En résume

  • Le conflit commercial persistant entre les USA et la Chine pèse sur la croissance mondiale.
  • Une récession n’est pas à l’ordre du jour, mais une embellie pourrait se faire attendre.
  • L’expansion économique américaine reste sur les rails. En Europe, la situation n’est ni brillante, ni dramatique. Les marchés émergents composent un paysage hétérogène.

L’économie mondiale ralentit, c’est une évidence. Cette décélération est surtout imputable à la dégradation du commerce international provoquée par l’offensive protectionniste des Etats-Unis. Les tensions entre les USA et la Chine se sont singulièrement accentuées depuis début mai. Le plus grand danger pour l’économie mondiale serait d’entrer dans une spirale protectionniste de nature à freiner considérablement l’activité économique.

Le différend commercial entre les deux premières économies du globe s’est étendu des droits de douane au ciblage de certains secteurs spécifiques, tels que la technologie. Nous pensons toutefois qu’une guerre commerciale totale pourra être évitée. Malgré leur rivalité, les Etats-Unis et la Chine devraient finir par enterrer la hache de guerre, même si cette pacification ne semble pas être pour demain.

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Etats-Unis : plus de 10 ans d’expansion

Aux Etats-Unis, l’expansion économique reste sur les rails. En juillet 2019, les USA auront battu le record de la plus longue période de croissance ininterrompue de leur histoire. Il y a de fortes chances que l’économie américaine poursuive sur le chemin de la croissance au cours des prochains trimestres.

La consommation privée peut s’appuyer sur un taux de chômage très faible (3,6%, soit le niveau le plus bas depuis 50 ans) et une confiance des consommateurs au beau fixe. Les dépenses publiques soutiennent également l’économie.

La banque centrale américaine (la Fed) n’a pas modifié son taux directeur lors de sa réunion de juin 2019. Elle a cependant laissé entendre qu’elle était prête à intervenir si les indicateurs économiques montrent que la croissance ralentit davantage qu’anticipé. La Fed pourrait déjà abaisser les taux d’intérêt cet été et anticiper l’arrêt de la réduction de son bilan.

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Zone euro : ni brillant, ni dramatique

L’économie de la zone euro n’est pas au mieux de sa forme et la croissance enregistrée au 1er trimestre 2019 est probablement appelée à ralentir. Mais la situation n’est pas dramatique pour autant.

L’industrie européenne souffre du ralentissement du commerce mondial, en particulier les pays qui sont dépendants de leurs exportations, comme l’Allemagne et l’Italie. L’économie intérieure tient néanmoins bon. Le secteur des services fait preuve de résilience, tandis que la consommation des ménages est soutenue par le recul du chômage (7,6%, le niveau le plus bas depuis 2008). Enfin, le crédit aux entreprises et aux particuliers reste très bon marché et l’orientation budgétaire est modérément expansionniste.

La zone euro reste toutefois confrontée à de multiples incertitudes politiques. Le budget de l’Italie irrite la Commission européenne. Cette tension ne devrait pas s’apaiser au lendemain de la percée de la Ligue lors des récentes élections européennes, l’un des partis au pouvoir qui est favorable à un assouplissement des règles budgétaires. Lors de ces élections, les populistes ont gagné du terrain dans de nombreux pays, ce qui compliquera clairement la poursuite de l’intégration européenne.

L’UE reste en outre la cible du président Trump, qui menace de lever des taxes douanières sur le secteur automobile. Une telle mesure porterait un rude coup à l’économie de ce côté-ci de l’Atlantique. La décision d’instaurer ou non ces nouvelles taxes a toutefois été reportée à novembre.

La Banque centrale européenne (BCE) est quant à elle dans une impasse. La croissance reste molle et l’inflation est très loin d’atteindre l’objectif d’un peu moins de 2%. Par conséquent, la BCE s’est montrée très accommodante et elle n’exclut plus de renforcer le dispositif de soutien monétaire en place. Ceci pourrait notamment passer par une baisse supplémentaire du taux de dépôt, actuellement fixé à -0,40%, et, à un stade ultérieur, par une réactivation du programme d’achats d’obligations.

