Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé

  • La croissance du PIB en Chine ralentit à 6,2% au 2e trimestre, surtout freinée par la faiblesse des exportations
  • Les marchés financiers accueillent la nouvelle avec un certain calme, soulagés par un résultat conforme aux attentes
  • Les autorités chinoises pourraient annoncer de nouvelles initiatives pour stabiliser la croissance en 2e partie d’année

Que s’est-il passé ?

La croissance économique en Chine a ralenti à 6,2% en glissement annuel entre avril et juin, en baisse par rapport aux 6,4% du 1er trimestre. Ce taux de croissance est le plus faible depuis près de 27 ans, même s’il est exactement conforme aux prévisions du consensus. Les exportations chinoises ont diminué de 1,3% sur un an en juin et les importations de 7,3% sur la même période, menant à un excédent commercial de 51 milliards de dollars. En revanche, la demande intérieure chinoise a surpris à la hausse en fin de trimestre. Les ventes au détail ont rebondi, accélérant de 8,6% en mai à 9,8% sur un an en juin, et tant la production industrielle (+6,3%) que les investissements en actifs fixes (+5,8%) ont été meilleurs que prévu.

Le ralentissement de la croissance chinoise au 2e trimestre est en ligne avec nos attentes et reste aussi dans la fourchette de croissance de 6% - 6,5% visée par Pékin cette année. Cette évolution est largement imputable à la faiblesse des exportations, elle-même causée par des droits de douane plus élevés et par la modération de la demande mondiale. Comme prévu, ce sont les exportations de la Chine vers les États-Unis qui ont le plus reculé, soit de 7,8% sur un an en juin, alors que celles vers l’Union Européenne ont baissé de 3%. Cependant, la Chine a pu compenser en partie ces effets en augmentant ses exportations vers les pays voisins, en l’occurrence celles vers les pays d'Asie émergente (+9,8% sur un an) et vers le Japon (+2,4%).

Quelle fut la réaction des marchés ?

Bien qu’au plus bas depuis 1992, la croissance en Chine est conforme aux estimations. Par ailleurs, les statistiques relatives au mois de juin ont été dans l’ensemble meilleures que prévu, indiquant des signes de stabilisation de l'économie. Les marchés financiers ont donc réagi avec calme à ces annonces, avant de se concentrer sur les premiers résultats trimestriels des sociétés outre-Atlantique. Les marchés d’actions ont évolué légèrement dans le vert dans les principales régions, tandis que les marchés obligataires retrouvaient leurs bonnes dispositions après leur accès de faiblesse de la semaine précédente. Sur le marché des changes, la devise chinoise (renminbi) est pour sa part restée relativement stable par rapport au dollar US.

Que faut-il en penser ?

Nous estimons que la croissance économique en Chine pourrait continuer à décélérer au second semestre et nous maintenons notre prévision de croissance du PIB de 6% pour l’ensemble de l’année 2019. Dans le même temps, nous tablons sur d’autres mesures de soutien budgétaires et monétaires de la part des autorités pour stabiliser la croissance pendant le restant de l'année et contrer l’impact négatif du conflit commercial avec les Etats-Unis. La demande intérieure en Chine a semble-t-il déjà commencé à se redresser en juin suite aux mesures de relance du gouvernement. En particulier, l’investissement immobilier continue d’afficher une croissance à deux chiffres, aidé par une politique monétaire plus souple. La croissance des investissements dans le secteur manufacturier a également accéléré en juin, en partie grâce à la récente baisse des taux de TVA visant à soutenir la confiance des entreprises. Enfin, les ventes au détail ont bien résisté le mois dernier, les ménages ayant bénéficié d'une baisse de l'impôt sur le revenu des particuliers. Selon nous, ces mesures favorables à la croissance pourraient aider l’économie chinoise à réaliser son atterrissage en douceur au second semestre de cette année.

Dans l’immédiat, les marchés financiers vont évoluer au gré des publications des résultats trimestriels des sociétés. Le consensus de marché anticipe un recul de 3% en rythme annuel des bénéfices des sociétés du S&P 500 et une hausse de 2% pour le DJ Stoxx 600. Les marchés suivront aussi avec intérêt les derniers commentaires des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed) et les chiffres US pour affiner leurs prévisions de baisse de taux en vue du comité de politique monétaire de la Fed de fin juillet. Après la forte hausse des cours ces dernières semaines, nous ne sommes pas enclins à augmenter l’exposition aux actifs risqués dans les portefeuilles.

Vos placements sont-ils toujours adaptés à la réalité économique ?

Appelez nos experts de Talk & Invest au 078 156 157.

Prenez rendez-vous dans votre Financial Center au 078 155 150.

Articles liés