Investissements

Bourses : la technologie sous les feux des projecteurs

18 septembre 2020 - Lu en 5 min

Rédigé par

Wim D'Haese
Head Investment Strategist

En résumé :

  • Le contraste entre ‘Wall Street’ (la bourse) et Main Street (l’économie réelle) n’a cessé de se creuser au cours des derniers mois. Pour le moment, la valorisation des actions est élevée. 
  • Investir est actuellement la seule option pour espérer du rendement. 
  • Pour autant qu’ils reposent sur un épais matelas de fonds mixtes flexibles, nous recommandons les investissements thématiques, notamment dans la technologie et la santé. L’or devrait aussi continuer à briller de mille feux.

Selon nos projections, il faudra attendre l’été 2022 pour que l’économie mondiale retrouve son niveau de 2019. Trois années perdues pour l’économie, mais (provisoirement) pas pour les bourses.

Ce constat vaut en particulier pour les bourses américaines qui, depuis leur plongeon de mars, se sont fortement redressées. Lors de ce rebond, deux secteurs – que nous recommandons d’ailleurs depuis longtemps – ont affiché jusqu’ici des performances remarquables : la technologie et les soins de santé. Cette année, ils se taillent la part du lion dans cet impressionnant redressement boursier. Le S&P 500 profite pleinement de la belle santé du secteur technologique qui, dans l’intervalle, a vu sa pondération dans cet indice progresser à 28%.

Bien que les bourses anticipent la poursuite de la reprise, un redressement des bénéfices des entreprises et un renforcement des mesures de soutien des pouvoirs publics et des banques centrales, le contraste entre Wall Street (la bourse) et Main Street (l’économie réelle) a été frappant. Lorsqu’ils avaient établi leurs pronostics de résultats des sociétés pour le deuxième trimestre, les analystes n’avaient pas fait preuve d’un optimisme démesuré. Dès lors, rares sont les sociétés à avoir déçu par rapport à ces attentes, ce qui a agréablement surpris les investisseurs et a donné un coup de fouet supplémentaire aux marchés.

Toujours plus haut ?

Aujourd’hui, la valorisation des marchés d’actions est donc élevée. C’est le cas d’un point de vue historique, mais cette valorisation s’explique partiellement par le niveau actuel des taux d’intérêt et par les attentes en la matière. Les bourses semblent échapper pour l’instant aux principes de base de la gravité qui, dans des circonstances économiques ‘normales’, devraient les tirer vers le bas. Au demeurant, on ne doit pas attendre un tel retour à la normale avant plusieurs années. Les taux sont à un niveau plancher depuis belle lurette, et ils le resteront encore pendant longtemps. Ou en tout cas plus longtemps qu’anticipé au début de la pandémie. Or, des taux bas peuvent aller de pair avec des valorisations boursières élevées.

Qu’elles le veuillent ou non, les banques centrales poussent les investisseurs dans les bras des marchés d’actions, de par leur politique de taux d’intérêt plancher, de rachats massifs d’obligations (et d’autres actifs), ainsi que de création monétaire. Les épargnants et les investisseurs sont assis sur une montagne de liquidités, et ils recherchent du rendement. Tous ces éléments concourent à dynamiser les marchés d’actions. La banque centrale américaine (Fed) vient en outre d’ajuster sa politique monétaire, ce qui confère un nouveau soutien aux marchés d’actions.

Investir, mais pas en pilote automatique

Dans un tel contexte, investir – pour autant que cela se fasse en stricte adéquation avec votre profil d’investisseur et votre horizon d’investissement – est la seule option lorsqu’on recherche du rendement. Voilà pourquoi les bourses pourraient rester dynamiques et optimistes pendant un certain temps encore. Ou, comme le dit l’adage outre-Atlantique : « The trend is your friend » (« la tendance est votre amie »). Rester investi, voilà donc le message. Pour l’instant, il n’existe aucun autre filon à exploiter pour espérer obtenir du rendement.

Peut-on pour autant continuer à investir en mode de pilotage automatique ? Pas vraiment, car les risques ne se sont pas évaporés. Bien que les avancées soient encourageantes du côté des vaccins, la propagation du Covid-19 reste préoccupante. Les élections présidentielles américaines et les tensions commerciales sont deux autres sources d’inquiétude, de même que les autres champs de tension géopolitiques et sociétaux.

Quels investissements ?

Que les évolutions de la bourse vous donnent le vertige ou pas, les fonds mixtes flexibles demeurent le fondement de tout portefeuille correctement diversifié. Au sein de ce type de fonds, le gestionnaire peut moduler librement les différentes classes d’actifs, ainsi que les investissements risqués et moins risqués, en fonction du climat boursier et de sa stratégie d’investissement. Plus les fonds qui composent votre portefeuille sont nombreux (avec des stratégies variées), plus votre filet de sécurité sera efficace.

