Stéphane Junod (responsable de la stratégie d’investissement pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique) nous dévoilait début février les 4 grandes lignes de la stratégie d’investissement du groupe Deutsche Bank pour 2019. Retrouvez ci-dessous la déclinaison de ces grandes thématiques en propositions/opportunités de placements concrètes.

Thème 1 | Au-delà du point culminant…

  • Décélération de la croissance économique
  • Moins de croissance bénéficiaire des entreprises
  • Les injections de liquidités des banques centrales diminuent

L’année 2018 aura été marquée par le franchissement de plusieurs sommets. Le premier de ces sommets est lié au fait que la croissance mondiale a atteint un pic l’an dernier. Nous sommes donc entrés depuis quelque temps déjà dans une phase de décélération économique.

La croissance des bénéfices des entreprises a, elle aussi, atteint des sommets en 2018. Les Etats-Unis, où les baisses d’impôts ont dopé les profits des entreprises, en constituent l’exemple le plus marquant. Nous devrons apprendre à vivre avec moins de croissance bénéficiaire dans les années à venir.

Les banques centrales ferment progressivement le robinet

Dernier facteur important : les injections de liquidités des grandes banques centrales ont probablement atteint un point culminant en 2018. Les marchés financiers qui ont baigné pendant des années dans ce climat de liquidités extrêmement favorable ne pourront plus compter sur de telles largesses à l’avenir.

La combinaison du franchissement de ces trois sommets a des répercussions claires sur la manière d’aborder le paysage d’investissement et sur la façon dont les portefeuilles devraient être construits.

Thème 2 | Réagir aux pics de volatilité

  • La volatilité a fait son retour en 2018 et est là pour rester
  • Elle offre davantage de possibilités sur le plan de la gestion tactique
  • Il convient d’opter pour une approche plus flexible

L’année 2018 fut caractérisée par un retour à l’avant-plan de la volatilité sur les marchés financiers, avec plusieurs corrections qui ont mis les nerfs des investisseurs à rude épreuve.

Nous évoluons dans un paysage d’investissement où la variabilité de résultats de l’environnement macroéconomique va augmenter. Dans ce contexte, la volatilité des actifs financiers devrait rester importante et nous devons nous préparer à affronter de nouvelles turbulences à l’avenir.

Des opportunités sur le plan tactique

En termes de stratégie de placement, un tel environnement est plus difficile à gérer, mais tactiquement il devrait offrir davantage d’opportunités. La situation se prête par conséquent mieux à une gestion de portefeuille plus active et donne l’occasion aux gestionnaires actifs talentueux de créer de la valeur.

Un environnement plus volatil n’induit pas forcément des marchés financiers plus faibles à long terme. L’histoire a montré que la dernière phase du cycle vers laquelle nous nous dirigeons est toujours capable de rémunérer les risques pris par les investisseurs. Et ce, malgré le fait que l’augmentation de la volatilité renforce la tendance à la détérioration du ratio risque/rendement.

Par conséquent, s’il convient d’adopter une approche plus flexible et peut-être plus défensive des marchés financiers, on ne tournera pas pour autant le dos aux opportunités. En d’autres termes, qui dit volatilité, dit non seulement risques à gérer mais également opportunités d’investissement à saisir.

Thème 3 | Comment structurer les portefeuilles sur la base de convictions fortes ?

  • Il semble opportun de diversifier et de renforcer la qualité des actifs détenus en portefeuille.
  • Il reste indiqué de garder une exposition raisonnable aux marchés d’actions.
  • Nous privilégions le marché des actions US au détriment de l’Europe. En ce qui concerne les marchés émergents, notre préférence va à l’Asie par rapport à l’Amérique latine.

Le ralentissement est indéniable mais, au-delà des sommets, ne se trouve pas nécessairement l’abîme. Et ce pour trois raisons :

  1. 1. La croissance économique ralentit, mais nous n’anticipons pas un effondrement de celle-ci.
  2. 2. Il ne faut pas confondre sommet en termes de croissance des bénéfices des entreprises et contraction des bénéfices des entreprises : selon nous, les bénéfices devraient continuer à augmenter mais à un rythme plus lent.
  3. 3. Les grandes banques centrales ont pris la mesure du ralentissement en cours et des incertitudes pesant sur les perspectives économiques. Le virage accommodant de la Fed dans la conduite de sa politique monétaire doit être considéré comme un développement positif majeur.

Qualité et diversification, les facteurs essentiels

Il est donc trop tôt pour abandonner les actifs risqués et il reste indiqué de garder une exposition raisonnable aux marchés d’actions. Plus qu’à n’importe quelle autre phase du cycle économique, l’importance d’avoir un portefeuille bien diversifié (classes d’actifs, régions, secteurs…) est cependant primordiale. Il semble également opportun de renforcer la qualité moyenne des actifs détenus en portefeuille.

En ce qui concerne les actions (ou les fonds1 d’actions), on veillera ainsi à se focaliser sur des entreprises financièrement solides, sur de la génération de cash flows de meilleure qualité et sur des entreprises de plus grande capitalisation.

Pour les marchés développés, nous privilégions le marché des actions américain au détriment du marché d’actions européen et, en ce qui concerne les marchés émergents, notre préférence va à l’Asie par rapport à l’Amérique latine. Nous souhaitons maintenir une exposition aux marchés boursiers : la prime de risque pour les actions reste raisonnable et devrait rémunérer les investisseurs pour les risques encourus.

Thème 4 | Thématiques d’investissement à long terme : comment se positionner ?

  • Les investissements durables gagnent en popularité
  • Il faut aller au-delà des seules préoccupations climatiques
  • Il y a moyen de combiner durabilité et rentabilité

Il peut s’avérer intéressant pour les investisseurs de se focaliser sur des tendances de marché à plus long terme. Le thème que nous souhaitons mettre en avant cette année sont les investissements durables ou « ESG », un acronyme qui désigne les bonnes pratiques des entreprises au niveau Environnemental, Social et de Gouvernance.

Les investissements durables jouent un rôle grandissant dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies car ils permettent non seulement de favoriser des projets ou des entreprises durables, mais également de sensibiliser davantage le monde économique aux enjeux du développement durable.

Enfin, le secteur pharmaceutique est aujourd’hui en phase de consolidation et des méga fusions et acquisitions sont tout à fait possibles.

Durable = rentable ?

La popularité croissante de ce type d’investissement est également portée par une nouvelle génération d’investisseurs qui accorde davantage d’importance aux critères extra financiers et qui souhaite que leurs investissements reflètent mieux leur vision écologique et sociale personnelle. Enfin, la perception des risques évolue aussi chez les investisseurs. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à penser que les entreprises mettant les aspects environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance au cœur de leur stratégie peuvent améliorer leur efficacité opérationnelle et devraient de ce fait être récompensées par les marchés.

Autre élément crucial : la prise en compte de ces critères extra financiers dans ses décisions d’investissement ne se fait pas au détriment des performances. Contrairement aux idées reçues, les entreprises qui scorent bien sur les critères ESG ne génèrent pas moins de rendement que les autres3. Nous avons à présent assez d’années de données allant dans ce sens et démontrant qu’à l’avenir, l’ESG peut aussi être considéré comme un « booster » en termes de rendements.

A côté d’une démarche purement philosophique, il existe donc une véritable logique économique à privilégier les entreprises qui pensent et agissent en termes durables… et qui laisse penser que ce type d’investissements devrait également connaître un essor durable.

Découvrez une sélection de solutions d’investissement durables :

- sous la forme d’un fonds mixte flexible1 durable
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1 Le terme "fonds" est l'appellation commune pour les Organismes de Placements Collectifs (OPC). Les OPC sont soit des OPCVM soit des OPCA ; ils existent sous la forme d'une société d'investissement (SICAV) ou d'un fonds commun de placement (FCP). Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement.

2 Les instruments financiers structurés, également connus sous la dénomination de Structured Notes, existent sous la forme des « titres de dette structurés » ou d’ « instruments dérivés ». Un instrument financier structuré est un instrument financier d'une durée déterminée, généralement émis par des institutions financières, qui offre un rendement associé à un ou plusieurs actifs sous-jacents (par exemple un taux d'intérêt ou un indice boursier) via des coupons fixes ou variables payés en cours de vie ou à l'échéance du titre. Dans le cas de titres de dette structurés, l'émetteur s'engage à rembourser à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais) à l'échéance (sauf en cas de faillite ou risque de faillite de l'émetteur). Par contre, dans le cas d'un "instrument dérivé", l'émetteur d'un Structured Note ne s'engage pas à rembourser à l’échéance à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais).

3 Source : étude MSCI (fournisseur de données d’entreprise et d’indices). Une stratégie d’investissement donnant la prévalence à des sociétés possédant un score ESG élevé (stratégie best-in-class) a mieux performé sur neuf ans que l’indice mondial d’actions MSCI World (chiffres de 2009 à 2017). Giese G. (2017), ‘Has ESG affected Stock Performance?’, MSCI. Disponible sur : msci.com