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En résumé

  • Les investisseurs qui ont vendu leurs actifs en décembre n’ont pas profité de la remontée qui a suivi début 2019.
  • Sur le long terme, les variations de cours ont tendance à se lisser et le conseil serait dès lors de conserver ses positions.

Le dernier trimestre de 2018 a donné des sueurs froides à de nombreux investisseurs. À l’époque, Deutsche Bank conseillait de conserver leurs positions. La chute brutale des bourses était surtout la conséquence de la crainte d’une récession économique et d’une aggravation des conflits commerciaux, alors que les fondamentaux ne donnaient aucune raison de céder à la panique.

Une fois de plus, réagir sous le coup de l’émotion n’était pas une bonne idée. Les investisseurs qui ont vendu n’ont pas bénéficié du substantiel rallye boursier du début 2019. Par contre, ceux qui ont gardé la tête froide ont souvent récupéré leurs pertes de 2018. Voire même davantage.

Ceux qui ont vendu fin 2018 ont raté le rebond

À titre d’illustration, voici l’évolution du cours de l’Euro Stoxx 50® jusqu’au 30 avril 2019. (Source: Bloomberg)

La ligne en bleu clair : vous avez investi 1.000 euros dans l’Euro Stoxx 50® le 1er août 2018, puis vous avez vendu cette position le 27 décembre 2018.
La ligne en bleu foncé : vous n’avez pas vendu votre position le 27 décembre 2018.

  • Si vous avez vendu vos actions le 27 décembre 2018, vous avez raté une hausse de 18,94%.
  • Si vous avez vendu le 31 octobre, votre manque à gagner est de 9,26%.
  • Et même si vous avez anticipé le recul des marchés et vendu le 28 septembre (c'est-à-dire avant la lourde chute des bourses), vous n’avez pas profité d’une progression de 2,78%.

Bref, dans tous les cas la conclusion est la même : quel que soit le timing choisi, la vente de vos actifs n’aura pas été une bonne décision. Au début 2019, les investisseurs qui ont conservé leurs positions ont rapidement récupéré les lourdes pertes subies à la fin 2018.

Le timing reste un art difficile

L’épisode vécu par les investisseurs ces derniers mois n’a rien d’exceptionnel. En bourse, le timing est un art très délicat à maîtriser : personne ne peut (pré)dire si l’on a touché le fond ou atteint le sommet, ni si c’est le moment d’acheter ou de vendre.

Le facteur émotionnel joue aussi un rôle : la plupart des investisseurs conservent un certain temps leurs actifs en chute libre, avant de les vendre malgré tout… juste avant qu’ils entament leur remontée. Sur le long terme, les hausses et les baisses sont progressivement lissées. Le cap est donc clair : conserver ses positions. Si vous vendez au creux de la tempête, vous raterez généralement l’embellie qui suivra.

L’effet est encore plus marquant à long terme

Prenons un autre exemple : l’indice S&P 500 sur la période comprise entre 1996 et août 2017 (graphique 2). Cette période de 21 ans aura été marquée à la fois par l’explosion de la bulle technologique (les « TMT ») en 2000-2001 et par la crise financière de 2008, au cours de laquelle l’indice a perdu 50% de sa valeur. Or, que constate-t-on ? Quelqu’un qui aurait investi 10.000 dollars US dans le S&P 500 en 1996 se retrouve 21 ans plus tard à la tête d’un magot de 59.738 USD. Soit près de 600% de progression.

À titre d’illustration : la performance d’un investissement de 10.000 USD dans l’indice S&P 500 entre le 2 janvier 1996 et le 25 août 2017. (Source: Bloomberg)

a. A investi sur toute la durée | b. A manqué les 10 meilleurs jours | c. A manqué les 20 meilleurs jours | d. A manqué les 30 meilleurs jours | e. A manqué les 40 meilleurs jours | f. A manqué les 50 meilleurs jours | g. A manqué les 60 meilleurs jours

Encore plus marquant : les investisseurs qui se sont risqués au timing et n’ont pas bénéficié des 10 jours de plus forte hausse boursière ont vu leur bénéfice réduit de moitié : il a été multiplié par 3 au lieu d’être multiplié par 6. Le bénéfice reste substantiel, bien sûr, et il y a peu de chances qu’un même investisseur ait manqué tous ces jours fastes, mais cet exemple illustre à quel point il peut être dangereux de s’essayer au market timing.

Tenez-vous à votre stratégie

La conclusion ? Ne dérogez pas à votre plan d’action. Rassemblez des informations puis, sur la base de ces données et de votre profil d’investisseur (Financial ID), définissez une stratégie d’investissement. Ensuite, tenez-vous à cette stratégie. Veillez à la diversification et réévaluez votre stratégie à intervalles réguliers en fonction de l’évolution de votre situation personnelle, mais ne laissez jamais vos émotions vous dicter vos décisions. L’investissement boursier doit s’envisager sur le long terme.

Comment garder la tête froide lorsque les bourses dévissent ? Suivez nos 5 conseils.

1. Investissez sur le long terme, surtout si vos actifs sont à risque. La règle d’or est très simple : plus vous prenez de risques, plus votre horizon d’investissement doit être éloigné. Les actifs à risque sont plus volatils, avec des hauts et des bas plus marqués. Le long terme a pour effet de lisser ces fortes fluctuations.

2. Soyez attentif aux fondamentaux. Si le contexte économique ne justifie pas une correction, le recul devrait être suivi d’un rétablissement.

3. Collectez des informations tous azimuts, mais n’en perdez pas le nord pour autant. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une pléthore d’informations boursières. Conséquence, les investisseurs sont beaucoup plus souvent incités à modifier leurs décisions. Et – malheureusement – à laisser libre cours à leurs émotions, plutôt qu’à leur raison.

4. Connaissez-vous vous-même. La volatilité des bourses vous rend nerveux ? Vous avez tendance à prendre hâtivement des décisions que vous regrettez par la suite ? Dans ce cas, peut-être est-il préférable de déléguer la gestion de vos investissements à des professionnels, qui laissent moins de place à l’émotionnel. Envisagez par exemple la gestion discrétionnaire, par laquelle vous confiez la gestion de votre portefeuille à un expert de Deutsche Bank.

5. Vous souhaitez suivre l’évolution de votre portefeuille, sans avoir à ajuster en permanence la répartition des actifs ? Optez pour les fonds mixtes flexibles. Leurs gestionnaires disposent de la souplesse pour actualiser, quotidiennement s’il le faut, l’allocation de leurs actifs sous-jacents. Bien entendu, vous conservez la faculté de modifier à tout moment le choix de votre gestionnaire de fonds.

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1 Le terme « fonds » est l’appellation commune pour un Organisme de Placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d'OPCVM (UCITS) ou d'OPCA (non–UCITS), et prendre diverses formes juridiques (SICAV, FCP etc.). Un OPC peut comporter des compartiments. Les fonds sont sujets à risques. Ils peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant de leur investissement. Le terme "fonds " est l'appellation commune pour un Organisme de Placement collectif (OPC), qui peut exister sous le statut d'OPCVM (UCITS) ou d'OPCA (non–UCITS), et prendre diverses formes juridiques (SICAV, FCP, etc.). Un OPC peut comporter des compartiments.