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En résumé

  • Après le pire décembre de son histoire, le Bel 20 s'est offert son meilleur mois de janvier en plus de vingt ans.
  • La progression des bénéfices est au rendez-vous. Les analystes voient encore un potentiel de croissance pour les actions de l'indice belge.
  • La valorisation du Bel 20 est la plus faible depuis 2010. Sa composition pourrait évoluer.

L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles respire la forme. En bondissant de 10,78% depuis le 1er janvier 2019 (chiffres au 18 février 2019), le Bel 20 a signé un début d’année tonitruant. Sa performance en janvier fut même la meilleure pour ce mois depuis 1997 (source : Bloomberg). Cet envol de l'indicateur phare du marché d'actions bruxellois a plusieurs causes.

Premièrement, les investisseurs ont jugé les actions belges bon marché. Elles avaient sans doute été exagérément subi la correction de fin 2018, où le Bel 20 avait plongé de 7% en un mois, enregistrant ainsi le pire décembre de son histoire. Cette forte correction, observée sur toutes les places boursières à l'échelle internationale, était due à des craintes pour la poursuite de la croissance économique mondiale.

Mais – et c'est la deuxième raison du rebond de l'indice belge – les investisseurs ont ensuite reçu des messages rassurants des plus grandes banques centrales de la planète. Que ce soit la Réserve fédérale aux États-Unis, la Banque centrale européenne en zone euro ou encore la Banque populaire de Chine, toutes ont fait savoir qu'elles étaient prêtes à se montrer « plus accommodantes » pour soutenir l'économie.

Bénéfices attendus en hausse

Troisièmement, la saison des résultats annuels montre que les entreprises belges présentes dans le Bel 20 sont parvenues à engranger des bénéfices en hausse. Certes, les perspectives ont été réduites depuis la fin de l'année dernière mais la croissance devrait encore être au rendez-vous en 2019, avec une prévision de croissance bénéficiaire de 7,6% (source : consensus I/B/E/S, Datastream à fin janvier 2019).

Cette année pourrait même être celle du Bel 20. Dans les premières semaines, l'indice belge progressait déjà davantage que les grands indices paneuropéens comme l’Euro Stoxx 50 ou le Stoxx Europe 600. La majorité des actions reprises dans le baromètre du marché belge sont en hausse en 2019.

L’indice Bel 20 a l’avantage d’être équilibré. On y trouve des actions « cycliques », c’est-à-dire sensibles aux cycles économiques, comme celles du spécialiste des métaux Umicore, du sidérurgiste Aperam et du chimiste Solvay, mais aussi des valeurs considérées comme plus défensives, telles que la société immobilière réglementée (SIR) Cofinimmo ou encore le groupe de télécoms Proximus. De la sorte, en cas de conjoncture favorable, les valeurs cycliques tirent l’indice belge vers le haut et si au contraire la situation économique se dégrade, les titres défensifs peuvent constituer un bon amortisseur.

Au point de vue sectoriel, c’est le secteur bancaire qui domine : ING et KBC représentent ensemble un peu plus de 20% de l’indice belge, d’après les statistiques d’Euronext Bruxelles, arrêtées à la fin de 2018. Vient ensuite le secteur des services aux collectivités, accaparé par l’action Engie qui pèse à elle seule plus de 13% du Bel 20. Les soins de santé, avec la pharmaceutique UCB mais aussi les biotechs Argenx et Galapagos, sont également bien représentés avec un poids d’environ 13%. Le secteur de la chimie, où l’on range Solvay mais aussi Umicore, pèse plus de 12%.

Les holdings s’apparentent aussi à des valeurs sûres de l’indice belge. Ackermans & van Haaren, GBL et Sofina valent ensemble plus de 10% du Bel 20. Le compartiment de l’alimentation et des boissons occupe aussi une belle place grâce au géant brassicole AB InBev qui représente à lui seul environ 9% de l’indice vedette du marché belge. L’assurance, avec pour seul représentant Ageas, complète la liste des secteurs dominants du Bel 20 avec un poids de 6,5%. En résumé, un indice boursier présente en règle générale une bonne diversification. C’est particulièrement le cas pour l’indice belge : la nature diversifiée de sa composition lui permet de réduire potentiellement l’impact d’une éventuelle mauvaise période boursière d’un de ses composants ou d’un secteur individuel.

Il faut toutefois garder à l’esprit qu’un investissement en actions voire même dans un panier d’actions présente des risques de forte fluctuation et de perte en capital.

Potentiel de progression

Les analystes financiers restent, en grande majorité, optimistes pour la plupart des actions de l'indice boursier belge. D'après leurs estimations, les valeurs du Bel 20 disposent encore d'un potentiel de progression pour les prochains mois.

Ce n'est pas étonnant car, dans l'ensemble, les cours des actions qui composent l'indice belge sont attrayants. Le marché d’actions belge a bien entamé l’année 2019 et a un potentiel de rattrapage. Sa valorisation est par ailleurs attrayante, avec un indice Bel 20 (Price EUR) qui se traite à 13 fois le bénéfice estimé de 2019 (autrement dit, le rapport cours/bénéfice1 estimé 2019 de l’indice Bel 20 est de 13), soit sa valorisation la plus faible depuis 2010.

Enfin, signalons que la composition du principal indice de la Bourse de Bruxelles pourrait évoluer prochainement2. Certains groupes, comme Bpost et Ontex, n'ont plus un capital flottant suffisamment élevé pour survivre à la prochaine révision de l'indice. Engie pourrait aussi le quitter parce que les activités belges sont devenues proportionnellement moins importantes au sein du groupe énergétique. Parmi les candidats à l'accès au Bel 20, on trouve notamment la SIR WDP, la société d’imagerie Barco, le spécialiste des semi-conducteurs Melexis, le groupe de stockage en libre-service Shurgard ou encore le fabricant de câbles d’acier Bekaert. De beaux noms qui pourraient aussi porter l’indice belge en 2019.

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1 Le rapport cours/bénéfice ou PER permet d'évaluer la valeur d'un titre/d’un indice par rapport aux prix des titres de sociétés du même secteur/indices : plus ce ratio est faible, plus l'action/l’indice est considéré comme bon marché.

2 Euronext Bruxelles a officialisé le 5 mars l’entrée de Barco et de WDP dans l’indice BEL 20 en remplacement de Engie et de Bpost. Ces modifications interviendront le 18 mars prochain.

3 Les instruments financiers structurés, également connus sous la dénomination de Structured Notes, existent sous la forme des « titres de dette structurés » ou d’ « instruments dérivés ». Un instrument financier structuré est un instrument financier d'une durée déterminée, généralement émis par des institutions financières, qui offre un rendement associé à un ou plusieurs actifs sous-jacents (par exemple un taux d'intérêt ou un indice boursier) via des coupons fixes ou variables payés en cours de vie ou à l'échéance du titre. Dans le cas de titres de dette structurés, l'émetteur s'engage à rembourser à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais) à l'échéance (sauf en cas de faillite ou risque de faillite de l'émetteur). Par contre, dans le cas d'un "instrument dérivé", l'émetteur d'un Structured Note ne s'engage pas à rembourser à l’échéance à l’investisseur 100% du capital souscrit (hors frais).