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En résumé

  • Boris Johnson et le Parti conservateur ont remporté une nette victoire lors des élections législatives au Royaume-Uni.
  • Nous anticipons à présent que le Parlement britannique ratifie le projet de loi sur l'accord de retrait et que le Royaume-Uni quitte l'UE d'ici à fin janvier 2020 au plus tard.
  • Le marché d’actions européen et les actions domestiques britanniques pourraient profiter de ce résultat.
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Que s'est-il passé ?

Le résultat des élections législatives d'hier au Royaume-Uni a sanctionné une large victoire pour Boris Johnson et le Parti conservateur.

Avec seulement deux sièges parlementaires à pourvoir, la répartition des sièges pour la prochaine législature est la suivante : Conservateurs 363 sièges, Travaillistes 203 sièges, Parti national écossais 48 sièges, Libéraux Démocrates 11 sièges, autres 23. L’obtention de 321 sièges était nécessaire pour une majorité. Une fois tous les sièges comptés, le Premier ministre Boris Johnson aura probablement une majorité de travail de plus de 40 sièges.

Par conséquent, les Conservateurs se sont assuré une majorité confortable au sein du nouveau Parlement, ce qui devrait garantir la stabilité du gouvernement conservateur à l'avenir. Cette majorité est la plus grande décrochée par un seul parti pour un gouvernement britannique depuis la victoire des Travaillistes lors des élections de 2005.

Nous nous attendons à présent à ce que le Parlement britannique ratifie le projet de loi sur l'accord de retrait et que le Royaume-Uni quitte l'UE d'ici à fin janvier 2020 au plus tard - peut-être même plus tôt, en fonction des événements de la semaine prochaine.

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Comment les marchés ont-ils réagi ?

En réaction à un sondage à la sortie des urnes gratifiant les Conservateurs d'une large majorité, la livre sterling est passée de 1,317 USD à 1,351 USD, soit son plus haut niveau depuis mai 2018. Cette appréciation traduit le soulagement des marchés d’avoir à présent une certitude sur le processus de l'Article 50 avec la perspective que le nouveau parlement ratifie l'accord conclu entre le Royaume-Uni et l'UE en octobre dernier bien avant la date-butoir du 31 janvier 2020.

Les marchés boursiers européens ont également salué le résultat des élections en progressant de 1% à 2% au lendemain de celles-ci.

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Quels enseignements les investisseurs peuvent-ils en tirer ?

Comme Boris Johnson a placé l’accord sur le Brexit conclu avec l'UE au centre de sa campagne et du manifeste du parti conservateur, nous pensons que le projet de loi relatif à cet accord sera ratifié par les deux camps - le parlement britannique et l'UE. En conséquence, le Royaume-Uni sortirait officiellement de l'UE au plus tard le 31 janvier 2020 pour entrer ensuite dans la période de transition.

Cette décision majeure apportera de la certitude au sujet du Brexit aux investisseurs, aux consommateurs et aux marchés financiers au cours des prochains mois. Nous nous attendons à ce que le climat économique et l'activité au Royaume-Uni soient soutenus pour le reste de l'année et très probablement au 1er semestre 2020. Toutefois, avec une période de transition de 11 mois qui risque de s'avérer trop courte pour finaliser un nouvel accord commercial, l'incertitude liée au Brexit devrait ralentir l'activité économique au 2e semestre 2020.

Nous prévoyons les tendances suivantes sur les marchés au cours des prochains mois :

  • Marchés d’actions : le FTSE 100 pourrait être pénalisé par l'ampleur de l’appréciation de la livre sterling, étant donné qu’environ 80% des revenus de ces entreprises proviennent de l'étranger. Les actions domestiques devraient mieux se comporter : bien qu'elles aient surperformé depuis début septembre, elles affichent toujours une sous-performance d'environ 20% sur une base relative depuis le référendum sur le Brexit. Le marché d’actions européen pourrait également afficher de bonnes performances, en particulier les banques, car elles auraient fortement souffert en cas de Brexit "sans accord".
  • Devises : nous anticipons des gains supplémentaires modérés pour la livre sterling. Compte tenu de sa forte hausse récente, l’appréciation devrait toutefois être plus lente à l'avenir.

A plus long terme et à l'approche du second semestre 2020, le risque que le Royaume-Uni quitte le marché unique sans accord de suivi ne sera pas totalement écarté, même si un Brexit ordonné intervient d’ici au 31 janvier 2020. Si l'UE et le Royaume-Uni ne parviennent pas à trouver un accord sur leurs relations économiques futures, un Brexit dur pourrait se produire à la fin de 2020. Sous réserve d'un vote au Parlement, le Royaume-Uni aurait néanmoins la possibilité de prolonger la période de transition - et de rester dans le marché unique - afin de donner davantage de temps aux négociations sur la relation future.

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