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Deutsche Bank

En résumé

  • La Fed (banque centrale américaine) a, sans surprise, procédé à sa 3ème baisse de taux cette année, abaissant la fourchette cible des taux de référence de 25 points de base, à 1,5 %-1,75 %.
  • Le fait que le président Powell se sente à l'aise de laisser les taux là où ils sont ou même de ne pas les augmenter, a fait grimper les cours des actions et de l'or, tandis que les rendements obligataires et le dollar américain ont baissé.
  • Les investisseurs devraient s'attendre à ce que la Fed soit plus patiente et plus dépendante des données au moment où elle envisagera sa prochaine décision
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Que s'est-il passé ?

Les anticipations des marchés pour une nouvelle baisse des taux à titre préventif avaient été largement reflétées dans les cours depuis la publication du dernier indice décevant du PMI manufacturier (le PMI reflétant le sentiment ou l’humeur des directeurs d’achat de l’industrie). Il n'est donc pas surprenant que la Fed ait abaissé son taux directeur de 25 points de base pour la 3ème fois consécutive. Cette dernière réduction de taux place le cycle d'assouplissement en cours au même niveau que les cycles de 1995 et 1998 pour ce qui est de son ampleur. La banque centrale a également dû récemment revenir sur les marchés de trésorerie afin de résoudre les problèmes de liquidité sur les marchés repo « repurchase agreement » (à ne pas confondre avec le QE « Quantitative Easing »).

Bien qu'il subsiste encore des incertitudes quant à la faiblesse de la croissance mondiale et aux guerres commerciales, la Fed a émis un signal en contradiction avec sa décision d’assouplissement de la politique monétaire. Dans sa dernière déclaration, elle a en effet choisi d'oublier la maxime « agir comme il convient pour soutenir l'expansion ». Cela permet au comité de faire une pause dans de nouvelles réductions de taux pendant qu'il se penche sur les données économiques qui seront bientôt disponibles. Les mots choisis par le comité sur la description de l'économie américaine sont restés pratiquement inchangés : une consommation capable de faire face à la faiblesse des dépenses des entreprises, une croissance économique encore qualifiée de " modérée " et une inflation toujours inférieure à son objectif de 2 %.

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Comment les marchés ont-ils réagi ?

La réaction initiale du marché a été mitigée. Dans un premier temps, le rendement à court terme des obligations d’état à 2 ans a légèrement baissé, de même que le S&P 500. Le dollar américain augmentait tandis que le cours de l'or baissait. Pendant la conférence de presse, les actions et le dollar se sont redressés suite aux commentaires du président Powell ayant été interprétés comme allant dans le sens d’un durcissement de la politique monétaire. En fin de compte, ce sont ses commentaires qui modèrent un retour possible des hausses de taux qui ont fait grimper à la fois le S&P 500 et l'or, alors que le dollar cédait un peu de terrain.

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Que cela signifie-t-il pour les investisseurs ?

Après la publication de la déclaration, le président Powell a pris la parole pour confirmer que le comité n’envisageait probablement plus de baisser les taux à moins qu'il n'y ait un changement important dans le contexte économique. En déclarant qu'une inflation « sérieuse » serait nécessaire pour que la Fed envisage de relever ses taux, il a tout d’un coup placé la barre haute, lorsqu'il s'agira, pour cette dernière de reprendre un cycle de hausse. En d'autres termes, même si les marchés n'ont pas reçu tous les signaux d’assouplissement de la politique qu'ils espéraient, ils ont au moins trouvé du réconfort dans le fait que la Fed peut être prête à conserver une politique monétaire accommodante encore longtemps. Le taux directeur anticipé à 5 ans est en effet toujours bien en dessous de la barre des 2%.

Suite au rapport rassurant sur le PIB du mercredi matin, il devrait être clair que les risques pesant sur les perspectives de la Fed ont diminué depuis la réunion du mois dernier. Il serait tout de même sage pour les responsables de la politique monétaire de laisser la porte ouverte à d'autres réductions de taux si nécessaire. Bien que nous ne prévoyions pas d'autres baisses à l'heure actuelle, nous réexaminerons probablement cette question à mesure que nous recueillerons davantage de données économiques au cours des prochains mois.

Politique monétaire : plutôt « faucon » ou « colombe » ?

Les termes « hawkish » et « dovish » sont généralement utilisés pour décrire l’orientation de la politique monétaire d’une banque centrale.

Faisant référence au faucon, le terme « hawkish » indique qu’une banque centrale est plutôt encline à relever ses taux d’intérêt, par exemple pour assurer la stabilité des prix.

Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signale pour sa part qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.

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