En résumé

  • La propagation du coronavirus fait souffler un vent de panique sur les places financières.
  • L’impact négatif sur la croissance mondiale pourrait s’élever à environ 0,5% sur l’ensemble de l’année.
  • Un portefeuille d’investissement robuste et largement diversifié devrait porter ses fruits dans ce contexte de fortes turbulences.

Carton plein pour les emprunts d’Etat les plus sûrs

Reléguant tout le reste de l’actualité financière au second plan, la confirmation de la propagation de l’épidémie de coronavirus (Covid-19) de la Chine dans le reste du monde a provoqué une augmentation spectaculaire de la volatilité et fait souffler un vent de panique sur les marchés boursiers. Inquiètes des conséquences du Covid-19 sur l’économie mondiale et l’activité des entreprises, l’ensemble des places financières ont fortement piqué du nez. Les mouvements ont été particulièrement importants aux Etats-Unis et en Europe où les indices vedettes S&P 500 (-11,5%) et Stoxx 600 (-12,2%) ont connu fin février leur plus forte chute hebdomadaire depuis octobre 2008. Délaissant les actifs risqués, les investisseurs se sont massivement réfugiés vers les emprunts d’Etat les plus sûrs (bons du Trésor américains, Bunds allemands) qui en ont profité pour réaliser un carton plein. Les rendements, qui évoluent à l’inverse des cours, se sont drastiquement détendus au point d’atteindre des planchers historiques outre-Atlantique. A titre d’exemple, les taux américains à 10 ans et à 30 ans se sont ainsi établis à 1,15% et 1,68%. Malgré la baisse prononcée des taux d’intérêt, tous les autres compartiments obligataires ont souffert du retour de l’aversion au risque sur les marchés. A ce titre, les obligations spéculatives ont logiquement été les plus affectées. On notera aussi que l’or, valeur refuge par excellence, a fait du surplace sur le mois écoulé, rattrapé lui aussi par l’intensification de la volatilité boursière en fin de période.

L’activité économique devrait se reprendre une fois le pic de la crise passé

Les mesures de précaution prises un peu partout dans le monde et les perturbations des chaînes d’approvisionnement engendrées par l’épidémie de Covid-19 laisseront assurément des traces sur l’économie mondiale et sur les résultats des entreprises. Ceci étant, ce choc exogène sur l’offre et la demande devrait être de nature temporaire - un à deux trimestres suivant les régions - et être suivi d’une reprise de l’activité économique une fois le pic de la crise passé. L’impact négatif sur la croissance mondiale pourrait néanmoins s’élever à environ 0,5% sur l’ensemble de l’année. Les estimations de bénéfices des entreprises devraient également être révisées en baisse pour toutes les régions et la croissance bénéficiaire devrait au mieux être comprise entre 0% et 5% en 2020. Face à la menace posée par le Covid-19, les autorités ne devraient cependant pas rester les bras croisés. La probabilité de voir les grandes banques centrales assouplir davantage leur politique monétaire à l’unisson a fortement augmenté1. Des mesures de relance fiscale pourraient également être mises en œuvre à l’instar de ce qui a été observé en Asie, surtout dans des pays disposant encore de marges de manœuvre pour ce faire.

Un portefeuille diversifié, avec une base solide de fonds mixtes flexibles

Les marchés d’actions devraient rester soumis à une volatilité accrue ces prochaines semaines tant qu’une incertitude élevée persistera, notamment liée au rythme de progression de nouveaux cas de Covid-19 en dehors de la Chine. Bien que les bourses aient lourdement chuté et que les valorisations intègrent déjà en grande partie le scénario d’un ralentissement économique, un scénario de récession n’est pas encore reflété dans les cours actuels. En outre, les indicateurs techniques se sont également détériorés et des supports importants ont été enfoncés. On ne peut donc écarter que les marchés boursiers chutent davantage en fonction de l’évolution de la situation sur le front de l’épidémie. Par conséquent, il nous semble encore trop tôt pour augmenter l’exposition aux actions et une approche prudente des marchés reste indiquée à court terme. De même, vendre ses positions à prix bradés sous le coup de l’émotion ne fait pas de sens et garder son sang-froid reste la meilleure attitude à adopter. Nous restons d’avis qu’un portefeuille d’investissement robuste et largement diversifié, comprenant notamment une base solide de fonds mixtes flexibles, devrait continuer à porter ses fruits dans le contexte de marché actuel.

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1 La Réserve fédérale (Fed) a entretemps pris les devants en procédant à une diminution surprise de 0,50% de son taux directeur dès le 3 mars. Ce dernier se situe désormais dans une fourchette comprise entre 1% et 1,25%.