1. Macroéconomie : croissance plus lente, inflation persistante
2. Marchés d’actions : de solides bénéfices malgré le séisme géopolitique
3. Obligations : rendements attrayants, spreads faibles
4. Matières premières : le pétrole reste déterminant
Les tensions dans la région du Golfe ont entraîné une nette hausse des prix de l’énergie. Se dessine ainsi un scénario de stagflation : un ralentissement de la croissance combiné à une inflation persistante. Les banques centrales sont ainsi contraintes de réévaluer à nouveau leur politique de taux.
L’économie américaine continue de faire preuve d’une résistance surprenante. Au premier trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1,6% en rythme annuel. Cette croissance a été soutenue par la hausse des dépenses publiques et des investissements des entreprises. Les investissements dans l’IA, en particulier, restent un moteur important.
Dans les prochains mois, la hausse des prix de l’énergie et une consommation plus prudente pèseront toutefois sur l’activité économique. Ce vent contraire devrait néanmoins être partiellement compensé par des mesures budgétaires et par le fort dynamisme de l’investissement en IA. Nous prévoyons dès lors une croissance de l’économie américaine proche de 2% en 2026 comme en 2027.
L’inflation reste par ailleurs supérieure à l’objectif de la Fed. Pour 2026, nous tablons sur une inflation moyenne de 3,2% ; pour 2027, de 2,3%. Comme le marché du travail reste solide et que l’inflation recule à peine, la marge pour des baisses de taux rapides paraît limitée. Nous anticipons une approche prudente de la Fed, avec un taux directeur ramené vers une fourchette de 3% à 3,25% d’ici le milieu de l’année 2027.
Dans la zone euro, l’économie a nettement perdu en vigueur au début de 2026. Au premier trimestre, la croissance n’a atteint que 0,1%. La hausse des prix de l’énergie a pesé sur l’activité économique et sur la consommation des ménages.
Tant qu’aucune pénurie physique ne se matérialise, nous n’anticipons pas de grave désorganisation économique. En revanche, le soutien budgétaire limité ne suffira pas à absorber entièrement le choc. C’est pourquoi nous avons abaissé notre prévision de croissance pour 2026 à 0,9%. Pour 2027, nous maintenons une croissance de 1,3%, même si les risques restent présents.
La hausse des coûts de l’énergie se diffuse entre-temps au reste de l’économie. L’inflation pourrait ainsi temporairement repasser au-dessus de 4% cette année. En moyenne, nous prévoyons une inflation de 3,1% en 2026 et de 2,5% en 2027.
La BCE cherche aujourd’hui un équilibre entre faible croissance et hausse des prix. Afin d’éviter un dérapage des anticipations d’inflation, nous pensons qu’elle restera très réactive. En juin, elle a déjà relevé son taux de dépôt de 2% à 2,25%. D’ici juin 2027, nous anticipons un taux de dépôt à 2,5%.
Le Japon a entamé l’année 2026 sur une base relativement solide. Au premier trimestre, l’économie a progressé de 0,5% sur un an. La hausse des prix de l’énergie pèsera toutefois sur les marges des entreprises. La croissance économique devrait donc ralentir à 0,7% en 2026, avant de légèrement accélérer à nouveau à 0,9% en 2027.
À court terme, l’inflation est contenue par les mesures de soutien public. Mais à mesure que la hausse des prix de l’énergie se diffuse et que les salaires continuent d’augmenter, l’inflation devrait aussi accélérer au Japon.
Nous prévoyons une inflation moyenne de 2,3% en 2026 et de 2,4% en 2027. Cela donne à la Banque du Japon (BoJ) la marge nécessaire pour poursuivre la normalisation de sa politique monétaire. D’ici mi-2027, le taux directeur pourrait atteindre 1,25%. À la mi-juin, la banque centrale l’a déjà relevé de 0,75% à 1%.
Après une fin d’année 2025 difficile, la Chine a commencé 2026 sur une note plus solide. Au premier trimestre, l’économie a progressé de 5% sur une base annuelle, soutenue par une vague d’investissements et par de solides chiffres à l’exportation.
La pression déflationniste (baisse des prix) recule progressivement et le secteur immobilier semble lui aussi se stabiliser. La demande intérieure reste toutefois inégalement répartie. En mai, les dépenses de consommation ont reculé de 0,6% par rapport à l’année précédente. Il s’agit de la première baisse depuis décembre 2022. Le soutien public chinois vise principalement les infrastructures, la technologie et la transition énergétique. Nous anticipons une croissance économique de 4,7% en 2026 et de 4,4% en 2027.
