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Deutsche Bank

En résumé

  • La courbe des taux américaine s'est temporairement inversée, le taux des bons du Trésor US à 10 ans tombant sous le taux des bons du Trésor US à 2 ans.
  • Les marchés d’actions mondiaux continuent leur évolution chaotique, tandis que les taux obligataires accentuent leur baisse en raison de l’exacerbation des craintes de récession aux États-Unis.
  • Nous anticipons une volatilité accrue sur les marchés financiers à mesure que les investisseurs intègrent un ralentissement économique supplémentaire dans les cours.

1. Le fil des événements

Peu après la confirmation d’une contraction de l'économie allemande au 2e trimestre 2019, la courbe des taux est brièvement devenue négative aux Etats-Unis, le taux des bons du Trésor US à 10 ans passant sous le niveau du taux des bons du Trésor US à 2 ans pour la première fois depuis juin 2007.

Comme la courbe des taux américaine s'est inversée avant chaque récession survenue depuis l’après-guerre (avec une seule fausse alerte au milieu des années 1960), il est tout à fait compréhensible que les investisseurs aient été ébranlés par ce signal inquiétant. En effet, beaucoup d’investisseurs associent très souvent une inversion de la courbe des taux US avec une récession imminente et le déclenchement d’un marché boursier baissier (« bear market »).

Bien qu’il ne faille pas sous-estimer la capacité de la courbe des taux US à prédire une récession, les investisseurs pourraient toutefois être surpris d'apprendre que l'économie et les marchés boursiers ont probablement encore un peu de marge avant d’en arriver là.

De fait, l’histoire nous enseigne qu’il faut environ 22 mois en moyenne après une inversion de la courbe des taux US (c’est-à-dire lorsque le taux à 10 ans devient inférieur au taux à 2 ans) pour que l'économie américaine entre en récession. En outre, il faut presque 18 mois en moyenne pour que le marché d’actions commence à devenir négatif. En fait, la performance moyenne de l’indice S&P 500 est demeurée positive et proche de 10% après ce signal d'inversion jusqu'au début d'une récession.

2. Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?

L’inversion de la courbe des taux US a mis les nerfs des investisseurs à rude épreuve.

  • Les marchés d’actions ont piqué du nez, l’indice S&P 500 subissant mi-août sa 2e plus forte baisse journalière de l’année. Les principales places financières ont depuis lors rebondi à la faveur de chiffres de ventes au détail américains encourageants et de l’espoir de mise en œuvre de mesures de stimulus monétaire et budgétaire mais le bilan mensuel reste négatif.
  • Le regain d’aversion au risque a largement fait le jeu des marchés obligataires. Aux Etats-Unis, l’un des faits marquants est le nouveau plancher historique atteint par le taux du bon du Trésor à 30 ans, à moins de 2%. En zone euro, le taux du Bund allemand à 10 ans a lui repoussé les limites de l’extrême en passant pour la première fois sous les -0,70% (!) entraînant les taux des autres emprunts d’Etat dans son sillage.
  • Justifiant son statut de valeur refuge, l’or a également profité de l’agitation sur les marchés pour grimper à un niveau inédit depuis 2013. Enfin, sur le marché des changes, le dollar US est resté ferme par rapport à l’euro, se rapprochant même de ses meilleurs niveaux de l’année.

3. Quels enseignements les investisseurs peuvent-ils en tirer ?

En réalité, la question directe « Une récession se profile-t-elle à l'horizon ? » pourrait être trop simpliste. Il ne faut pas uniquement tenir compte du niveau des taux d'intérêt ou des primes de terme sur le marché obligataire, mais aussi du niveau du PIB ainsi que d'autres indicateurs économiques clés pour faire une évaluation complète de la situation.

Le consommateur américain continue de faire preuve de résilience – cf. ventes au détail de juillet - face à la baisse de l’activité manufacturière et des investissements des entreprises. En outre, bien que les indicateurs économiques avancés aient commencé à plafonner, une détérioration supplémentaire dans des domaines comme les nouvelles commandes à l’industrie, les demandes d'allocations de chômage ou les permis de bâtir doit encore se concrétiser. Enfin, l'évolution inquiétante de la courbe des taux US a donné plus de crédit à la diminution préventive des taux d'intérêt opérée par la Fed fin juillet.

Notre scénario de base reste que nous ne voyons toujours pas la matérialisation d’une récession aux USA. Ceci étant, une courbe des taux négative ne doit pas être ignorée car, si une telle configuration persiste, elle risque d’avoir un impact négatif sur la psychologie des investisseurs.

Nous devons probablement nous attendre à une volatilité élevée sur les marchés financiers au vu des tensions commerciales persistantes entre les États-Unis et la Chine, d’une économie mondiale qui continue de montrer plus de fissures dans son armure et de l’incertitude liée aux prochaines mesures que la Fed pourrait prendre.

Dans ce contexte, il reste recommandé d’aborder les marchés avec prudence, de réévaluer les risques et de revoir la composition des portefeuilles d’investissement. Outre un positionnement plus défensif, les investisseurs doivent également rester attentifs aux besoins de liquidités à court terme ainsi qu’à leurs horizons d’investissement respectifs pour leurs portefeuilles.

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