En résumé

  • Comme prévu, la Réserve fédérale (Fed) a abaissé son taux de référence de 25 points de base. C’est la première baisse de taux de la Fed depuis 2008.
  • La banque centrale a raccourci de 2 mois l’échéance de la réduction de son bilan et a abaissé deux autres taux directeurs importants de 25 points de base.
  • La courbe des taux des obligations d’Etat américaines s'aplatit, le dollar américain remonte et les actions américaines sont en baisse.
  • Nous nous attendons à ce que la Fed reste prête pour un nouvel assouplissement monétaire. Nous prévoyons une nouvelle baisse des taux « préventive » de 25 points de base d'ici juin 2020.

1. Que s’est-il passé ?

Le Federal Open Market Committee (FOMC) du 31 juillet a réduit de 25 points de base les seuils supérieur et inférieur de son taux directeur, en invoquant l'évolution récente de la situation économique mondiale et la diminution des pressions inflationnistes. 2 représentants de la Fed sur 10 n'étaient pas d'accord parce que leurs préoccupations en matière de stabilité financière justifiaient selon eux une position plus « hawkish » (voir encadré ci-dessous).

La Fed a également annoncé la fin de la réduction de son bilan, dont les actifs totaux sont déjà passés de 4.500 milliards de dollars à environ 3.800 milliards. La décision de mettre fin à cette réduction de bilan intervient deux mois plus tôt que prévu et doit être considérée comme une initiative plus "dovish" (voir encadré ci-dessous).

De plus, la banque centrale a abaissé de 25 points de base deux autres taux directeurs importants, fixant le taux d'intérêt sur les réserves excédentaires à 2,1% (au lieu de 2,35%) et le taux d'actualisation à 2,75% (au lieu de 3%).

Dans sa déclaration officielle, la Fed se donne une certaine liberté : d’un côté elle ne garantit pas une nouvelle baisse des taux d'intérêt, de l’autre elle expose une série de préoccupations qui seront scrutées pour déterminer la politique monétaire future. Enfin, le langage économique est resté largement inchangé, la Fed décrivant des gains d'emplois "solides", un marché du travail "fort", une croissance "modérée" de la production et des investissements "faibles" des entreprises.

2. Comment les marchés ont-ils réagi ?

Le premier réflexe des investisseurs a été de vendre des bons du Trésor à court terme et d'acheter des dollars. Le rendement des bons du Trésor à 2 ans est passé de 1,81% à 1,96% (inversant tous les gains du matin du 31/7) et l'indice Bloomberg dollar a atteint un plus haut sur les 2 derniers mois. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a également grimpé à 2,07%, avant de retomber à 2,01%, aplatissant ainsi encore un peu plus la courbe des taux. L'indice S&P 500 est initialement resté inchangé : les investisseurs avaient déjà largement anticipé la baisse de taux dans les cours.

Le président Powell a décrit cette baisse de taux comme un ajustement au milieu du cycle lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion. Cette déclaration a refroidi les investisseurs, qui espéraient que cette première diminution de taux marquerait le début d'un cycle baissier au niveau des taux d'intérêt. Conséquence : l'indice S&P était en baisse de 1,5% au soir de l’annonce. L'or a également baissé de plus de 1,2%, à 1.413 USD l'once.

3. Qu'est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?

Cette décision des responsables de la politique monétaire s'inscrit dans notre vision actuelle selon laquelle la Fed "continuera d'agir de manière appropriée pour soutenir la croissance". Si la situation économique actuelle aux USA n'est pas suffisamment périlleuse pour justifier une baisse plus importante des taux d'intérêt (c'est-à-dire un marché du travail robuste, de fortes dépenses de consommation et une croissance modérée), des incertitudes croissantes telles que le ralentissement de l'économie mondiale, la politique commerciale future et une inflation obstinément faible justifient une nouvelle détente monétaire, dans un cadre plus préventif.

Notre scénario de base est que la Fed finira par procéder à encore une baisse de taux d'ici juin 2020. Nous voyons la décision du 31 juillet comme quelque chose qui se situe entre "une action ponctuelle" et "le début d'un cycle d'assouplissement". Notre prévision pour le taux américain à 10 ans est toujours à 2% sur un horizon de 12 mois.

Dans ce contexte de baisse des taux d'intérêt et d'augmentation constante du nombre d'obligations à rendement négatif dans le monde, nous continuons à croire que les investisseurs continueront leur "chasse au rendement". Les investisseurs devraient donc envisager d'ajouter des obligations des marchés émergents en USD à leur portefeuille bien diversifié, ainsi que des obligations de sociétés soigneusement sélectionnées.

Politique monétaire : plutôt « faucon » ou « colombe » ?

Les termes « hawkish » et « dovish » sont généralement utilisés pour décrire l’orientation de la politique monétaire d’une banque centrale.

Faisant référence au faucon, le terme « hawkish » indique qu’une banque centrale est plutôt encline à relever ses taux d’intérêt, par exemple pour assurer la stabilité des prix.

Faisant référence à la colombe, le terme « dovish » signale pour sa part qu’une banque centrale est plutôt encline à abaisser ses taux d’intérêt – ou qu’elle n’est pas pressée de les relever rapidement – pour stimuler la croissance économique.

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