L’inflation devrait rester relativement faible. La modération de la demande et une politique monétaire de soutien mesurée devraient porter l’inflation autour de 0,8% en 2026 et la maintenir à 1% en 2027.
Les marchés d’actions ont subi, en début d’année, une correction brève mais marquée. La hausse des prix du pétrole, l’incertitude accrue et le ton plus ferme des banques centrales ont pesé sur le sentiment. Les régions fortement dépendantes des importations de pétrole ont été les plus touchées. Mais dès les premiers signes de désescalade et face à des résultats d’entreprise solides, les marchés se sont rapidement redressés. Cela illustre la solidité des fondamentaux des marchés d’actions mondiaux.
Aux États-Unis, le rebond a été porté par des bénéfices d’entreprise qui ont une nouvelle fois dépassé les attentes. Cela renforce la confiance dans la rentabilité des entreprises américaines. Les performances restent toutefois très concentrées sur un groupe limité de titres, principalement des entreprises exposées à l’IA et à d’autres thèmes de croissance structurelle. L’action moyenne du S&P 500 sous-performe l’indice depuis fin février. Les dix premières capitalisations du S&P 500 représentaient récemment près de 40% de la capitalisation boursière totale, un niveau inédit depuis 1965.
À 12 mois, nous pensons que la forte croissance des bénéfices des entreprises continuera de soutenir la Bourse américaine. Nous relevons notre objectif pour le S&P 500 à 8.200 points d’ici juin 2027. Le potentiel d’expansion des valorisations paraît toutefois plus limité dans un contexte de hausse de l’inflation et de ralentissement économique.
Les marchés d’actions européens se sont redressés après leur recul. À la mi-juin, l’indice STOXX Europe 600 était revenu à son niveau d’avant le conflit. La saison des résultats a livré des chiffres de bénéfices satisfaisants, mais les perspectives de croissance dépendent de plus en plus du secteur de l’énergie. Les prochains résultats trimestriels apporteront davantage de visibilité. Une chose est déjà claire : les marges bénéficiaires risquent d’être sous pression en raison de la hausse des prix de l’énergie. Les secteurs les plus sensibles sont ceux qui consomment beaucoup d’énergie et ceux tournés vers le consommateur.
Nous voyons néanmoins un potentiel haussier. Notre scénario central repose sur un reflux des prix de l’énergie et une baisse des risques géopolitiques, maintenant que les États-Unis et l’Iran ont renoué le dialogue. Dans ce cas, le STOXX Europe 600 pourrait progresser vers 650 points au cours des 12 prochains mois.
Le marché japonais est soutenu par de solides résultats d’entreprise. Les groupes technologiques profitent pleinement de la demande persistante pour les produits liés à l’IA et aux semi-conducteurs. Par ailleurs, les banques japonaises bénéficient des hausses de taux et de l’élargissement des marges. Nous maintenons une vision positive et relevons notre objectif pour le MSCI Japan à 2.660 points d’ici juin 2027.
Sur les marchés émergents, la dynamique boursière est actuellement dominée par la demande de matériel lié à l’IA. Une poignée d’entreprises sud-coréennes et taïwanaises joue un rôle de premier plan. Ces sociétés sont des maillons essentiels dans le déploiement de l’infrastructure mondiale de l’IA. Grâce à leur importante capitalisation boursière et à leur poids élevé dans l’indice, leurs solides bénéfices tirent l’ensemble du MSCI Emerging Markets vers le haut.
À 12 mois, la baisse des prix de l’énergie et un dollar plus faible pourraient apporter un soutien supplémentaire. Combiné à la poursuite de la croissance des bénéfices, cela nous conduit à relever notre objectif pour le MSCI Emerging Markets à 1.870 points.
Depuis l’éclatement du conflit en Iran, les rendements obligataires ont augmenté. Parallèlement, les spreads de crédit restent historiquement bas. Les rendements sont donc attrayants, mais la marge de protection en cas de déception reste limitée.
Le conflit au Moyen-Orient a poussé à la hausse les rendements des emprunts d’État américains. Toutefois, alors que nous anticipons deux baisses de taux de la Réserve fédérale au cours des 12 prochains mois, ces rendements devraient céder une partie de cette hausse. L’effet devrait surtout se faire sentir sur la partie courte de la courbe (taux à court terme). Sur la partie longue (taux à long terme), les rendements pourraient rester un peu plus élevés en raison des incertitudes budgétaires, de l’offre abondante d’obligations et d’une prime de risque d’inflation plus élevée. Notre objectif de rendement pour les Treasuries à 10 ans à horizon juin 2027 est de 4,2% ; pour les Treasuries à 2 ans, nous prévoyons 3,4%.