Une fois la base de votre pyramide d’investissements solidifiée avec des fonds mixtes flexibles, nous optons ensuite chez Deutsche Bank pour les investissements thématiques. Ces placements vous permettent de profiter de tendances à long terme, telles que le développement durable, les infrastructures, la santé ou la technologie. Ces ‘mégatendances’ sont présentées depuis plusieurs années par Deutsche Bank comme autant d’opportunités. Ces deux derniers secteurs – les soins de santé et la technologie – se sont très bien comportés ces derniers mois, et restent nos secteurs de prédilection. La pandémie a eu pour effet de renforcer et d’accélérer ces deux tendances.

Un portefeuille bien diversifié se caractérise donc non seulement par une répartition judicieuse entre classes d’actifs, régions et devises, mais aussi entre les thématiques à long terme. La hausse spectaculaire des actions depuis le creux de la vague de mars dernier sera probablement suivie d’une période de prise de bénéfices. Cette parenthèse peut être une opportunité d’accroître l’exposition de votre portefeuille à des thèmes tels que la santé et la technologie. Ces thèmes sont les vecteurs d’une croissance structurelle de qualité, sur laquelle nous misons résolument.

Quid des obligations ?

Sur les marchés d’obligations, les spreads de crédit (la prime de risque de crédit sur l’émetteur) se sont envolés au début de l’épidémie. Six mois plus tard, ils sont revenus au niveau d’avant la crise. Les interventions des banques centrales ont fortement limité les risques de faillite, et donc la prime de risque pour les investisseurs.

Vous recherchez du rendement via les obligations ? Il vous sera difficile de dénicher l’oiseau rare, certainement dans la catégorie ‘Investment Grade’ en euros. En revanche, les opportunités sont plus nombreuses dans la catégorie des obligations spéculatives (High Yield) et dans celle des obligations des pays émergents (libellées en dollar US). Mais attention : dans ces segments, il convient de faire preuve d’une très grande sélectivité et de diversifier vos actifs au maximum pour prévenir les risques (faillite de l’émetteur).

Des affaires en or ?

L’or brille de mille feux. Le métal jaune s’est apprécié de 30% depuis le début de l’année, et a franchi pour la première fois la barre magique des 2.000 dollars l’once. Trois paramètres sont de nature à favoriser la santé de l’or pendant un certain temps encore :

  • Les taux réels négatifs (taux nominaux moins l’inflation). Selon toute vraisemblance, les banques centrales conserveront leurs taux directeurs à un niveau plancher pendant plusieurs années. Bien que la crise ait, dans un premier temps, un impact plutôt négatif sur l’inflation, on observe que les anticipations d’inflation à long terme sont en forte progression depuis le mois de mars.
  • Valeur refuge. La pandémie et la crainte de nouveaux foyers de contamination continuent de préoccuper les investisseurs. Il en va de même pour les tensions persistantes entre la Chine et les États-Unis.
  • L’or profite de la faiblesse du dollar. Un dollar moins fort rend l’or plus abordable, notamment pour les pays émergents.

Et le dollar ?

La crise a conforté le dollar dans son statut de devise de réserve. Toutefois, la politique de la Fed a très fortement réduit le différentiel de taux entre le dollar et l’euro, diminuant aussi l’attractivité (et la valorisation) du billet vert. L’accord sur le fonds de relance européen a lui aussi renforcé l’euro par rapport au dollar, car les investisseurs y ont vu un signe de confiance dans l’Union européenne. À la fin août, l’euro a franchi la barre des 1,20 dollar, mais le rétablissement plus rapide de l’économie US devrait ralentir cette tendance. Un euro fort pénalise en outre la compétitivité de la zone euro, ce que ne souhaite pas la Banque centrale européenne (BCE). Notre pronostic de taux de change EUR/USD à 12 mois est dès lors de 1,15 dollar.

2000 – 2020 : assiste-t-on au retour de la bulle technologique ?

Depuis le début de l’année, le Nasdaq a clôturé à 35 reprises sur un nouveau record. La foi inébranlable des investisseurs dans les actions technologiques fait penser à la fameuse ‘bulle dotcom’ de l’an 2000. Il est vrai que la valorisation du secteur technologique est en très forte progression, tout comme celle des autres secteurs, d’ailleurs. Seule différence de taille, la situation n’est pas la même qu’en 2000. Au début du siècle, les sociétés dites ‘dotcoms’ ne faisaient pas de bénéfices alors qu’aujourd’hui, la plupart des entreprises technologiques affichent d’excellents résultats.

Une valorisation élevée peut aussi entraîner une survalorisation de certaines sociétés. Il peut sembler intéressant de rechercher la perle rare (dont la valeur peut exploser), mais il faut savoir que l’implosion est, elle aussi, toujours possible. Veillez donc à bien diversifier votre portefeuille, non seulement dans son ensemble, mais également en termes de classes d’actifs et de thématiques.

Votre portefeuille est-il toujours adapté à la situation économique ?


Appelez nos experts de Talk & Invest au 078 156 157.

Prenez rendez-vous dans votre Financial Center au 078 155 150.


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