En résumé

  • Depuis le début de l’année, une grande partie des pertes de 2018 ont été effacées, voire davantage, comme aux États-Unis.
  • Fin de cycle économique oblige, toute l’année restera placée sous le signe de la volatilité.
  • La volatilité n’est pas nécessairement négative. Elle peut être l’occasion d’optimiser la qualité de son portefeuille.

La volatilité est généralement considérée comme un facteur de risques, mais elle peut aussi être vue comme une source d’opportunités. Une baisse des cours peut être l’occasion d’acquérir un actif dans lequel vous avez confiance. À l’inverse, une forte progression peut vous inciter à vous défaire d’un placement dans lequel vous n’avez plus confiance sur le long terme. Quels que soient vos choix, gardez la tête froide et ne vous laissez pas guider par vos émotions.

Un millésime 2018 décevant

Cette année, les bourses ont pris un départ sur les chapeaux de roues, après une année 2018 décevante. Pourquoi décevante ? Parce que les marchés d’actions se sont en quelque sorte dissociés de la réalité économique : les bourses ont plongé alors que la croissance économique et les bénéfices des entreprises étaient à leur sommet. La politique des banques centrales est, elle aussi, restée un facteur de soutien relatif pour les marchés.

Malgré ces facteurs positifs, les investisseurs ont continué à redouter un ralentissement de la croissance. Ces craintes ont été alimentées par le conflit commercial sino-américain et par l’incertitude liée au Brexit.

En décembre dernier, il est à nouveau apparu que les investisseurs ont tendance à exagérer et à laisser souvent les émotions prendre le pas sur les éléments rationnels.

Le rallye des marchés

Le rebond des marchés ne s’est pas fait attendre. Durant les fêtes de fin d'année, les investisseurs ont pris conscience de l’attractivité des valorisations boursières. Depuis lors, une grande partie des pertes de 2018 ont été effacées, voire davantage, comme aux États-Unis. L’évolution positive des négociations commerciales et le virage à 180 degrés effectué par la banque centrale américaine (la Fed) y ont contribué pour beaucoup. Après le rallye actuel, une phase de consolidation n’est pas à exclure.

Nous conservons néanmoins notre vision constructive à propos des marchés. La croissance économique a fléchi, mais il n’est pas question de récession. La croissance des bénéfices des entreprises devrait rester positive, même si son rythme sera plus lent qu’auparavant. Dans un tel environnement, des rendements d’investissement positifs restent possibles.

Actions : privilégier les USA et l’Asie

Pour 2019, les investisseurs qui détiennent des actions doivent s’attendre à des performances modestes. La croissance économique, les bénéfices des entreprises et l’attitude des banques centrales continuent à soutenir les marchés d’actions. Les entreprises présentent en outre des bilans sains, ce qui joue aussi en faveur des actions. Cette bonne santé leur permet de racheter leurs propres actions et alimente les fusions et acquisitions, ce qui soutient également le cours.

Dans les pays développés, notre préférence va aux États-Unis. Le ralentissement de la croissance y est nettement moins perceptible qu’en Europe et les entreprises américaines ont la réputation de mieux répondre aux attentes.

Les actions européennes sont moins chères, mais davantage en proie à des incertitudes. Le conflit commercial pèse plus lourdement sur l’économie européenne, tout comme les incertitudes politiques (Brexit, Italie…).

Les pays émergents conservent quelques solides atouts, comme la croissance économique mondiale encore relativement robuste, ainsi que des valorisations intéressantes. En outre, l’appréciation du dollar US – qui accroît l’attrait des investissements aux États-Unis par rapport à des actifs plus risqués dans les pays émergents – arrive à son terme. Tout comme pour l’Europe, le conflit commercial pèse toutefois sur les pays émergents. Parmi les régions émergentes, notre préférence va à l’Asie plutôt qu’à l’Amérique latine. Le poids du secteur technologique est plus élevé dans les indices boursiers asiatiques (en Amérique latine, ce sont les matières premières qui dominent) et les valorisations y sont relativement plus attrayantes. Les pays asiatiques mènent mieux leurs réformes à bien, tandis que la Chine semble en mesure de contrôler le ralentissement de sa croissance.

Obligations : une préférence pour les obligations en dollar

Pour les personnes qui envisagent d’investir en obligations libellées en euros, aucun rendement - ou presque - n’est à attendre des obligations d’État considérées comme sûres ni des obligations d’entreprises de qualité. Si vous souhaitez malgré tout investir en euros en protégeant votre capital, optez plutôt pour des produits structurés dont le rendement est associé à la performance d’un panier d’actions ou d’un fonds d’investissement.

En revanche, les rendements des obligations libellées en dollars (USD) sont attractifs. Étant donné que la courbe des taux US s’est aplatie, les investisseurs reçoivent peu de rendement supplémentaire sur les obligations à plus long terme. Optez dès lors pour des obligations dont l’échéance est plus proche. Les investisseurs ne doivent même pas prendre trop de risques pour bénéficier d’un coupon intéressant : les obligations d’État américaines (Treasuries) offrent déjà un rendement appréciable.

Les investisseurs en quête d’un coupon plus élevé et capables de supporter un risque accru (et une volatilité plus élevée) peuvent opter pour des obligations des pays émergents en dollars. Le plus grand risque pour ces obligations - une hausse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale - a pour l'instant largement disparu.

Matières premières : l’or comme diversification

La hausse des prix pétroliers n’est pas terminée. Le prix du pétrole continue à être soutenu par le plafonnement de la production décrété par l’OPEP, par la situation au Venezuela et par une demande soutenue.

L’or peut être un choix intéressant dans l’optique d’une diversification du portefeuille. Le métal jaune ne génère pas de revenus (ni coupons ni dividendes), mais il offre une valeur ajoutée dans la fin de cycle actuelle. Grâce à sa faible corrélation avec d’autres classes d’actifs (comme les actions ou les obligations), il peut faire office d’amortisseur lorsque la volatilité est plus élevée.

Rajoutez une note thématique à vos placements

N’hésitez pas à compléter l’approche régionale traditionnelle de la plupart des fonds par une approche thématique. Pour choisir ce thème, optez par exemple pour une tendance à long terme qui surpasse les cycles économiques classiques.

Un de ces thèmes est l’investissement durable (ESG), qui met l’accent sur l’environnement, les enjeux sociétaux et la gouvernance. Une étude récente du gestionnaire de fonds DWS révèle que 92% des fonds qui intègrent des critères ESG dans leur stratégie d’investissement se comportent aussi bien ou mieux que les fonds qui ne tiennent pas compte de ces paramètres. En d’autres termes, il est parfaitement possible de concilier investissement durable et rendement.

Allocation tactique

En 2019, les investisseurs seront encore confrontés à des marchés volatils, caractérisés par une suite de hausses et de baisses, qui mettront leurs nerfs à rude épreuve. Face à ces aléas, il est important de ne pas se laisser guider par ses émotions. Retenez aussi qu’il est éminemment difficile de choisir le timing parfait dans de tels marchés, où la meilleure prestation boursière suit souvent de près la pire. Sortir complètement des marchés après quelques mauvaises séances boursières pour racheter ensuite n’est donc pas une bonne idée.

En conclusion

La bonne stratégie consiste à conserver ses positions et à utiliser tactiquement les variations boursières pour optimiser la qualité de son portefeuille. Profitez des bons jours pour vendre vos « canards boiteux », et des mauvais jours pour acheter des actifs de qualité.

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