Notre vision sur les Bunds allemands reflète une croissance plus faible et une inflation qui ralentit graduellement, tout en restant élevée. Nous tenons aussi compte du fait que la BCE pourrait assouplir sa politique l’an prochain (après deux hausses de taux cette année).
Nous anticipons un repli des rendements l’an prochain, plus marqué sur la partie courte de la courbe. Les échéances longues devraient rester globalement stables, en raison d’une prime de terme plus élevée et du retour du débat sur une émission conjointe de dette en Europe. Notre objectif de rendement pour le Bund à 10 ans à horizon juin 2027 est de 2,90% ; pour l’échéance 2 ans, nous prévoyons 2,3%.
L’écart de rendement entre les obligations d’État italiennes et allemandes devrait rester stable dans les prochains mois. Le calme politique, des rendements attrayants et des niveaux d’endettement maîtrisables soutiennent ce scénario. La fin du soutien européen NextGenerationEU à la fin de l’année pourrait toutefois raviver une certaine nervosité.
Les rendements des obligations d’État japonaises restent exceptionnellement élevés. Le taux à 10 ans évolue à proximité de son plus haut niveau depuis 29 ans. En cause : des dépenses publiques plus importantes, des baisses d’impôts et une demande en recul de la part des assureurs-vie pour les obligations d’État japonaises.
Le taux à 10 ans devrait se stabiliser autour de 2,4% d’ici juin 2027, même si des questions budgétaires ou des développements géopolitiques pourraient créer des surprises haussières.
Les obligations d’entreprise de qualité (Investment Grade1), en dollar comme en euro, sont soutenues par des rendements attrayants et une forte demande des investisseurs. Le marché absorbe bien le volume important de nouvelles émissions, tandis que des résultats d’entreprise sains et des bilans solides continuent de soutenir le segment.
Les spreads sont toutefois devenus plus serrés qu’avant le conflit en Iran. Les valorisations sont désormais plutôt élevées. En euro, le segment paraît légèrement plus attractif, grâce à des flux entrants persistants, à de nouvelles émissions liées aux investissements dans l’IA et à un regain d’intérêt plus large pour les placements à revenu fixe.
Les obligations High Yield2 offrent un rendement attrayant, mais les spreads restent historiquement bas, tant en dollar qu’en euro. Cela laisse peu de marge en cas de dérapage.
Aux États-Unis, les taux de défaut devraient rester contenus, mais le volume important de nouvelles émissions et de refinancements exige de la sélectivité. En Europe, nous observons un écart de qualité croissant entre les émetteurs. Les entreprises actives dans l’immobilier, l’automobile et les biens de consommation sont particulièrement vulnérables.
Les spreads sur les obligations d’entreprise asiatiques se situent à proximité de leurs plus bas historiques, soutenus par des fondamentaux solides et par la demande régionale. Les risques liés à la récente crise énergétique laissent toutefois peu de marge d’erreur. Le rendement dépend dès lors surtout du coupon. Nous adoptons donc une position neutre.
Il en va de même pour les obligations d’État des pays émergents : les spreads se situent à des points bas de plusieurs années et les flux de capitaux soutiennent le segment. Mais les coûts énergétiques élevés, les pressions budgétaires et des valorisations tendues limitent le potentiel haussier. Là aussi, notre position est neutre.
Les marchés des matières premières restent marqués par le conflit autour de l’Iran. Même s’ils ont déjà reflué, les prix du pétrole demeurent élevés, tandis que les prix du gaz et de certains métaux en subissent également les conséquences. L’or profite quant à lui de son statut de valeur refuge.
Le conflit au Moyen-Orient a fait nettement remonter les prix du pétrole au-dessus de leur niveau d’équilibre d’avant le choc, estimé entre 60 et 65 dollars par baril. Même si une avancée politique a été obtenue, le sujet n’est pas clos pour autant. Le redémarrage de la production pétrolière demande du temps et la nature des infrastructures ne permet pas un retour immédiat à pleine capacité. Les prix devraient donc rester élevés plus longtemps que ce qu’anticipe aujourd’hui le marché.
