- Les marchés financiers restent largement insensibles à la destitution du président vénézuélien Maduro.
- Notre scénario positif pour les marchés et l’économie en 2026 demeure inchangé. Les événements géopolitiques présentent généralement un impact limité et non durable sur les marchés financiers.
- À moyen terme, les prix du pétrole pourraient subir une certaine pression à la baisse, les marchés intégrant la perspective d’une offre supplémentaire en provenance du Venezuela.
Que s’est-il passé ?
Après les frappes militaires menées par les États-Unis contre le Venezuela le 3 janvier et l’éviction du pays du chef d'État Nicolás Maduro, la Cour suprême du Venezuela a nommé la vice-présidente Delcy Rodríguez présidente par intérim, nomination qui a été ratifiée par le Parlement. Maduro fait face à un procès à New York. Rodríguez, proche alliée politique de Maduro et figure de premier plan du gouvernement vénézuélien, a pour l’instant reçu le soutien de l’administration américaine.
Réaction des marchés
La réaction des marchés pétroliers a été modérée. Les prix du pétrole brut WTI et Brent ont initialement fortement reculé, passant respectivement sous les seuils de 56 USD et 60 USD le baril, avant de rebondir tout aussi rapidement et de clôturer la séance en hausse de plus de 1% chacun.
Les marchés financiers sont restés largement indifférents à l’événement géopolitique au Venezuela. Les actions ont progressé à l’échelle mondiale lundi. En Asie, le Nikkei japonais, le KOSPI sud-coréen et le TAIEX taïwanais ont chacun progressé de plus de 2,5%, portés par la forte performance des valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA) et aux puces mémoire. Les indices européens ont également progressé, le STOXX 600 et l’Euro Stoxx 50 atteignant de nouveaux records historiques. Les actions américaines ont également gagné du terrain. Les rendements des obligations d’État européennes et américaines ont légèrement reculé.
Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?
À ce stade, nous identifions deux canaux par lesquels les développements au Venezuela pourraient affecter les marchés financiers : directement via le marché du pétrole et indirectement via une hausse des primes de risque (politiques). Néanmoins, nous estimons que l’impact global devrait rester limité.
Impact limité sur le marché pétrolier à court terme
En l’absence d’une nouvelle escalade au Venezuela, les événements du week-end ne devraient avoir qu’un impact limité sur les prix du pétrole à court terme, pour trois raisons :
- Bien que le Venezuela détienne les réserves prouvées de pétrole les plus importantes au monde (estimées à plus de 300 milliards de barils), sa production quotidienne de pétrole s’élevait à environ 900.000 à 950.000 barils par jour en 2025 et ne représente donc qu’environ 1% de l’offre mondiale totale.
- Les marchés perçoivent pour l’instant la destitution de Nicolás Maduro comme un événement géopolitique localisé, aux implications limitées pour la région - le voisin du Venezuela, le Guyana, s’imposant comme un fournisseur important de pétrole brut lourd pour les raffineries côtières américaines.
- Les goulets d’étranglement en matière d’infrastructures signifient que la production pétrolière du Venezuela ne pourrait augmenter que jusqu’à environ 1,2 million de barils par jour. Les experts estiment que le Venezuela aurait besoin d’investissements américains de l’ordre de 20 milliards USD pour retrouver des niveaux de production supérieurs à 2 millions de barils par jour, comme au début de la présidence de Maduro en 2013 (Graphique 1).
À moyen terme, le Venezuela pourrait émerger comme un producteur régional clé de pétrole, exerçant une pression baissière sur les prix.
Graphique 1 : Production pétrolière du Venezuela (en milliers de barils par jour)
Source: LSGE Datastream, Deutsche Bank AG. Données au 5 janvier 2026.
Perspectives économiques et de marché inchangées
En dehors du marché pétrolier, les événements survenus au cours du week-end ne modifient pas notre scénario économique et financier globalement positif, tel que détaillé dans nos perspectives annuelles 2026 « Investir dans demain : opportunités et risque ». Nous avons déjà pris en compte divers facteurs, y compris les développements géopolitiques – d’où l’accent mis sur les risques dans le 1er thème – qui présentent des défis mais génèrent également des opportunités.
Nous continuons de penser que les marchés financiers devraient bien se comporter en 2026, dans un contexte de croissance économique toujours solide, soutenue par des dépenses budgétaires élevées, une politique monétaire accommodante à mesure que l’inflation recule, et, aux États-Unis, une déréglementation favorable aux entreprises.
Nos convictions d’investissement pour 2026
Nous restons positifs quant aux perspectives des marchés d’actions mondiaux, les bénéfices des entreprises devant continuer à croître. Nous continuons de considérer l’IA comme un moteur de croissance majeur plutôt que comme une bulle spéculative et nous nous attendons à ce qu’elle soutienne la progression des marchés d’actions cette année. Bien que les valorisations actuelles soient élevées au regard des standards historiques, nous ne sommes pas préoccupés par une surévaluation à ce stade, les entreprises à la pointe des avancées en matière d’IA figurant parmi les plus efficaces et les plus rentables au monde.
Outre l’IA et les valeurs technologiques, nous identifions également des opportunités d’investissement attractives dans les secteurs financiers, de la santé, ainsi que parmi les entreprises de petite et moyenne capitalisation.
Points de vigilance à surveiller
Cela dit, les investisseurs doivent suivre de près les événements mondiaux (Tableau 1), car ils sont susceptibles de générer de la volatilité et des opportunités d’achat sur les marchés financiers. Par exemple, dans les prochaines semaines, la Cour suprême des États-Unis (SCOTUS) devrait clarifier deux sources majeures d’incertitude.
Premièrement, la Cour devra décider si le président américain Donald Trump dispose du pouvoir légal de révoquer la gouverneure Lisa Cook du conseil de la Réserve fédérale (Fed). Si tel était le cas, les marchés anticiperaient probablement une influence politique accrue sur la Fed et intégreraient une politique monétaire plus accommodante à l’avenir.
Deuxièmement, la Cour devrait se prononcer à la fois sur la légalité sous-jacente des droits de douane instaurés par l’administration américaine en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), et sur l’éventuelle obligation de remboursement des paiements passés. Si la SCOTUS juge ces droits de douane illégaux, les marchés pourraient réagir positivement, des droits de douane plus faibles étant favorables à la croissance économique. Toutefois, l’administration se tournerait probablement rapidement vers d’autres mesures pour relever à nouveau les droits de douane.
Parallèlement, les rendements des obligations d’État à long terme pourraient augmenter si les marchés venaient à intégrer une hausse de la dette publique liée à la nécessité de rembourser les paiements de droits de douane.
Tableau 1
Début janvier
France : fin de la pause dans le processus budgétaire
21 janvier
Audition devant la Cour suprême des États-Unis concernant Lisa Cook, membre du FOMC
Janvier
Le président américain Donald Trump annonce le nouveau président de la Réserve fédérale
Janvier
Décision de la Cour suprême des États-Unis concernant les tarifs liés à l’IEEPA
7 avril
Élections régionales au Royaume-Uni
Jusqu’au 1er juillet
Début de la révision formelle de l’accord commercial USMCA
4 juillet
250ème anniversaire des États-Unis
3 novembre
Élections de mi-mandat aux États-Unis
10 novembre
Fin de la trêve commerciale entre la Chine et les États-Unis
Conclusion
Si des événements de ce type maintiendront les investisseurs en alerte tout au long de l’année, nous restons confiants dans le fait que les facteurs fondamentaux positifs finiront par l’emporter sur le bruit à court terme.
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18 décembre 2025