En résumé

  • Les attaques contre les installations pétrolières de l'Arabie Saoudite pourraient entraîner des pénuries d'approvisionnement équivalant à 5 % de la demande mondiale.
  • Les prix du pétrole ont connu en séance leur plus forte hausse depuis la guerre du Golfe en 1991.
  • La volatilité des prix du pétrole devrait se poursuivre. Des hausses de prix soutenues accroîtraient les risques dans une économie mondiale affaiblie.
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Que s'est-il passé ?

Les installations pétrolières saoudiennes ont été attaquées et lourdement endommagées par des drones le week-end passé. La plus grande usine de traitement de pétrole au monde à Abqaiq a notamment été touchée. Selon les déclarations de l'Arabie Saoudite, une production de 5,7 millions de barils par jour est affectée. Cela représente plus de la moitié de la production du premier exportateur mondial de pétrole et environ 5% de la demande mondiale. En effet, avant les attaques, la production de pétrole de l'Arabie Saoudite était d'environ 9,8 millions de barils par jour, soit près de 10 % de la production mondiale. Les rebelles yéménites Houthi ont revendiqué les attaques, mais le président américain, Donald Trump, a indiqué via Twitter qu'il attendait des déclarations de l'Arabie Saoudite sur les responsables présumés des attaques. La méthode des attaques est également remise en question.

Une rupture d'approvisionnement de 5,7 millions de barils par jour serait la plus grande jamais subie, dépassant celle observée lors de la révolution iranienne. Il s'agit des attaques les plus graves contre les infrastructures pétrolières saoudiennes depuis la guerre du Golfe. L'Arabie Saoudite ne s’est pas encore prononcée sur la durée probable du déficit de production à mesure que les installations seront réparées, mais l'hypothèse générale est que cela pourrait prendre des semaines, plutôt que des jours. Elle a annoncé être prête à puiser dans ses stocks existants (estimés à environ 190 millions de barils) et le président Trump a aussi autorisé l’utilisation des réserves stratégiques de pétrole américaines si cela s’avérait nécessaire.

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Comment les marchés ont-ils réagi ?

Le prix du pétrole s’est littéralement envolé sur les marchés internationaux. A l'ouverture du marché, le pétrole Brent a bondi d’environ 20% jusqu’à 71,95 USD le baril avant de réduire de moitié cette hausse initiale. Le prix du pétrole WTI a pour sa part d'abord grimpé de plus de 15% à 63 USD le baril pour ensuite revenir autour de 60 USD le baril. Ces attaques ont jeté un coup de froid sur les marchés d'actions avec des reculs généralement compris entre -0,2% et -1% en Europe. Après avoir vécu une semaine écoulée plutôt compliquée, les marchés obligataires profitent en revanche du regain d’incertitude, avec des taux d’intérêt qui sont orientés à la baisse.

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Qu'est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?

Cela fait déjà un certain temps que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s'intensifient sous la surface. Les attaques de ce week-end contre les installations pétrolières saoudiennes ont cependant ramené ces tensions sous les feux des projecteurs et les marchés ont rapidement réévalué la prime de risque attachée aux prix du pétrole.

La flambée des prix du pétrole observée ce matin s'est rapidement inversée en partie parce que le marché a fait l’hypothèse que l'Arabie Saoudite pourrait puiser dans ses stocks de pétrole pour compenser les perturbations d'approvisionnement causées par les attaques. Par conséquent, l'impact à court terme des attaques sur les marchés pétroliers sera probablement gérable, car une partie du déficit pourra être compensée.

Toutefois, l'impact à moyen terme sur la dynamique interne de l'OPEP - Organisation des pays exportateurs de pétrole - et sur les producteurs de pétrole américains semble être le principal problème. Cela pourrait dépendre d'une déclaration officielle de l'Arabie Saoudite sur l'étendue et la durée probable des perturbations. Enfin et surtout, un arrêt prolongé pourrait encourager les marchés à attacher une prime de risque à long terme plus élevée au prix du pétrole, avec des répercussions sur la croissance mondiale.

Dans l'ensemble, les attaques perpétrées ce week-end accentuent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient dans un contexte mondial plus incertain. La hausse des prix du pétrole, si elle se poursuit, constitue un risque supplémentaire pour la croissance mondiale. Bien que nous nous attendions à ce que les perturbations sur l'offre de pétrole puissent être atténuées, compte tenu également de la modération de la croissance de la demande mondiale, les attaques illustrent la vulnérabilité des infrastructures pétrolières.

A court terme, nous continuons de suggérer aux investisseurs de faire preuve de prudence à l'égard des investissements sensibles à la croissance, comme les actions. Nous pensons que le marché des obligations d’entreprises et les obligations des marchés émergents offrent davantage de potentiel dans une phase de ralentissement de la croissance mondiale et d'augmentation des risques géopolitiques. Nous nous attendons à ce que les prix du pétrole soient volatils dans un tel environnement, tandis que l'or reste une source de diversification intéressante au sein des portefeuilles d’investissement.

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