Un tournant pourrait toutefois s’amorcer après septembre. Les pays de l’OPEP+ augmentent leurs quotas de production, et les Émirats arabes unis ouvrent largement les vannes, bien au-delà du niveau qui leur était attribué au sein de l’OPEP. Une fois cette offre supplémentaire arrivée sur le marché, nous pensons que celui-ci basculera d’une situation de déficit vers un excédent. D’ici là, nous ne prévoyons pas de forte baisse du prix du pétrole. Notre objectif pour le Brent à horizon juin 2027 est de 82 dollars par baril.
Les prix européens du gaz présentent un risque comparable à celui du pétrole. Pendant l’été, l’Europe reconstitue ses réserves de gaz pour l’hiver. D’éventuelles perturbations dans l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) qatari et des retards dans de nouveaux projets gaziers soutiennent les prix. La probabilité de voir les prix tomber sous 20 euros par mégawattheure en 2027 s’en trouve réduite.
Les perspectives à long terme du cuivre restent favorables. Le développement des réseaux électriques, l’électrification du parc automobile, les énergies renouvelables, le stockage d’énergie et les centres de données soutiennent une forte demande structurelle. Du côté de l’offre, des pénuries d’acide sulfurique - liées au blocage prolongé du détroit d’Ormuz - peuvent provoquer des limitations de production. Mais la récente hausse des cours signifie aussi qu’une grande partie des bonnes nouvelles est déjà intégrée dans les prix.
À court terme, les risques ont augmenté. Un ralentissement de la croissance mondiale pourrait peser sur la demande, tandis que les stocks progressent et que des capacités minières supplémentaires arrivent sur le marché. Notre objectif à horizon juin 2027 est de 14.000 dollars par tonne.
Après avoir inscrit plusieurs records en janvier, le prix de l’or a connu une nette correction en février, suivie d’une forte volatilité pendant l’escalade au Moyen-Orient. Plus récemment, le cours s’est stabilisé. La révision des anticipations de taux - les investisseurs ne s’attendant plus à des baisses cette année, et dans certains cas même à des hausses - a, avec la remontée des rendements obligataires et le raffermissement du dollar, pesé sur le métal jaune. L’or reste néanmoins à des niveaux élevés.
À moyen terme, les facteurs de soutien restent solides. Les banques centrales et les investisseurs institutionnels continuent de réallouer une partie de leurs réserves des Treasuries américains vers l’or. La hausse de l’endettement public à l’échelle mondiale renforce le rôle de l’or comme ancrage stratégique. Dans le même temps, la demande des investisseurs particuliers chinois demeure remarquablement robuste, même aux niveaux de prix actuels. L’ensemble de ces éléments plaide pour une poursuite de la tendance haussière. Notre objectif pour juin 2027 est de 5.400 dollars l’once.
Les marchés des devises reflètent de plus en plus le déplacement des rapports de force dans le paysage monétaire mondial. Le dollar perd progressivement du terrain, tandis que l’euro, la livre, le yen et le yuan bénéficient d’un mélange d’écarts de taux et de mouvements structurels des flux de capitaux.
Au moment des tensions au Moyen-Orient, le dollar a été recherché. C’est logique : les États-Unis sont largement autosuffisants en pétrole et en gaz, tandis que l’Europe a été bien plus touchée. Mais ce soutien au dollar s’est désormais estompé. Les marchés ont désormais intégré environ 50 points de base de hausses supplémentaires des taux de la BCE d’ici avril 2027, après un premier relèvement de 25 points de base en juin, réduisant ainsi l’écart de taux avec les États-Unis.
D’autres facteurs plus larges pèsent aussi sur le dollar à moyen terme. Le déficit budgétaire élevé des États-Unis et la diversification persistante des investisseurs hors du dollar jouent également un rôle. Nous prévoyons que l’euro s’appréciera vers EUR/USD 1,22 d’ici fin juin 2027.
Malgré l’incertitude liée aux élections régionales de début mai, la livre sterling s’est récemment redressée après son point bas face au dollar en avril. Les rendements des obligations britanniques à long terme (gilts) ont certes augmenté après ces élections - les marchés y voient pour l’instant un signal d’alerte -, mais la devise elle-même n’a pas subi de pression supplémentaire majeure.
Le marché anticipe que la Banque d’Angleterre relèvera ses taux d’environ 50 points de base au cours des 12 prochains mois. Comme pour l’euro, cet écart de taux évolue donc en faveur de la livre. Tant que les inquiétudes autour de la dette publique britannique ne s’intensifient pas fortement, la devise pourrait progresser vers GBP/USD 1,44 d’ici fin juin 2027. Ce scénario suppose toutefois un dollar plus faible.
