La reprise économique mondiale est sur les rails

Marchés

Économie mondiale : météo ensoleillée, avec risques d’orages localisés

1 octobre 2021 - Lu en 4 min. 

En résumé :
  • Avec 6 milliards de doses de vaccin déjà injectées au niveau mondial, l’économie est en pleine revalidation.
  •  L’économie américaine a déjà dépassé son niveau pré-Covid et, dans la zone euro, la pandémie devrait être entièrement digérée avant la fin de l’année.
  • Les nuages noirs ne sont pas dissipés partout : après un prompt redémarrage, la croissance chinoise marque le pas. 

La reprise mondiale suit son cours. De nombreux pans de l’économie rouvrent, les taux de vaccination progressent, et les pouvoirs publics et les banques centrales continuent à insuffler de l’oxygène à l’économie. Bien que le pic de croissance ait probablement déjà été dépassé, nous nous attendons pour le reste 2021 et – dans une moindre mesure – pour 2022 à une progression forte et soutenue. Nos prévisions de croissance mondiale sont de 5,8% pour 2021, et de 4,5% pour 2022. 

Le variant Delta du Covid-19 reste cependant une épée de Damoclès au-dessus de la reprise économique. La persistance d’une inflation élevée constitue un autre trouble-fête potentiel. L’offensive réglementaire en Chine et les foyers de tensions (géo)politiques sont également à surveiller. 

USA : après la reprise, l’expansion

Les États-Unis ont enregistré au deuxième trimestre une croissance de 6,6% en rythme annualisé (+1,7% par rapport au premier trimestre). Cette progression est le fruit de la réouverture rapide de l’économie outre-Atlantique, ainsi que des stimulants fiscaux exceptionnels dont ont surtout profité les ménages. Dix-huit mois après le début de la pandémie, la production a retrouvé ses niveaux d’avant-crise. 

Une croissance alimentée par la consommation privée

Entre-temps, une nouvelle flambée des infections au Covid dans certains États a ralenti la croissance. Les perspectives restent néanmoins positives et la reprise devrait continuer à se diffuser à tous les secteurs. La croissance sera probablement alimentée surtout par la consommation privée. La suppression des allocations de chômage majorées devrait aussi encourager davantage d’Américains à chercher du travail (le taux de chômage actuel se situe à 5,2%). Par ailleurs, de multiples mesures de soutien sont à l’étude, notamment de gigantesques investissements dans les infrastructures. Bien qu’aucune fumée blanche ne se soit pour l’instant dégagée du Congrès, les décisions devraient tomber cet automne. On estime à 0,8% le complément de croissance qui sera généré par ces trains de mesures dans les prochaines années. 

Si l’économie US continue à croître comme anticipé, la Réserve fédérale (Fed) devrait commencer à réduire le rythme de ses achats d’actifs (actuellement 120 milliards de dollars par mois) avant la fin de l’année. En août, l’inflation semble avoir amorcé une décrue (+5,3%) et la Fed reste plutôt d’avis que l’accélération récente est transitoire. Quoi qu’il en soit, c’est surtout la santé du marché de l’emploi qui apparaît comme la variable clé. Il n’est pas question pour l’instant d’un durcissement préventif de la politique monétaire, et nous n’anticipons pas de hausse des taux avant 2023. 

Zone euro : mieux que prévu, cap sur une reprise durable

La zone euro s’est mieux comportée que prévu, comme en témoigne la tonicité de sa reprise au deuxième trimestre (+2,2% par rapport au premier trimestre). L’industrie a poursuivi son expansion et le secteur des services a enfin retrouvé de l’allant, avec la levée d’un nombre croissant de restrictions. La consommation des ménages a fortement rebondi et le marché de l’emploi donne également des signes d’amélioration (le taux de chômage a baissé à 7,6%). Les investissements des entreprises augmentent, tandis que les exportations européennes profitent de la reprise de la demande mondiale. En termes de PIB, la zone euro devrait avoir digéré la pandémie avant la fin de l’année.

L’Italie croît plus vite que l’Allemagne en 2021

À moyen terme, la zone euro bénéficiera aussi du plan de relance européen (Next Generation EU), dont la première tranche a enfin été débloquée et vient s’ajouter aux incitants nationaux. Ce plan est axé sur la transition écologique, la digitalisation et les infrastructures, et a pour ambition de contribuer à une croissance plus forte et plus uniforme dans la région. À noter : l’Italie pourrait croître deux fois plus vite que l’Allemagne cette année. L’Italie profite d’un net regain de confiance (et d’une stabilité politique retrouvée) et la Péninsule est en outre la principale bénéficiaire du grand programme d’investissements européen. À l’inverse, l’Allemagne est confrontée à une pénurie de composants et de semi-conducteurs, qui affecte particulièrement son très important secteur automobile et qui va retarder le retour à une croissance plus forte cette année. 

