aberrante a pris fin en 2022. Des opportunités nouvelles se sont présentées aux investisseurs en obligations. Ainsi, le rendement du IHS Markit iBoxx EUR Corporates Index (un indice composé d’obligations d’entreprises Investment Grade1) n’était que de 0,7%2 début 2022, mais a entretemps augmenté à 4,6% en novembre 2023 (à noter que ces chiffres sont communiqués exclusivement à titre d’illustration).

En raison de la hausse des taux, les États et les entreprises ont été contraints d’assortir leurs nouvelles obligations d’un coupon plus élevé. À l’inverse, les investisseurs qui détenaient des obligations en portefeuille ont vu leur prix piquer du nez, car les acheteurs ne sont disposés à acquérir des obligations existantes avec un faible coupon que moyennant une réduction de prix. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le prix des obligations sur le marché secondaire est souvent inférieur à leur prix d’émission.

Une fenêtre d’opportunité ?

Bonne nouvelle donc pour les investisseurs qui souhaitent garnir leur portefeuille d’obligations de qualité. Cependant, cette fenêtre d’opportunité ne devrait pas rester ouverte indéfiniment. Dans l’intervalle, le moteur de l’inflation semble manifester de premiers signes d’essoufflement. L’inflation reste (très) élevée, surtout l’inflation de base, mais elle a déjà fortement reflué par rapport à ses sommets de l’an dernier.

Une fois que l’inflation sera de nouveau maitrisée, il n’y aura plus de raison de maintenir les taux directeurs à un niveau qui freine structurellement la croissance économique. Selon nous, il y a de réelles chances pour que la BCE ne relève plus ses taux directeurs et les maintienne pendant un certain temps à leur plafond actuel. Elle devrait ensuite les abaisser de façon progressive pour relancer la croissance, et ce probablement à partir de mi-2024.

Des opportunités d’achat

Le fait que la BCE interviendra tôt ou tard et entamera un cycle de réduction des taux d'intérêt a également des implications pour le marché obligataire. Lorsque les taux directeurs auront baissé, les obligations nouvelles proposeront normalement un coupon moins élevé, ce qui augmentera la valeur des obligations existantes avec un coupon élevé. Résultat des courses, le contexte obligataire actuel permet d’acheter des obligations de qualité, offrant un rendement attrayant, et d’être en mesure de battre potentiellement l’inflation pendant leur durée de vie (en partant du principe que la politique monétaire restrictive porte ses fruits et que l’inflation évolue effectivement vers un niveau acceptable). Une de ces ‘opportunités’ de profiter du contexte favorable actuel consiste à investir dans un fonds d’obligations3 d’une durée prédéfinie.

Investir dans cette thématique ?

Les produits d’investissement sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et l’investisseur peut ne pas récupérer le montant de son investissement. Toute décision d’investissement doit être conforme à votre Financial ID (profil d’investissement). À cet égard, d’avantage d’informations sur deutschebank.be/financialid.

Les prévisions sont fondées sur des suppositions, évaluations, avis subjectifs, analyses et modèles hypothétiques qui peuvent se révéler erronés. Fourni exclusivement à titre d’illustration. Le présent article et les informations qu’il contient ne constituent pas un conseil en investissement.

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1. Les obligations 'Investment Grade' sont des obligations provenant d’émetteurs dont la situation financière est considérée comme robuste. Elles ont une notation allant de AAA à BBB- chez Standard & Poor’s, ou une notation équivalente chez Moody’s ou Fitch. Plus la notation est élevée, plus la probabilité que l'investisseur soit remboursé par l’émetteur à l'échéance finale (sauf en cas de faillite) est grande.

2. Source : Le IHS Markit iBoxx € Corporates Index est l’indice de référence de Deutsche Bank pour les obligations d’entreprises Investment Grade libellées en euros. Pour de plus amples informations, voir markit.com/TradeableiBoxxIndices.

3. Le terme "fonds" est l’appellation commune pour un Organisme de Placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d'OPCVM (UCITS) ou d'OPCA (non–UCITS), et prendre diverses formes juridiques (SICAV, FCP etc). Un OPC peut comporter des compartiments. Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.