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Chaos au Royaume-Uni

Outre-Manche, le chaos le plus complet continue à régner. Theresa May n’a eu d’autre issue que de démissionner suite au énième rejet par le parlement britannique de son accord de retrait négocié avec l’UE. La transition vers un nouveau leadership présente des risques majeurs, notamment parce que le favori pour remplacer Mme May est un partisan notoire du Brexit. Reste à savoir s’il sera possible de constituer un nouveau gouvernement, car le parti conservateur compte aussi de nombreux opposants au Brexit. L’hypothèse d’élections anticipées ne peut dès lors être exclue.

Comme l’échéance du Brexit est fixée au 31 octobre, et que l’idée d’un nouveau report de cette date est loin de susciter l’enthousiasme, le scénario d’un Brexit sans accord a gagné en probabilité. Sans surprise, cette incertitude pèse sur l’économie britannique. Les entreprises continuent à différer leurs investissements et la production automobile a fortement reculé au printemps. Heureusement, la consommation des ménages se maintient à flots, évitant ainsi provisoirement à l’économie d’entrer en récession.

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Les pays émergents sous pression

Les pays émergents composent depuis longtemps un paysage hétérogène. Cette année, bien que la croissance semble se maintenir à un niveau acceptable, le coup de frein au commerce mondial et la menace de droits de douane supplémentaires constituent une évolution défavorable pour de nombreux pays.

  • La Chine a bien commencé l’année. L’économie a certes souffert de la baisse des exportations et des mesures de désendettement, mais elle profite par ailleurs des mesures de soutien prises par son gouvernement. Là où les pouvoirs publics chinois investissaient par le passé massivement dans les infrastructures pour doper l’économie, ils misent désormais sur la demande intérieure pour absorber le choc. En marge des grands travaux d’infrastructure, le secteur privé se voit offrir une bouffée d’oxygène sous la forme d’un allègement des impôts. La guerre commerciale avec les Etats-Unis constitue néanmoins un risque majeur pour le pays.
  • En Inde, l’horizon s’est éclairci. Le Premier ministre Narendra Modi a gagné les élections législatives de manière convaincante. Il est le maître d’œuvre de plusieurs réformes économiques d’importance, telles que l’instauration d’une taxe harmonisée sur les biens et services. Cette réélection devrait lui permettre de poursuivre ses réformes, visant notamment à créer un climat plus attrayant pour les investisseurs étrangers, à baisser l’impôt des sociétés et à améliorer les infrastructures du pays. Autre élément qui joue en faveur de l’Inde : son vaste marché intérieur et une moindre dépendance à l’égard du commerce extérieur.
  • Au Brésil, l’année 2019 devrait à nouveau s’avérer compliquée, avec une croissance inférieure au potentiel de l’économie. Si le gouvernement parvenait à faire approuver ses projets de réformes – en particulier la réforme de la sécurité sociale – par un parlement singulièrement divisé, cela pourrait donner une impulsion positive à la croissance.
  • En Turquie, la situation politique reste extrêmement tendue et les problèmes économiques ne semblent pas trouver de solution. Ces facteurs plombent la confiance des ménages et des entreprises. L’inflation flirte toujours avec les 20%, avec un impact substantiel sur le pouvoir d’achat. Les entreprises ploient sous le poids de leur lourd endettement extérieur, aggravé par la dépréciation de la livre turque. La Turquie devrait donc éprouver beaucoup de peine à éviter la récession en 2019.

Prévisions de croissance 2019 – 2020

Croissance réelle du PIB (en %)

2019 2020
Monde 3,4 3,4
Etats-Unis 2,5 2,0
Zone euro 1,2 1,2
Allemagne 0,9 1,2
Italie 0,2 0,5
Royaume-Uni 1,4 1,5
Japon 0,5 0,6
Chine 6,0 6,0
Inde 7,2 7,5
Brésil 1,5 2,0
Russie 1,5 1,5

Source : Deutsche Bank Wealth Management, juin 2019

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