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En résumé

  • La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine se poursuit, les États-Unis accusant la Chine de "manipuler sa devise".
  • La volatilité va probablement rester élevée. Nous réitérons notre approche plutôt prudente de réévaluation des risques et invitons à revoir la composition du portefeuille.

1. Le fil des événements récents

Les autorités chinoises ont riposté aux tweets du président Trump, dont l’administration a introduit de nouvelles taxes douanières la semaine dernière. La manière utilisée par les Chinois pourrait être considérée comme compréhensible, étant donné la balance commerciale toujours très asymétrique entre les deux grandes puissances.

En effet, les importations de biens et services américains en Chine représentent une valeur beaucoup moins élevée que les importations de produits chinois aux Etats-Unis. Ceci limite donc l’ampleur d'une réplique chinoise via une augmentation des droits de douane. En lieu et place de nouvelles taxes, les autorités chinoises ont rappelé aux marchés mondiaux l’éventail des mesures non tarifaires dont ils disposent actuellement alors que la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales s'intensifie.

L’arme de la dévaluation monétaire

La Banque Populaire de Chine a relevé son taux de référence journalier à 6,9 yuans par dollar (USD/CNY). Peu après, le yuan – que les Chinois préfèrent appeler renminbi - est tombé à son plus bas niveau depuis plus de 11 ans et a franchi le seuil historique de soutien de la Banque Populaire de Chine établi à 7 yuans pour 1 dollar.

De plus, les médias d'État ont annoncé que les entreprises chinoises suspendraient leurs achats de produits agricoles américains. Ils ont également ajouté qu’ils envisageaient davantage de droits de douane sur les produits agricoles US.

Le 5 août, le département du Trésor américain a officiellement accusé la Chine de "manipuler les devises". Le gouvernement américain a déclaré qu'il demanderait l’intervention du FMI, de manière à supprimer tout avantage concurrentiel injuste créé par les politiques chinoises.

2. Comment les marchés ont-ils réagi ?

Le S&P 500 a chuté lundi (le 5 août) de 3%, pour la sixième journée consécutive et a affiché sa pire performance quotidienne en 2019. Les taux des bons du Trésor à 10 ans ont chuté de 11 points de base à 1,73%, un recul de plus de 80 points de base depuis le regain de tensions commerciales au début du mois de mai.

En outre, l'inversion de la courbe de taux s'est accentuée à mesure que l'écart entre le rendement des obligations du Trésor à 3 mois et à 10 ans a atteint son niveau le plus bas – en territoire négatif – depuis avril 2007. Enfin, le prix de l'or a poursuivi sa remontée, progressant de plus de 1% à 1.473 USD l’once d’or.

3. Qu'est-ce que cela signifie pour les investisseurs ?

La volonté de la Banque Populaire de Chine de permettre au yuan de franchir le seuil historique de 7 yuans par USD, nous rappelle qu'il reste plusieurs options au gouvernement chinois.

Risques sur l’économie mondiale

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis augmente les risques de baisse de l’économie mondiale déjà fragile. La faiblesse du yuan pourrait quelque peu compenser l'augmentation des droits de douane (en ce qui concerne les exportations chinoises vers les États-Unis), mais il ne peut éliminer complètement l'impact négatif des droits de douane. Nous pensons donc que les exportations chinoises vers les États-Unis pourraient encore diminuer au second semestre 2019.

Par ailleurs, la Chine continuera d'élargir son orientation stratégique sur le commerce avec les pays non américains par le biais d’initiatives en matière d’infrastructure (comme par exemple la fameuse « nouvelle route de la soie »). Inversement, il y a aussi un risque que les décideurs politiques américains réduisent leurs relations d'affaires avec des clients chinois dominants et importants afin de porter un coup "non tarifaire" à l’empire du Milieu. Qualifier la Chine de "manipulateur de devise" était un pas symbolique de la part du gouvernement américain vers la mise en place éventuelle de politiques de rétorsion plus sévères.

Risques sur les prévisions bénéficiaires des sociétés US

Pour les entreprises américaines, ces tarifs additionnels et ces perturbations devront probablement être absorbés à court et à moyen terme. Cela aura probablement un impact négatif sur les bénéfices et il faudra rester vigilant aux révisions des perspectives bénéficiaires lors du second semestre 2019.

Les investisseurs en actions espéraient un rebond de la croissance du bénéfice par action au second semestre 2019 pour justifier un ratio cours/bénéfice qui reste supérieur à sa moyenne de long terme. Or, il s’avère que cette escalade « œil pour œil, dent pour dent » pourrait représenter un risque important pour les prochaines prévisions bénéficiaires, exerçant une pression à la baisse sur les cours des actions.

Conclusion : prudence et réévaluation des risques

Nous réitérons notre approche plutôt prudente de réévaluation des risques et invitons à revoir la composition du portefeuille. Tout comme ces derniers jours, les investisseurs devraient continuer de s'attendre à des niveaux élevés de volatilité et être conscients des besoins de liquidités à court terme ou des horizons temporels de leurs portefeuilles.

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