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En résumé

  • Les marchés financiers accusent fortement le coup en cette fin d’année 2018.
  • Nous n’anticipons pas de récession aux Etats-Unis ou au niveau mondial en 2019.
  • La réaction des marchés semble excessive mais il faut rester attentif à ce que les perceptions ne deviennent pas réalité.

L’année financière 2018 devrait se terminer sur une note chaotique. Aux Etats-Unis, les chutes de cours récentes ont fait passer le Dow Jones et le S&P 500 en territoire négatif depuis le début de l'année, avec des replis respectifs de -7% et -7,5%. Les actions européennes ont encore fait pire, le Stoxx Europe 600 perdant -13,5% depuis le début de l'année. Les marchés émergents n’ont pas davantage été épargnés avec, par exemple en Asie, une chute de 23,9% de l’indice chinois CSI depuis le 1er janvier.

La volatilité en hausse, élément central en 2018

Nous avions averti au début de cette année qu’il fallait s’attendre à des niveaux de volatilité plus élevés dans un tel contexte de fin de cycle , et nous avions suggéré de reconfigurer les portefeuilles pour s’y préparer : comme nous l’avions formulé “Un investisseur averti en vaut deux”. Nous pensions que, malgré la volatilité et les inquiétudes politiques persistantes, la croissance mondiale prendrait le dessus : selon nos termes, «La croissance l’emporte sur les risques géopolitiques». Ce fut clairement le cas pendant la majeure partie de l’année et, même actuellement, la dynamique économique est forte aux États-Unis et ailleurs, suffisamment pour provoquer la hausse de taux de la Réserve fédérale (Fed) cette semaine. Mais, en dépit de cela, l’histoire d’investissement est-elle en train de changer fondamentalement ?

Des marchés plutôt influencés par les risques que par les fondamentaux

Les marchés financiers sont toujours mûs par les attentes concernant l'avenir. Et, pour l’instant, les marchés choisissent manifestement de se concentrer sur des problèmes géopolitiques apparemment insolubles - le plus important étant le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi les risques politiques en Europe et ailleurs. Toute évaluation de ce genre de problèmes peut souvent être affectée par des informations temporaires ou des espoirs non fondés quant à l'orientation future, ce qui signifie que les points de vue peuvent changer rapidement, avec pour conséquence de déstabiliser les marchés.

Les marchés sont-ils en train de succomber à la morosité en intégrant dans les cours une future récession? On peut considérer à la fois les actions et le prix du pétrole. Pour ce qui est des actions, les récentes baisses de cours, comparées aux bénéfices actuels, ont entraîné une baisse des ratios cours / bénéfices selon une ampleur (S&P 500 : moins 17% depuis le début de l'année) généralement observée uniquement autour des récessions (baisse médiane de 25%). Sur le marché pétrolier, les révisions à la baisse modérées des prévisions de demande mondiale de pétrole ont été suffisantes pour faire chuter lourdement les prix, les investisseurs envisageant une situation d’excédent durable de l’offre de pétrole.

Nous n’anticipons pas de récession

Nous n’anticipons toujours pas de récession aux Etats-Unis ou au niveau mondial en 2019. En ce qui concerne les données macroéconomiques récentes, la croissance américaine reste convaincante. Nous n’observons aucun des indicateurs classiques d’une récession imminente, comme une augmentation des licenciements. Le revenu total du travail - un bon prédicteur des dépenses de consommation - continue de croître autour de 5% par an. La croissance du PIB est nettement moins vigoureuse dans les autres marchés développés , mais les indices des directeurs d’achats (indices PMI) de la plupart des économies restent au-dessus du seuil des 50 points. Des marchés de l’emploi tendus et des taux de chômage bas soutiennent également la croissance de la consommation privée, même dans les pays où la croissance du PIB est faible.

Une situation à suivre de très près pour les investisseurs…

Ceci étant, la volatilité de marché, si elle se maintient à des niveaux élevés, peut limiter la croissance en décourageant les décisions d'investissement ou de consommation, mais elle ne semble pas susceptible de faire basculer la croissance dans le rouge. Dans un tel environnement, il est cependant essentiel de suivre cette évolution. En particulier, la révision à la baisse de la croissance des bénéfices pour 2019 de l’indice MSCI AC World s'est accélérée à -0,9 point de pourcentage en novembre, par rapport à -0,1 point de pourcentage en octobre. Nous nous attendons à ce que la croissance bénéficiaire reste solide, mais elle devrait être inférieure aux niveaux récents. C’est l’une des raisons du choix du titre “Au-delà du point culminant” pour notre publication “Outlook 2019” à paraître prochainement.

Rester vigilants en attendant d’être rassurés ?

En résumé, les mouvements de marché à la fin de 2018 ont peut-être représenté un réajustement à une nouvelle réalité perçue, mais de telles perceptions peuvent s’avérer excessivement pessimistes. Nous devons être vigilants que ces perceptions ne se métamorphosent pas en réalité. Pour observer une stabilisation des marchés 2019, nous aurons besoin de preuves que les données macroéconomiques et les bénéfices évoluent globalement conformément à nos attentes. Nous scruterons également des indications supplémentaires sur les intentions des décideurs politiques et des banques centrales afin de juger s’ils sont disposés à ajuster leur politique pour soutenir la croissance si nécessaire. Il s’agit là de conditions importantes à remplir, mais nous nous attendons à être rassurés sur les deux plans.

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