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En résumé

  • Le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis continue à peser sur l’économie mondiale. Ces derniers mois, la croissance a poursuivi son ralentissement.
  • Aux USA, la croissance reste soutenue, grâce à la consommation des ménages et au soutien de la Fed. Dans la zone euro, la demande intérieure parvient provisoirement à compenser la faiblesse des exportations.
  • Dans les pays émergents, le ralentissement mondial se fait sentir, contraignant les pouvoirs publics à intervenir pour tenter d’amortir le choc.
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États-Unis : le moteur de l’économie mondiale

L’expansion économique américaine bat tous les records de durée. La consommation privée, qui représente 70% du Produit Intérieur Brut (PIB), se porte bien grâce à la hausse des salaires et à un taux de chômage au plancher. Son dynamisme compense la faiblesse des investissements des entreprises et du secteur manufacturier, ainsi que l’atténuation de l’effet des réductions d’impôts.

Le principal danger réside dans un durcissement du conflit commercial avec la Chine, qui aurait pour effet de miner la consommation privée. Les ménages américains ont en effet profité ces dernières décennies de produits chinois bon marché qui deviendraient soudainement beaucoup plus chers si de lourdes taxes à l’importation étaient imposées. Il n’est donc pas si étonnant que le président Trump ait reporté jusque mi-décembre l’augmentation des droits de douane sur de nombreux produits de consommation (smartphones, etc).

Compte tenu de la dégradation du contexte international et du ralentissement global, la Fed (la banque centrale américaine) a déjà abaissé deux fois son taux directeur, et elle a mis fin prématurément au processus d’allégement de son bilan. La Fed pourrait encore diminuer les taux d’intérêt au cours des prochains mois si cela s’avère opportun pour préserver l’expansion en cours.

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Zone euro : pas de récession en vue

Depuis le début de l’année, la croissance de la zone euro ralentit clairement. On observe un net contraste entre l’industrie et les services. Ces derniers se portent relativement bien, car ils sont soutenus par la demande intérieure et, en particulier, par la consommation des ménages. Il n’en va pas de même pour l’industrie. Les exportations pâtissent du conflit commercial, avec un impact plus marqué dans les pays dont l’industrie est fortement tournée vers l’exportation, comme l’Allemagne. Une récession technique – deux trimestres successifs de croissance négative – n’est d’ailleurs plus exclue outre-Rhin.

Notre avis sur la zone euro n’est cependant pas entièrement négatif et la croissance économique devrait être au rendez-vous pour la septième année d’affilée. Au niveau politique aussi, le ciel s’est quelque peu dégagé, avec la constitution d’un nouveau gouvernement en Italie. Reste à voir quelles mesures ce nouvel exécutif prendra pour tonifier une économie affaiblie, et quelle sera l’issue des discussions budgétaires avec l’Europe.

Au vu des risques baissiers pour les perspectives de croissance, la BCE (Banque centrale européenne) a renforcé son stimulus monétaire. Elle a fait passer le taux de dépôt – le taux auquel les dépôts des banques à la BCE sont rémunérés – de -0,40% à -0,50%, mais atténuera l’effet négatif sur les banques en exemptant une partie de leur excédent de liquidités de ce taux négatif (tiering). La BCE lancera également un nouveau programme d’achats d’obligations à partir de novembre et rendra encore plus favorables les conditions des prêts à long terme aux banques (TLTRO III).

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Royaume-Uni : le chaos est complet

Outre-Manche, c’est plus que jamais le chaos. Boris Johnson, le Premier ministre, a essuyé plusieurs défaites face à un Parlement britannique combatif, qui souhaite empêcher un Brexit sans accord. À notre avis, il est cependant très peu probable que Boris Johnson parvienne à conclure un accord avec l’Europe avant la date fatidique du 31 octobre. Dans cette hypothèse, trois options subsistent : demander un nouveau report à Bruxelles, démissionner, ou ne pas tenir compte de la loi votée par le Parlement qui interdit une sortie sans accord.

Ce chaos a essentiellement pour effet de renforcer l’incertitude, qui pèse déjà lourdement sur l’économie britannique.