Comme la Fed, la Banque centrale européenne (BCE) considère que le regain d’inflation est temporaire. En août, l’inflation a atteint 3% dans la zone euro, un niveau sans précédent depuis 10 ans. Le recalibrage des achats nets d’actifs dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) à partir du quatrième trimestre est la conséquence de l’amélioration des perspectives économiques. De manière générale, la politique monétaire de la BCE reste toujours très accommodante. 

Japon : du pain sur la planche pour le nouveau gouvernement

La hausse des contaminations et l’extension régionale de l’état d’urgence sont deux obstacles à une reprise plus forte au Japon, surtout dans le secteur des services. Alors que les Jeux olympiques ont été un non-événement en termes économiques, les exportations nipponnes bénéficient d’une demande étrangère ferme. L’entrée en fonction d’un nouveau Premier ministre, à l’automne, pourrait aussi engendrer une dynamique positive pour l’économie, via une nouvelle impulsion budgétaire. 

Pays émergents : évolutions croisées

Les perspectives des pays émergents restent fondamentalement inchangées, mais les tendances évoluent. Nous réduisons en effet nos pronostics pour 2021 pour l’Asie, alors que nous anticipons une reprise nette, mais temporaire, pour l’Amérique latine. Pour 2022, ces évolutions s’inversent : nous pensons que l’Asie passera à la vitesse supérieure, tandis que l’Amérique latine ralentira sensiblement en raison d’écueils structurels. 

Chine : Pékin fait le ménage

Après une phase de forte reprise, la croissance chinoise rencontre des vents contraires. D’une part, Pékin n’hésite pas à confiner des provinces entières dès que le moindre cas de Covid y est détecté, en appliquant une tolérance zéro ; d’autre part, le gouvernement chinois a instauré de multiples réformes et réglementations, avec pour objectif une croissance pérenne et axée sur la “prospérité commune”. Ce sont surtout les secteurs de la technologie, de l’éducation et de l’immobilier, ainsi que les ultra-riches, qui sont visés par Pékin. Les exportations restent cependant soutenues, ce qui compense partiellement le recul de la demande intérieure. Si le ralentissement actuel venait à s’amplifier, le pouvoir chinois n’hésiterait pas à lancer un nouveau round d’assouplissements monétaires et budgétaires.

L’Inde, ‘championne mondiale de la croissance’

Cette année, la Chine devra céder à l’Inde le titre de ‘champion mondial de la croissance’. Au second trimestre, New Delhi a enregistré une croissance record (+20,1% sur base annuelle), dopée par la consommation des ménages et le regain de forme de l’industrie manufacturière et de la construction (grâce à des subsides). Nous anticipons une accélération de la croissance dans ce pays : le pire de la pandémie est peut-être passé et la couverture vaccinale progresse à belle allure depuis la fin juin. Parmi les sources de préoccupation, citons le variant Delta et le taux de chômage élevé (8,3%), ainsi que la recrudescence de l’inflation – surtout les prix des carburants. Si cette forte inflation perdure, elle aura pour effet d’amenuiser davantage le pouvoir d’achat limité de nombreux Indiens. Pour l’instant, la banque centrale indienne laisse ses taux inchangés. 

Brésil : pas encore la fin du tunnel

En Amérique latine, la pandémie a été plus virulente que prévu, mais ses conséquences économiques moins sévères que craint. L’augmentation du prix des matières premières a également été une évolution positive. 

Au Brésil – la plus grande économie de la région – l’instabilité politique permanente et le bras de fer entre le président et la justice ne sont pas propices à la bonne marche de l’économie. Au deuxième trimestre, la croissance a ralenti, après trois trimestres de forte progression. 

La hausse de l’inflation (+9,3%) obligera la banque centrale brésilienne à durcir sa politique monétaire, et ce malgré un taux de chômage proche de son niveau record (14,1%) et une sécheresse historique qui pourrait déboucher sur des pénuries d’eau et d’électricité. Les gains engrangés en début d’année et les aides du gouvernement pourraient maintenir les chiffres de croissance 2021 à flot, mais l’assainissement budgétaire est inévitable et les investissements restent faibles. Le Brésil menace dès lors de retomber dans la stagflation. 

Prévisions de croissance pour 2021 – 2022 (PIB réel, %)

  2021 2022
Monde 5,8 4,5 (-0,1)1
États-Unis 6,2 (-0,5) 4,7 (-0,5)
Zone euro
4,5 (+0,3) 4,6
Allemagne
3,0 (-0,3) 4,5
Italie
6,0 (+1,5) 4,7
Royaume-Uni 6,8 (+0.3) 5,3 (-0,4)
Japon
2,7 2,6
Chine
8,2 (-0,5) 5,6 (+0,1)
Inde
9,3 (-0,7) 6,5
Brésil
5,3 (+2,3) 2,0 (-0,4)
Russie
3,8 (+0,5) 2,5

Source : Deutsche Bank Wealth Management, août 2021 

1 Entre paranthèses, les modifications à la hausse et à la baisse par rapport à juin 2021.

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