En résumé

  • La Banque centrale européenne (BCE) a laissé son taux directeur inchangé, mais a laissé entrevoir une baisse des taux d'intérêt en septembre et une relance du programme d'achat d'actifs plus tard cette année.
  • La BCE a déclaré que son objectif d'inflation était symétrique. Si l'on considère la cible de 2% comme une moyenne plutôt que comme un plafond, on peut conclure que les stimuli monétaires seront accrus et étendus dans le temps.
  • Une politique monétaire plus accommodante va intensifier la chasse au rendement pour les titres à revenu fixe. Nous privilégions le segment dit « cross-over », à la frontière entre les titres ‘Investment Grade’ et ‘High Yield’.
  • Sur le plan tactique, nous recommandons toujours la prudence envers les actions européennes, car l'environnement macroéconomique et politique reste difficile.

1. Le fil des événements

Comme prévu, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés hier. Toutefois, la déclaration officielle et la conférence de presse sont venues rappeler les préoccupations de la banque centrale au sujet du faible niveau de l’inflation. De plus, selon Mario Draghi, les perspectives économiques se sont encore détériorées, surtout dans le secteur industriel. Les trois messages principaux de la réunion sont les suivants :

2. Comment les marchés ont-ils réagi ?

L’allusion à une relance du programme d'achat d'actifs dans la déclaration de la BCE a porté les rendements des emprunts d’Etat à un nouveau plancher. Le taux à 10 ans du Bund allemand est tombé à -0,42% et le taux à 10 ans en France à -0,18%. L'Eurostoxx 50 a progressé de 1%, tandis que la réaction hors zone euro a été plus modérée. L'euro a initialement perdu environ 0,3% de sa valeur par rapport au dollar.

Toutefois, les rendements obligataires et l'euro se sont redressés et ont limité les pertes antérieures lors de la conférence de presse de Mario Draghi. Inversement, les gains des marchés d’actions se sont réduits lors de la conférence de presse, Mario Draghi ayant évité une communication « dovish »1 supplémentaire.

3. Quel impact pour les investisseurs ?

1. La BCE reste préoccupée par la détérioration de la situation macroéconomique, les tensions inflationnistes modérées et la baisse des anticipations d'inflation. Compte tenu des perspectives macroéconomiques plutôt sombres et de l'incertitude politique, il n'est pas surprenant que la BCE envisage de nouvelles mesures de relance monétaire. Toutefois, leur impact sur la croissance et l'inflation est discutable. Les entreprises de la zone euro hésitent à investir, principalement en raison des perspectives politiques et économiques incertaines, et non en raison des coûts de financement élevés. Cela dit, nous ne croyons pas qu'un assouplissement plus marqué de la politique monétaire entraînera une hausse significative de la croissance ou de l'inflation.

2. Les conséquences sur les marchés financiers sont plus sensibles. De nombreuses obligations d'État de la zone euro présentent déjà des rendements négatifs, et une politique plus souple de la banque centrale intensifiera encore la recherche de rendements dans le segment obligataire. Dans un tel environnement, les obligations d'entreprises européennes offrent un portage attrayant (de l’anglais « carry », qui signifie le rendement ou le coût de conserver un actif financier).

3. En ce qui concerne les titres ‘Investment Grade’ libellés en euros, nous avons une préférence pour les obligations émises par des institutions financières, plutôt que celles d’autres secteurs. Pour les obligations non financières, nous augmenterions la pondération des sociétés éligibles au programme de rachat de la BCE. Dans le segment légèrement plus risqué, nous privilégions les obligations qui se situent à la limite entre les obligations de première qualité et les obligations à haut rendement (notations S&P BBB- / BB+).

4. Les marchés financiers resteront sensibles à une volatilité accrue, malgré les anticipations de nouveaux stimuli monétaires. Les marchés boursiers ne semblent pas faire montre de beaucoup d’inquiétudes, mais en ce qui nous concerne, sur le plan tactique nous restons prudents à l'égard des actions européennes, étant donné l'environnement macroéconomique et politique toujours difficile.

5. En ce qui concerne les marchés des changes, nous estimons que le potentiel de baisse de l'euro reste limité. La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait assouplir sa politique monétaire dans le courant du mois et l'écart de rendement entre l'euro et le dollar se réduira. Nous pensons donc que le taux de change EUR/USD continuera d'évoluer au sein d'une fourchette similaire.

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1 Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signifie qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.