Les indicateurs de confiance sont en berne et les investissements des entreprises stagnent depuis déjà trois ans. Nous n’en sommes pas encore là mais, en cas de Brexit sans accord, l’addition risquerait de s’avérer très salée pour le Royaume-Uni. Si l’on en croit la Banque centrale britannique, l’économie plongerait dans la deuxième plus grave récession depuis la Seconde Guerre Mondiale : le PIB se contracterait de 5,5%, l’inflation bondirait à 5,25% et le chômage à 7%. Face à une telle débâcle, la Banque d’Angleterre abaisserait sans doute drastiquement sa garde monétaire pour limiter les dégâts.

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Les pays émergents encaissent le coup

Les pays émergents n’échappent pas au ralentissement de l’économie mondiale, certains semblant même souffrir plus que d’autres. Heureusement, nombre d’entre eux disposent de marges fiscales et monétaires suffisantes pour soutenir leur économie. Des baisses de taux d'intérêt sont désormais possibles, grâce à l’assouplissement de la politique monétaire de la Fed et au recul de l’inflation.

- En Chine, les exportations vers les États-Unis se sont tassées de 16% sur base annuelle. Ce recul est toutefois partiellement compensé par une progression des exportations vers l’Asie (plus de 11%). Le gouvernement chinois a également pris des mesures de soutien à l’économie. Les impôts ont été allégés, tout comme les exigences de réserves pour les banques (ce qui leur permet d’accorder davantage de crédits). En complément, de nouveaux travaux d’infrastructure ont également été annoncés. Comme la Chine fêtera cette année son 70e anniversaire – la République populaire de Chine a été fondée en 1949 – nul doute que Pékin prendra si nécessaire les mesures voulues pour atteindre son objectif de croissance (entre 6% et 6,5%).

- En Inde, la croissance est en recul depuis cinq trimestres successifs. Le nouveau gouvernement de M. Modi a annoncé diverses mesures de relance. Plusieurs banques publiques ont été fusionnées dans le but de créer des entités plus fortes, les règles applicables aux investissements étrangers ont été assouplies et l’impôt sur les sociétés a été considérablement réduit. Le gouvernement doit par ailleurs s’atteler à faire diminuer un taux de chômage historiquement élevé et à redynamiser les grands projets d’infrastructure. Il peut en tout cas compter sur l’appui de la banque centrale indienne, qui a abaissé les taux d’intérêt à quatre reprises depuis le début de l’année, à un niveau plancher depuis 2010.

- En Amérique latine, le Brésil fait tristement la une de l’actualité en raison de la catastrophe écologique qui frappe la forêt amazonienne. Sur le plan économique, les nouvelles ne sont pas plus réjouissantes. Trois ans après une lourde récession – qui a vu le PIB se contracter de presque 7% – la croissance reste anémique. Une lueur d’espoir réside toutefois dans les récentes avancées au niveau de l’importante réforme de la sécurité sociale, en particulier celle du généreux mais intenable régime des retraites. Cette réforme était indispensable pour enrayer l’envolée des dépenses publiques et pour réduire le déficit budgétaire. Cette avancée pourrait donner une impulsion nouvelle à d’autres grands projets, tels que la réforme des impôts. Les privatisations et la lutte contre la corruption sont aussi à l’agenda. La banque centrale brésilienne, qui a applaudi cette importante victoire législative, a baissé son taux directeur à un nouveau niveau plancher historique de 6%, et pourrait même le descendre jusqu’à 5,25%.

Perspectives de croissance pour 2019 et 2020 (PIB réel, en %) 2019 2020
Monde 3,3 3,4
États-Unis 2,3 2,0
Zone euro 1,2 1,1
Allemagne 0,7 1,0
Italie 0,0 0,4
Royaume-Uni 1,4 1,5
Japon 0,6 0,2
Chine 6,2 6,0
Inde 7,0 7,4
Brésil 0,8 2,0
Russie 1,2 1,5

Source : Deutsche Bank Wealth Management, septembre 2019

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