Le yen reste sous pression à court terme en raison d’une balance commerciale affaiblie : le coût élevé des importations d’énergie pèse sur le commerce extérieur japonais. Il existe toutefois de bonnes raisons d’anticiper un yen plus fort à terme. La hausse de l’inflation et les taux réels négatifs donnent à la BoJ la marge nécessaire pour poursuivre la normalisation de sa politique. L’écart de taux entre les États-Unis et le Japon devrait ainsi se réduire.
Dans le même temps, des capitaux étrangers affluent vers les actifs japonais, tandis que les investisseurs japonais réduisent progressivement leur exposition aux obligations étrangères. Cette combinaison devrait soutenir graduellement le yen. Nous prévoyons un USD/JPY à 145 d’ici fin juin 2027.
Le yuan chinois a franchi pour la première fois depuis février 2023 le seuil de USD/CNY 6,80. Ce n’est pas un hasard. Les autorités chinoises ont volontairement évité une dépréciation et ont signalé leur préférence pour la stabilité et la force de la devise, notamment au travers de fixings quotidiens plus élevés qu’attendu.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à soutenir la confiance et à éviter de fortes fluctuations de change. Il existe aussi un soutien structurel : la Chine continue d’enregistrer un très important excédent commercial, qui alimente un flux constant de devises. Pékin veut en outre renforcer le rôle international du yuan. Cette appréciation contrôlée conserve donc un potentiel haussier. Nous anticipons un USD/CNY à 6,60 d’ici fin juin 2027.
Outre les marchés d’actions et les obligations, des placements moins traditionnels peuvent également offrir des opportunités intéressantes. Les infrastructures, le Private Equity et le Private Credit peuvent chacun trouver leur place dans un portefeuille diversifié.
Dans l’environnement actuel, nous accordons une légère préférence aux infrastructures. Ces actifs couvrent souvent des services essentiels - comme l’énergie, le transport ou la communication - généralement moins sensibles au cycle économique que beaucoup d’autres placements. Les pouvoirs publics y investissent en outre massivement, ce qui renforce encore leur stabilité.
Cela ne signifie pas qu’il n’existe aucun risque. Les actifs dont le rendement dépend du volume d’utilisation peuvent bel et bien être sous pression. Et si les taux poursuivent leur hausse, les coûts de financement augmenteront eux aussi.
Le Private Equity a atteint des niveaux records fin 2025, tant pour les investissements que pour les sorties. Depuis le premier trimestre 2026, l’activité a toutefois nettement reculé. L’incertitude géopolitique joue ici un rôle majeur, en particulier pour les entreprises implantées dans des pays fortement dépendants des importations d’énergie.
Si la situation se stabilise, nous voyons des opportunités dans des entreprises affichant des valorisations attractives, en particulier dans certains segments du mid-market européen. Dans le même temps, on observe que les capitaux se concentrent de plus en plus sur des entreprises disposant de flux de trésorerie stables et d’un potentiel clair d’amélioration opérationnelle.
Le marché du Private Credit continue de croître, même si le rythme est moins soutenu que ces dernières années. L’essentiel du marché se compose de prêts à long terme qui sont prioritaires par rapport aux autres dettes en cas de remboursement - notre segment de prédilection. Le marché européen reste attractif en termes de valorisation et bien diversifié sur le plan sectoriel.
Un avantage important : la plupart des prêts de ce segment sont à taux variable. Les investisseurs bénéficient donc automatiquement d’une hausse des taux directeurs. Jusqu’à présent, aucun défaut significatif n’a été observé.
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18 juin 2026
12 juin 2026
1 Les obligations 'Investment Grade' sont des obligations provenant d’émetteurs dont la situation financière est considérée comme robuste. Elles ont une notation allant de AAA à BBB- chez Standard & Poor’s, ou une notation équivalente chez Moody’s ou Fitch. Plus la notation est élevée, plus la probabilité que l'investisseur soit remboursé par l’émetteur à l'échéance finale (sauf en cas de faillite) est grande.
2 Les obligations 'Non-Investment Grade' (High Yield) sont des obligations provenant d’émetteurs dont la situation financière est considérée comme beaucoup plus risquée. Elles ont une notation comprise entre BB+ et D chez Standard & Poor’s, ou une notation équivalente chez Moody’s ou Fitch. Comme le risque de défaut de paiement des émetteurs High Yield est sensiblement plus élevé, elles offrent un rendement potentiel plus élevé que les obligations 'Investment Grade'.