L’intelligence artificielle mobilise des investissements considérables et commence déjà à influer sur la croissance économique. Mais quand ces investissements se traduiront-ils par des gains de productivité à grande échelle ? Dans un nouveau CIO Special, le Chief Investment Office analyse l’impact économique de l’IA et les opportunités qui pourraient en découler pour les investisseurs.
L’essor de l’IA bat son plein. Les entreprises investissent massivement dans les puces, les centres de données, les infrastructures cloud et les capacités énergétiques. Aux États-Unis en particulier, cette dynamique contribue déjà à la croissance économique. Selon le Chief Investment Office, la révolution de l’IA reste néanmoins essentiellement dans sa phase d’investissement. Des gains de productivité plus largement diffusés ne se manifesteraient que dans un second temps.
La croissance économique repose traditionnellement sur trois facteurs : le capital, le travail et la productivité. L’IA peut agir sur chacun d’eux, mais pas nécessairement au même moment. À court terme, son influence se manifeste surtout à travers les investissements en capital. Parallèlement, l’IA générative peut aider les salariés à accomplir certaines tâches plus rapidement, tandis que des formes d’IA plus autonomes pourraient, à terme, transformer des processus de travail dans leur ensemble.
L’histoire montre que les grandes mutations technologiques mettent du temps à produire leur plein effet sur la productivité. Lors de la révolution informatique, les investissements massifs dans les ordinateurs et les technologies ont eux aussi précédé une accélération de la productivité à plus grande échelle. Selon le CIO, l’IA pourrait suivre une trajectoire comparable.
Aujourd’hui, les puces, les infrastructures et l’énergie figurent parmi les bénéficiaires les plus directs de cette vague d’investissements. Pour analyser les différents secteurs, le CIO s'appuie sur un modèle à cinq niveaux : l’énergie, les puces, les infrastructures, les modèles d’IA et les applications. Les hyperscalers y occupent une place centrale, en reliant plusieurs maillons de cette chaîne de valeur.
Mais à mesure que l’IA se généralise et que l’on cerne mieux dans quelle mesure elle génère réellement des gains de productivité, le nombre de bénéficiaires potentiels pourrait lui aussi augmenter. À plus long terme, le CIO entrevoit notamment des opportunités dans les logiciels et les services, les services commerciaux et professionnels, les médias et le divertissement, la santé, les valeurs financières et l’industrie.
Pour les investisseurs, le champ des opportunités pourrait ainsi s’élargir. Outre les entreprises qui développent les infrastructures liées à l’IA, celles qui parviennent à transformer l’IA en gains de productivité tangibles, en baisse des coûts et, à terme, en hausse des bénéfices pourraient également tirer leur épingle du jeu. Le calendrier et l’ampleur de ces opportunités restent toutefois incertains. Leur développement dépendra de la capacité des investissements massifs dans l’IA à se traduire effectivement par une adoption plus large, des revenus durables et des gains de productivité mesurables. La réglementation, les tensions géopolitiques et les contraintes locales en matière d’approvisionnement énergétique pourraient également freiner cette dynamique de croissance.
(En anglais)
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18 septembre 2026
20 octobre 2026