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En résumé

  • Les obligations vertes permettent aux entreprises et aux pouvoirs publics de lever de l’argent pour financer de tels projets. Pour les investisseurs, c’est l’opportunité de donner un sens à leurs placements.
  • Le marché des obligations vertes est en forte croissance. Plusieurs « green bonds » ont déjà été émis en Belgique.
  • Financer des projets verts est aussi possible via un investissement dans un fonds d’investissement ou en plaçant de l’argent dans des produits structurés.

La lutte contre le réchauffement climatique est un défi énorme. En ce moment, le monde politique éprouve des difficultés à y apporter les réponses adéquates1. Cela n’empêche pas des initiatives du secteur privé ou de collectivités publiques pour agir sans attendre en faveur de la préservation de l’environnement.

Ces dernières années, de nombreux projets ont vu le jour dans le secteur des énergies renouvelables, dans le domaine de la lutte contre la pollution ou encore en matière d’agriculture durable et de biodiversité. Or, d’une part, ces nombreuses actions destinées à préserver la planète ont besoin de financements. D’autre part, les particuliers, qui commencent eux aussi à changer leurs comportements - que ce soit en matière de mobilité ou de consommation - sont de plus en plus nombreux à souhaiter que leur argent contribue lui aussi à une planète plus durable. C’est là qu’interviennent les investissements « verts », des produits financiers grâce auxquels l’offre de moyens financiers provenant d’investisseurs soucieux de l’environnement rencontre la demande de capitaux provenant des porteurs de projets respectueux de l’écologie.

Ces investissements durables ont le vent en poupe. Au préalable, il faut avoir à l’esprit trois principales catégories de placements qui interviennent dans ce domaine :

  • les obligations vertes ou « green bonds »,
  • les fonds durables,
  • les produits structurés verts.

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Les green bonds (ou obligations vertes)

Actuellement, les green bonds, obligations destinées au financement de projets contribuant à une planète plus durable, sont de plus en plus populaires car elles permettent d’atteindre un impact environnemental positif. Les émetteurs de ces obligations s’engagent à respecter les lignes directrices édictées par l’ICMA, l’Association internationale des marchés de capitaux, comme l’affectation des montants récoltés exclusivement à des projets verts bien identifiés ou encore la publication de rapports détaillés sur l’utilisation des fonds collectés. Concernant le rendement financier, le coupon des green bonds consiste en un intérêt annualisé. Compte tenu du contexte actuel de taux d’intérêt très bas sur les marchés, le rendement potentiel sera donc généralement faible. Mais les green bonds permettent à l’investisseur de financer directement des projets verts bien identifiés.

Forte demande

C’est ce qui explique pourquoi la demande des investisseurs pour les « green bonds » est forte. Au cours des trois premiers trimestres de 2018, des obligations vertes d’un montant total de plus de 108 milliards de dollars ont été émises dans le monde2. L’agence Moody’s prévoit que les émissions de ces obligations climatiques pourraient atteindre 200 milliards de dollars cette année3. L’encours actuel de l’ensemble des obligations vertes dans le monde est estimé à 350 milliards d’euros, dont 130 milliards (34%) provenant d’émetteurs européens4.

Emetteurs publics et privés

Depuis quelques années, des entreprises et des pouvoirs publics émettent régulièrement des green bonds pour financer des projets « verts » spécifiques. L’an dernier, l’État belge a émis sa première obligation verte5 qui a permis de lever 4,5 milliards d’euros destinés à financer des initiatives en faveur de l’environnement et des énergies propres. Le gouvernement a affecté ce montant au financement de la SNCB et d’Infrabel, à des subsides pour des fermes d’éoliennes offshore ou encore à des projets verts de la coopération au développement. L’obligation verte de l’État belge a été à nouveau proposée aux investisseurs en mars dernier, ce qui a permis de récolter 1,3 milliard d’euros supplémentaires.

La Région wallonne a aussi émis récemment une obligation verte, pour un montant d’un milliard d’euros, qui servira à financer des primes énergétiques ou encore des gares multimodales6. On trouve aussi des émissions de green bonds dans le monde de l’entreprise, notamment dans le secteur énergétique et celui de la gestion des déchets. Par exemple, le groupe Engie a émis cette année une obligation verte pour financer sa production d’énergie renouvelable7. De son côté, Renewi (ex-Shanks), spécialisé dans la gestion des déchets, a été un des premiers groupes à réaliser un emprunt vert en Belgique pour financer ses activités de recyclage8.

