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En résumé

  • S’agissant d’un secteur défensif, les soins de santé tirent leur épingle du jeu dans le contexte actuel de fin de cycle économique.
  • En ces temps où les taux d’intérêt sont très bas, les actions des entreprises européennes de la santé distribuent souvent des dividendes intéressants et plutôt stables.
  • Les actions du secteur de la santé offrent en ce moment des valorisations qui peuvent justifier d’entrer dans le marché. En outre, elles présentent souvent des caractéristiques avantageuses à (très) long terme.

Dans le contexte économique actuel de fin de cycle, les actions des entreprises de soins de santé sont appelées à se distinguer. Quand la croissance mondiale ralentit, les investisseurs ont tendance à se replier vers ce secteur considéré comme défensif.

Historiquement, les entreprises actives dans la santé ont souvent mieux traversé les périodes de crise économique1 parce que les dépenses en soins de santé sont l’un des rares postes dans lesquels les ménages ne peuvent, en général, pas se permettre de réaliser des économies.

Secteur défensif par excellence, malgré certains risques

Cette résistance du secteur de la santé a encore été observée l’année dernière. Alors que les actions européennes ont baissé de 13% en 2018 selon l’indice Stoxx® Europe 600 des plus grandes capitalisations d’Europe, les valeurs des soins de santé ont limité leur recul à moins de 3%, montre l’indice sectoriel Stoxx® 600 Health Care, ce qui constitue la meilleure performance annuelle derrière les actions des entreprises de services aux collectivités (« Utilities »).

Aux États-Unis, la perspective des élections présidentielles de 2020 a ramené dans l’actualité le débat sur une régulation plus poussée des prix des médicaments. Ce risque régulatoire explique presque à lui seul les performances en demi-teinte des actions pharmaceutiques depuis le début 2019.

De manière plus générale, un investissement dans les titres de ce secteur reste évidemment soumis à certains risques spécifiques. Parmi ceux-ci, épinglons le risque de la perte de revenus due à l’expiration des droits exclusifs sur un médicament phare (‘blockbuster’), phénomène qui frappe surtout les grands groupes pharmaceutiques. Pour des entreprises plus petites et dynamiques, telles que les biotechs, le risque sera plutôt d’échouer dans les tests cliniques d’un traitement candidat ou de ne pas recevoir l’approbation des autorités de surveillance. Enfin, le risque sanitaire n’est jamais à exclure, comme l’a montré récemment l’affaire de la surconsommation d’opioïdes aux Etats-Unis, un scandale qui a fait chuter les cours boursiers de sociétés actives dans ce domaine2.

Ces problèmes n’ont toutefois pas entravé la performance globale des valeurs pharmaceutiques ces dernières années.

Actions pas trop chères

Aujourd’hui, les actions des entreprises européennes de la santé présentent des valorisations intéressantes. Aux niveaux actuels de leurs cours de Bourse, celui qui en achète paie environ 16 fois la moyenne des bénéfices estimés par les analystes financiers pour cette année. Ce ratio cours/bénéfices n’a plus été aussi bas depuis sept ans. Dans l’environnement actuel de taux d’intérêt extrêmement bas, les valeurs de la santé présentent un intérêt grâce à leurs dividendes plutôt stables. Au cours des cinq dernières années, les dividendes des actions de l’indice Stoxx® 600 Health Care ont généré un rendement d’environ 3%, un niveau qui devrait encore être atteint cette année, d’après les prévisions moyennes des analystes.

Avantages à (très) long terme

Ceux qui investissent dans les actions des soins de santé aujourd’hui ne le font pas uniquement en réaction à la situation économique du moment. Ce secteur présente surtout des avantages à (très) long terme.

Compte tenu du vieillissement de la population, les dépenses dans ce domaine devraient continuer à croître. Les entreprises de santé actives dans les pays émergents (Chine, Brésil, Inde, etc.) devraient en outre bénéficier de la tendance de ces États à augmenter leurs dépenses publiques destinées à assurer une couverture de plus en plus étendue des interventions en matière de santé.

Un vent de fusions et acquisitions

Par ailleurs, le vent des fusions et acquisitions pourrait insuffler une nouvelle dynamique haussière aux actions de la santé. En début d’année, un analyste de la banque d’affaires Goldman Sachs3 indiquait que « les attentes de fusions et acquisitions dans la biotech ont augmenté ». Les sociétés biotechnologiques, qui cherchent à développer des nouveaux traitements basés sur les plus récentes innovations médicales, sont susceptibles de développer des « blockbusters » potentiels, c’est-à-dire des traitements capables de générer des milliards de dollars de revenus. De quoi appâter les plus grands groupes pharmaceutiques dont les licences de médicaments vedettes arriveront à expiration d’ici quelques années.

En début d’année, l’américain Bristol-Myers Squibb a acquis la biotech new-yorkaise Celgene et le japonais Takeda a racheté l’irlandais Shire. Plus récemment, l’américain Pfizer est entré au capital de la biotech française Vivet Therapeutics. Et dernièrement, l’intérêt des investisseurs pour la pharma a conduit le suisse Novartis à mettre en Bourse sa filiale Alcon, spécialisée dans le traitement des maladies ophtalmiques. Il y a donc encore des grandes manœuvres dans ce secteur, ce qui pourrait continuer à animer les cours boursiers des valeurs de la santé dans les prochains mois.

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1 Source : Bloomberg, tableaux des performances sectorielles de l'indice Stoxx® Europe 600 sur des périodes de (pré-)récession, à savoir le 4e trimestre 2008 (crise bancaire), sur toute l'année 2008 (contraction des indices boursiers avant la grande récession) et sur l'année 2018 (année de correction boursière): chaque fois, le secteur Healthcare se classe premier ou second.

2 Source : https://www.lecho.be/actualite/archive/Les-societes-productrices-d-opioides-sous-pression/10105032

3 Source : Bloomberg. Article complet : https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-01-07/big-pharma-isn-t-boring-any-more-as-cancer-deals-herald-more-m-a