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En résumé

  • L'impact du conflit commercial sino-américain sur l'économie mondiale reste clairement perceptible mais nous n'anticipons pas de récession en 2020.
  • C'est surtout l'industrie qui pâtit des perturbations des échanges commerciaux. Le secteur des services se porte mieux et bénéficie notamment de la résilience de la consommation privée.
  • L’économie US poursuit son expansion. À l’inverse, la zone euro affiche une croissance bien moins dynamique, même si quelques signes encourageants ont été observés récemment. Dans les pays émergents, la situation est contrastée.
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États-Unis : l’expansion se poursuit

L'économie américaine connaît sa onzième année de croissance consécutive. Les investissements des entreprises ont ralenti, mais la consommation privée reste bien orientée. Cette situation est essentiellement imputable au taux de chômage très bas et à l'augmentation des salaires. La santé financière des ménages américains reste aussi relativement bonne, avec un taux d'épargne plus élevé et des charges d'intérêt plus faibles qu'en 2008. La situation du marché immobilier s'est aussi récemment améliorée. Il est plus que probable que le président Trump ne prendra aucune mesure susceptible de freiner fortement l'économie américaine au cours de l'année électorale 2020.

Le maintien de l'expansion économique est aussi dû en grande partie à la flexibilité de la banque centrale américaine. En 2019, la Réserve fédérale (Fed) a en effet réduit les taux d'intérêt à trois reprises – jusqu'à une fourchette comprise entre 1,50% et 1,75 % – donnant ainsi une bouffée d'oxygène à l'économie. Nous tablons à présent sur une pause, même s'il est évident que la Fed n'hésitera pas à monter à nouveau au créneau si la croissance venait à connaître un ralentissement excessif.

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La zone euro se stabilise à un faible niveau

Dans la zone euro, la croissance est beaucoup moins dynamique qu’aux USA, malgré quelques récentes lueurs d'espoir. Le climat économique est toujours morose, mais est remonté en novembre. Éminemment tributaire de son industrie et de ses exportations, c'est l'Allemagne qui souffre le plus du conflit commercial. Elle est toutefois parvenue à éviter une récession au 3e trimestre. En comparaison, la situation est plus favorable dans des pays tels que la France et l'Espagne. Le fait que les États-Unis n'envisagent plus, pour l'instant, d'augmenter les droits de douane sur le secteur automobile européen est également positif.

Sur le plan politique, le triomphe de Boris Johnson a ôté une incertitude majeure et devrait aboutir à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne avant la date-butoir du 31 janvier 2020. Il n'est cependant pas certain que la période de transition de 11 mois suffira pour sceller un accord sur les relations futures entre les deux parties.

Nous pensons que la zone euro connaîtra une croissance modérée, soutenue par la demande intérieure, la diminution du taux de chômage et la légère augmentation des dépenses budgétaires. Même si la croissance ne dépassera pas 1%, son recul semble à tout le moins enrayé.

La récente entrée en fonction de Christine Lagarde en tant que présidente de la Banque centrale européenne (BCE) s'accompagnera d'un nouveau style de gouvernance et de communication, mais devrait entraîner peu de changements fondamentaux. L’inflation reste bien inférieure à l’objectif d'un peu moins de 2%. Cela signifie donc que les taux d'intérêt très bas et les achats d'obligations resteront de mise pendant longtemps. Reste à savoir si l'appel de la BCE encourageant certains États membres à intensifier les mesures de relance budgétaire trouvera un écho favorable. Pour l'heure, il n'a pas vraiment suscité l'enthousiasme.

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Le Japon continue à stagner

Au Japon, la croissance et l'inflation demeurent obstinément basses. L'augmentation de la TVA de 8 à 10 % en octobre menace de peser encore davantage sur la croissance économique. Les ménages japonais vont probablement limiter leurs dépenses de consommation – qui représentent 55 % du produit intérieur brut (PIB)– et ce malgré certaines mesures compensatoires du gouvernement pour soutenir le pouvoir d'achat.

Les exportations sont également dans l'impasse depuis un an. Cette situation résulte non seulement du recul mondial du commerce, mais aussi du boycott des produits japonais par la Corée du Sud. L'économie japonaise se prépare donc à connaître en 2020 sa croissance la plus faible depuis 2014. Les mesures d'encouragement récemment annoncées – plan de soutien public de plus de 100 milliards d'euros – et l'impact positif attendu des Jeux olympiques de Tokyo ne devraient pas y changer grand-chose.

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Pays émergents : une situation contrastée

Tous les pays émergents sont affectés par le protectionnisme américain et le ralentissement de la croissance mondiale. Récemment, Donald Trump a encore décidé de taxer les importations d'aluminium et d'acier en provenance du Brésil et d'Argentine afin de sanctionner ces pays pour leur prétendue manipulation des taux de change.

De nombreux pays émergents ont pris des initiatives pour contrer l’essoufflement de la conjuncture, par exemple via des baisses de taux d'intérêt ou des mesures de soutien fiscales. Nous pensons dès lors que la croissance y augmentera légèrement, de 4,2 % en 2019 à 4,4 % en 2020. Le conflit commercial demeure néanmoins la grande incertitude.

  • En Chine , la croissance économique est à son plus bas niveau depuis le début des années ´90. Les indicateurs de confiance y signalent néanmoins une stabilisation de l'activité économique. L'économie profite des mesures de relance prises par les autorités. Nous continuons à tabler sur un ralentissement progressif et contrôlé de la croissance en Chine, même si beaucoup dépendra de la capacité à forger un accord commercial avec les États-Unis.
  • En Inde l'économie a également perdu une grande partie de son éclat. La croissance au 3e trimestre y a atteint un niveau plancher depuis 2013. Mais, tout comme en Chine, les autorités ne sont pas restées les bras croisés. D'une part, la banque centrale indienne a abaissé drastiquement les taux d'intérêt. D'autre part, le gouvernement Modi a aussi pris diverses mesures pour stimuler la croissance, comme la forte baisse du taux d'impôt des sociétés et l’assouplissement des règles relatives aux investissements étrangers. Dans ce contexte, nous pensons que la croissance reprendra sa progression, pour atteindre 7 % en 2020.
  • Ces derniers mois, l'Amérique latine a surtout défrayé la chronique par la recrudescence de ses troubles politiques et sociaux. Jusqu'à présent, le Brésil a été épargné. L’accélération de la croissance au 3e trimestre, sous l’impulsion de la consommation des ménages, est tombée à point nommé pour le gouvernement. Et pour cause : il venait enfin d'obtenir l'approbation de la réforme des retraites. D'autres réformes majeures sont encore au menu. La banque centrale brésilienne a baissé à son tour les taux d'intérêt à un plancher historique de 4,50%, ce qui devrait avoir pour effet de soutenir la reprise. Après trois années de vaches maigres, nous anticipons pour le Brésil une croissance de 1,7% en 2020, ce qui devrait permettre à ce pays d’enfin réduire son important taux de chômage.

Prévisions de croissance 2019 et 2020 (PIB réel, en %)

2019 2020
Monde 3,1 3,1
États-Unis 2,2 1,6
Zone euro 1,1 0,9
Allemagne 0,6 0,8
Italie 0,1 0,4
Royaume-Uni 1,2 1,3
Japon 0,8 0,2
Chine 6,2 5,8
Inde 6,0 7,0
Brésil 0,8 1,7
Russie 1,2 1,5

Source: Deutsche Bank Wealth Management, décembre 2019

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