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Les fonds durables

De leur côté, les fonds durables, et en particulier ceux qui adoptent une thématique environnementale, sont également en forte croissance. D’après les statistiques de la Beama (l’Association belge des gestionnaires de fonds), l’actif net des fonds socialement responsables et durables a bondi de plus de 70% en Belgique l’an dernier pour dépasser 19 milliards d’euros, ce qui leur confère une part de marché de plus de 10% de l’ensemble du marché belge des fonds, une situation inédite9.

Les fonds ‘ESG’ ont le vent en poupe

Parmi ces fonds durables, plusieurs permettent aux particuliers d’investir dans des thématiques environnementales, comme la gestion durable des déchets, l’agriculture raisonnée, l’efficacité énergétique ou encore les énergies renouvelables. L’argent collecté par ces fonds permet de financer indirectement des projets très concrets, comme l’installation de centrales photovoltaïques ou solaires, la création de parcs d’éoliennes et leur raccordement, la production d’énergie hydraulique ou encore la génération d’énergie à partir de la biomasse, c’est-à-dire les matières organiques valorisées.

Mais généralement, les fonds durables investissent dans des entreprises en appliquant des critères d’exclusion et/ou des approches permettant de sélectionner les meilleures sociétés en matière environnementale, sociétale et de gouvernance (que l’on regroupe sous l’acronyme ‘ESG’). Cela permet de viser de meilleurs rendements potentiels qu’avec les obligations vertes. L’inconvénient ? L’investisseur ne finance pas directement un projet vert bien identifié, comme c’est le cas avec les green bonds.

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Les produits structurés verts

Il existe une troisième voie pour obtenir le meilleur des deux mondes, à savoir, d’une part, le rendement que les fonds permettent d’aller chercher sur les marchés et, d’autre part, l’affectation des montants investis à des projets verts clairement identifiés, comme le permettent les green bonds : il s’agit, pour les investisseurs particuliers désireux de donner un sens à leurs placements, d’opter pour des produits structurés, qui permettent de moduler le rendement espéré de l’investissement.

Projets bien définis et objectif de rendement plus élevé

Ces produits structurés permettent d’orienter les montants investis vers des projets verts bien définis tout en prévoyant, dans la structure du placement (d’où son nom de « structuré »), des actifs sous-jacents qui permettront d’optimiser le rendement en jouant sur la maturité (la durée) de l’investissement, le choix de la devise ou encore les différentes classes d’actifs (actions, obligations, etc.).

Cette diversification aura toujours pour objectif de dégager un rendement plus élevé que celui qu’on obtiendrait via une obligation verte. En tout état de cause, ces produits structurés verts offrent la possibilité de participer directement au financement de projets qui auront un impact concret en vue d’un monde davantage en harmonie avec l’environnement.

Cette thématique vous intéresse ?

Si votre profil d’investisseur le permet, optez pour une solution sous la forme d’un produit structuré10.

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Articles liés

1 Source : https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/la-belgique-tres-en-deca-de-ses-ambitions-climatiques-2030/10137327.html.

2 Source : https://www.climatebonds.net/resources/reports/green-bonds-market-summary-q3-2018.

3 Source : https://www.moodys.com/research/Moodys-Green-bond-market-poised-to-hit-200-billion-in--PBC_1159526.

4 Source: https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/business_economy_euro/banking_and_finance/documents/190306-sustainable-finance-teg-interim-report-green-bond-standard_en_0.pdf (page 10).

5 Source : https://www.debtagency.be/fr/olo-verte.

6 Source : https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/wallonie/le-premier-green-bond-wallon-a-permis-de-recolter-1-milliard-d-euros/10123285.html.

7 Source : https://www.oblis.be/fr/news/2019/01/18/nouvelle-perpetuelle-subordonnee-verte-engie-coupon-325-jusquen-2025-sous-pair.

8 Source : https://www.lecho.be/connect/vista/shanks/Pour-une-entreprise-centree-sur-la-durabilite-une-obligation-verte-est-une-reelle-valeur-ajoutee/9840976.

9 Source : https://www.beama.be/fr/statistieken-fr/dmvi-fr.

10 Les instruments financiers structurés, également connus sous la dénomination de Structured Notes, existent sous la forme des « titres de dette structurés » ou d’ « instruments dérivés ». Un instrument financier structuré est un instrument financier d'une durée déterminée, généralement émis par des institutions financières, qui offre un rendement associé à un ou plusieurs actifs sous-jacents (par exemple un taux d'intérêt ou un indice boursier) via des coupons fixes ou variables payés en cours de vie ou à l'échéance du titre. Dans le cas de titres de dette structurés, l'émetteur s'engage à rembourser à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais) à l'échéance (sauf en cas de faillite ou risque de faillite de l'émetteur). Par contre, dans le cas d'un « instrument dérivé », l'émetteur d'un Structured Note ne s'engage pas à rembourser à l’échéance à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais).