La Fed surprend les marchés en laissant entrevoir deux hausses de taux dès 2023

Investissements

Comment investir dans des infrastructures tournées vers l’avenir ?

21 juin 2021 - Lu en 3 min

Rédigé par

Knut Huys

Senior Fund of Funds Manager

En résumé :
  • Les infrastructures sont essentielles à notre vie. Et c’est justement pour cela qu’elles peuvent constituer un thème d'investissement intéressant. 
  • Ce thème d’investissement offre une diversification au portefeuille : les infrastructures sont une classe d’actifs en soi, elles sont moins dépendantes des cycles économiques et disposent d’un large groupe d’utilisateurs très diversifié.
  • Au-delà des centaines de milliards qui seront débloqués par les États pour des travaux d’infrastructure au cours des prochaines années, il est important d'examiner les besoins à long terme.

De la machine à café que vous allumez le matin au téléviseur que vous éteignez le soir, des centaines de fois par jour, nous faisons appel aux infrastructures. Parfois de manière visible. Comme les autoroutes ou les lignes de chemin de fer que vous empruntez pour rejoindre la Côte. Ou encore les écoles et universités où vous et vos (petits-) enfants avez étudié. Mais très souvent aussi, de manière invisible : parcs de serveurs informatiques, pipelines, pylônes de transmission, réseaux de fibre optique, satellites, stations d'épuration des eaux, et bien sûr le réseau électrique.

Infrastructures : pas très « sexy », mais essentielles

Nous vivons aujourd’hui dans une économie de services, qui reposent tous sur des infrastructures. Même si vous n'y pensez peut-être pas lorsque vous ouvrez le robinet de la douche ou que vous utilisez votre carte pour payer au supermarché, les infrastructures sous-jacentes à ce robinet et ce terminal de paiement sont essentielles à notre vie : travailler, cuisiner, payer, voyager, se détendre... Et c’est justement parce que les infrastructures sont essentielles qu’elles peuvent constituer un thème d'investissement intéressant. Plus précisément pour les raisons suivantes :

1. Les infrastructures sont une classe d'actifs en soi

Les actifs sous-jacents sont tangibles (tout comme l'immobilier) et les infrastructures cotées en bourse sont facilement négociables (tout comme les actions). Les infrastructures cotées en bourse offrent généralement une volatilité plus faible1 que celle des actions internationales2. Si votre profil d'investisseur vous le permet, investir dans des infrastructures cotées en bourse permet une diversification stratégique de votre portefeuille. La diversité est également un atout au sein des infrastructures cotées en bourse : des aéroports aux parcs éoliens, et des réseaux électriques aux hôpitaux.

2. Elles sont moins fortement dépendantes des cycles économiques

Crise ou pas, les lignes de services publics, les routes, les hôpitaux, les prisons et les ports restent essentiels. En outre, certaines infrastructures telles que les réseaux d'électricité et de gaz sont réglementées, ce qui implique une plus grande prévisibilité des flux de trésorerie, même en période de ralentissement économique.

3. Un large groupe d'utilisateurs très diversifié

Les particuliers, les entreprises et les gouvernements : tous « consomment » des infrastructures. En outre, le nombre d’utilisateurs va croître : selon les prévisions des Nations unies, d'ici 30 ans, la Terre comptera plus de 2 milliards d’habitants de plus, dont la majorité vivra dans les villes3. Cette tendance requiert d'énormes investissements dans les infrastructures : McKinsey a estimé que d'ici 2035, nous devrons investir plus de 3.700 milliards de dollars par an pour y faire face4.

4. Des barrières à l'entrée élevées

Certains types d'infrastructures nécessitent d'énormes investissements, ce qui constitue une barrière à l'entrée du marché pour les concurrents potentiels. Ainsi, les acteurs peuvent jouir d’un quasi-monopole : souvent, il n'est pas économiquement justifié ou légalement possible de construire une infrastructure concurrente. Les réseaux de paiement, les bourses, les aéroports, les centrales électriques, les routes à péage et les hôpitaux en sont des exemples.

Hey big spender

Ces derniers mois, les infrastructures sont revenues dans le collimateur de nombreux investisseurs. Songeons notamment au plan Building Back Better (mieux reconstruire) de Joe Biden (d'une valeur de 2.200 milliards USD) et de l’American Family Plan (plan familial américain) de 1.800 milliards USD, qui sont fortement axés sur les investissements dans les infrastructures. Pensons également au Green Deal européen (750 milliards d'euros), grâce auquel l'Union européenne veut investir massivement dans les infrastructures vertes.

L'Inde a, elle aussi, récemment finalisé un plan d'infrastructure qui devrait être entièrement développé d'ici 2022 (700 milliards USD)5. Sans oublier la Chine, qui a déployé un plan d'investissement dans les infrastructures numériques pour les années à venir (1.600 milliards USD)6. De toutes les grandes économies, la Chine est aussi celle qui investit le plus dans les infrastructures. À titre de comparaison, les dépenses d'infrastructure représentent 8 % du PIB en Chine et 2,4 % aux États-Unis7.

Un investissement multithématique

C'est une bonne chose que de nombreux dirigeants politiques veuillent investir massivement dans les infrastructures. Toutefois, ce n'est pas forcément la seule raison pour laquelle il faut investir dans ce thème. Il est plus important d'examiner les besoins à long terme que les centaines de milliards qui seront débloqués au cours des prochaines années. Ainsi, les infrastructures resteront un thème d'investissement pertinent au cours des décennies à venir. De nombreuses infrastructures sont obsolètes (notamment aux États-Unis8) ou encore à construire, l'urbanisation et la croissance démographique exercent une pression sur les infrastructures existantes, il y a la transition vers les énergies renouvelables et le développement de nouvelles technologies qui nécessitent des infrastructures adaptées (5G, parcs de serveurs IT, bornes de recharge, parcs éoliens…), etc. Investir dans les infrastructures n'est donc pas un investissement thématique, mais un investissement multithématique.

Investir dans les infrastructures de demain ? 

Articles liés

1 La volatilité est une mesure du mouvement d'un cours. Il s’agit de l'écart d'un cours par rapport à sa moyenne. Les investisseurs considèrent la volatilité comme une mesure du risque encouru.

2 Sources : S&P Global, https://www.spglobal.com/en/research-insights/articles/approaches-to-benchmarking-listed-infrastructure ; M&G Investments.

3 Source : un.org/development/desa/en/news/population/world-population-prospects-2019.html

4 Source : mckinsey.com/business-functions/operations/our-insights/bridging-infrastructure-gaps-has-the-world-made-progress

5 Source : ibef.org/industry/infrastructure-sector-india.aspx

6 Source : asia.nikkei. com/Business/China-tech/China-to-pump-1.6tn-into-tech-infrastructure-through-2025

7 Source : wsj.com/articles/what-the-u-s-can-learn-from-chinas-infatuation-with-infrastructure-11617442201

8 Source : cfr.org/backgrounder/state-us-infrastructure.

9 Fonds : le concept de « fonds » est généralement utilisé pour désigner un organisme de placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d’OPCVM (UCITS) ou d’OPCA (non-UCITS). Un OPC peut se composer de compartiments. Les fonds sont exposés à des risques. Leur valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.