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Deutsche Bank

En résumé

  • La BCE lance le troisième cycle d'opérations de refinancement à long terme (TLTRO) depuis 2008-2009, qui débute en septembre
  • En réaction, l'euro et les rendements obligataires ont chuté. Les marchés boursiers et les actions des banques en particulier sont passés au rouge.
  • Les autorités monétaires disposent de peu de puissance de frappe pour stimuler une économie qui ralentit par des baisses conventionnelles de taux d'intérêt

Que s'est-il passé ?

La BCE a fait, enfin, volte-face en matière de politique monétaire. Deux mois à peine après avoir mis fin à son programme d'assouplissement quantitatif et moins de deux semaines après avoir laissé entendre qu'elle avait moins d’appétit à relever ses taux d'intérêt en 2019, la Banque centrale européenne relance sa politique accommodante.

À partir de septembre, elle offrira une nouvelle vague de prêts avantageux à long terme aux banques commerciales afin d'injecter des liquidités dans l'économie de la zone euro en perte de vitesse. Ces prêts consisteront en des opérations de refinancement ciblées à long terme (TLTRO), un outil destiné à stimuler les prêts bancaires de l'économie réelle. Les prêts sont initialement prévus jusqu'en mars 2021, avec une échéance de deux ans et un taux d'intérêt indexé sur le taux de refinancement principal pour la durée de chaque opération. Il s'agit de la troisième vague européenne du TLTRO depuis la crise financière de 2008-2009. Parallèlement, la BCE a abaissé ses perspectives de croissance pour 2019 dans la zone euro de 1,7 % à 1,1 %, tout en ramenant ses prévisions d'inflation pour cette année de 1,6 % à 1,2 %. Pour 2020, les prévisions d'inflation ont été ramenées de 1,7% à 1,5% et de 1,8% à 1,6% pour 2021.

En conséquence, la BCE a revu ses prévisions sur les taux d'intérêt, en indiquant que les taux d'intérêt "resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu'à fin 2019", alors qu'auparavant, les prévisions annonçaient que les taux resteraient inchangés "jusqu'à l'été 2019".

Réaction des marchés

Les marchés financiers ont réagi suite à l’annonce de la BCE. Immédiatement après cette annonce, l'euro a chuté de 1,132 à 1,123 face au dollar et les rendements des obligations d'État ont chuté dans toute la zone euro : le rendement des BTP italiens à 10 ans a baissé de 13 points de base, tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans a baissé de 12 à 7 points de base. Les marchés d'actions ont d'abord réagi positivement, l'indice Eurostoxx 50 ayant progressé de 0,4 % peu après l'annonce de la BCE. Toutefois, l'indice est devenu négatif peu de temps après, car l'annonce de la BCE a été accueillie comme la confirmation que le ralentissement de l’économie est supérieur aux prévisions d’il y a quelques mois seulement. Les actions des banques de la zone euro ont été particulièrement touchées par la baisse des prévisions d'inflation de la BCE. Le sous-indice Eurostoxx bancaire a baissé quant à lui de 3,45% deux heures après l'annonce.

Notre avis

L'annonce de la BCE témoigne de la situation difficile dans laquelle se trouve la banque centrale. Il est inhabituel d'entrer dans une phase de ralentissement économique avec des taux d'intérêt déjà nuls ou négatifs. En d'autres termes, les autorités monétaires disposent de peu de puissance de frappe pour stimuler une économie qui ralentit par des baisses conventionnelles des taux d'intérêt. En outre, il serait politiquement délicat de relancer le programme d'assouplissement quantitatif qui vient d'être arrêté (bien que la BCE continue de réinvestir les remboursements des obligations arrivant à échéance). Par conséquent, le TLTRO est, à ce stade, l'outil le plus évident pour fournir de la liquidité à la zone euro.

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