Lors de l'achat d'une habitation, si vous n'êtes pas mariés, vous devenez copropriétaires du bien immobilier. Généralement pour moitié, mais pas nécessairement. Si l'un des deux finance une fraction plus importante de l'habitation, plusieurs possibilités s'offrent à vous :
Lorsque deux partenaires acquièrent ensemble une habitation, il peut arriver qu'ils soient soumis à des droits d'enregistrement différents. C'est le cas notamment lorsque l'un des deux est déjà propriétaire d'une autre habitation, alors qu'il s'agit de la première acquisition immobilière de l'autre. Dans un tel cas, il est possible que seul le second cohabitant bénéficie d’un avantage (taux préférentiel/abattement), tandis que le cohabitant qui possède déjà un bien n’en bénéficiera pas.
En cas de décès, une question importante se pose : qui hérite de quels droits sur l'habitation ?
Attention: les cohabitants légaux peuvent aussi exclure mutuellement par testament le droit successoral de leur partenaire. En d'autres termes, la loi ne leur accorde pas de part successorale protégée (réserve héréditaire).
Si les deux partenaires ne sont pas mariés, le décès de l'un d'eux peut avoir des conséquences non désirables. La 'clause d'accroissement' est un des outils qui permet de s'en prémunir. Cette clause peut être insérée dans l'acte d'achat lorsque vous acquérez l'habitation en indivision à parts égales (50/50). La clause d'accroissement n'est pas possible lorsque l'achat se fait à parts inégales (70/30, par exemple).
La clause d'accroissement stipule que la part du partenaire décédé revient automatiquement au survivant après le décès. Le partenaire survivant est alors tenu d'acquitter des droits d'enregistrement sur la part du partenaire décédé.
Important, pour que la clause d'accroissement soit valable, les risques encourus par les deux acheteurs doivent être comparables (même espérance de vie, notamment). Une telle clause ne peut pas être révoquée unilatéralement.
En combinaison (ou en remplacement) d'un testament, une clause d'accroissement peut offrir une protection très efficace au partenaire survivant. Elle est généralement prévue dans l'acte d'achat de manière optionnelle : le partenaire survivant a alors le choix d'en faire usage ou non.
Le testament est également un outil de protection. Il permet par exemple aux deux partenaires de désigner l'autre comme légataire de sa part de l'habitation. Comme il n'est pas possible d'établir un testament commun, cette volonté doit être exprimée dans deux testaments distincts, un pour chaque partenaire. Attention toutefois, car un testament peut être révoqué unilatéralement à tout moment. En outre, les héritiers 'réservataires', tels que les enfants, ont légalement droit à une certaine partie de l'héritage. Il n'est donc pas possible de 'tout léguer' à sa compagne ou son compagnon.
Bon à savoir, un cohabitant légal peut hériter du logement familial sans devoir acquitter de droits de succession sur ce bien. Cette disposition s'applique en principe à toute la Belgique, même si certaines conditions d'application peuvent varier selon la région.
En Flandre, les cohabitants de fait peuvent aussi bénéficier d'une exonération. Pour en bénéficier, ils doivent avoir cohabité pendant au moins trois ans sans interruption, et ils doivent avoir formé un ménage commun.
À Bruxelles, un tarif réduit s'applique également aux cohabitants de fait, pour autant qu'ils aient satisfait aux mêmes conditions que ci-dessus.
En Wallonie, il n'existe pas de régime de faveur pour les cohabitants de fait.
Remarque importante : l'exonération ne peut être obtenue qu'à la condition que le logement familial soit légué au partenaire survivant !
Dans une 'convention de vie commune', les partenaires non mariés conviennent des conséquences patrimoniales de leur cohabitation et de leur éventuelle rupture. Concrètement, vous pouvez convenir de la manière dont les frais de logement sont partagés, dont les investissements réalisés dans la maison sont répartis en cas de rupture, et de ce qu'il advient des biens possédés en indivision. Vous pouvez même déterminer la manière dont la valeur de l'habitation sera calculée si l'un des partenaires souhaite racheter la part de l'autre.
Une telle convention de vie commune n'est pas obligatoire, mais recommandée. Les cohabitants de fait peuvent choisir d’aller ou non devant notaire afin de l’établir. En revanche, les cohabitants légaux ont l'obligation de la signer devant notaire.
Avant d'acheter un bien immobilier ensemble, un couple non marié a tout avantage à se faire conseiller. Ces conseils aideront les partenaires non seulement à établir les conventions adéquates, mais aussi à éviter les pièges à long terme.
Notre recommandation est donc la suivante : discutez de vos projets avec votre notaire ou votre Estate Planner. Lors de cet entretien, cet expert vous aidera à évaluer objectivement les différentes options et à choisir les meilleures solutions en fonction de votre situation et de vos souhaits.
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