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Deutsche Bank

En résumé

  • La Banque centrale européenne (BCE) n’entend pas modifier ses taux directeurs au moins jusqu’à l’été 2019.
  • Les rendements des emprunts d’Etat ont baissé et l’euro a été mis sous pression.
  • Le taux de dépôt négatif a des effets néfastes sur la rentabilité des banques.

Que s'est-il passé ?

La Banque centrale européenne (BCE) a sans surprise laissé ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du jeudi 24 janvier. En outre, la BCE n’a pas modifié sa guidance sur les taux d’intérêt par rapport à décembre, réaffirmant son engagement de maintenir les taux d'intérêt inchangés au moins jusqu'à l'été 2019. Mario Draghi, le président de la BCE, a estimé que les risques pesant sur les perspectives économiques avaient augmenté, mais il a aussi dit que les risques de récession dans la zone euro restaient faibles. Interrogé sur le remplacement des opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO) pour les banques, M. Draghi a déclaré que la question avait été soulevée lors de la réunion, mais qu'aucune décision n'avait été prise. Enfin, M. Draghi a défendu le taux de dépôt négatif, tout en reconnaissant qu'il avait affecté les bénéfices des banques.

Réaction des marchés

Le communiqué et la conférence de presse de la BCE n'ont fourni aucune nouvelle indication concernant les taux directeurs. Les rendements des emprunts d’Etat ont néanmoins baissé dans le sillage des commentaires de la BCE (détente du taux allemand à 10 ans de 0,22% à 0,18%) tandis que l’euro a été mis sous pression relative (reflux du taux de change EUR/USD vers un niveau proche de 1,13). L'absence d'indication concrète concernant un éventuel remplacement des TLTRO et l'absence de solution pour contrer les effets défavorables du taux de dépôt négatif sur la rentabilité des banques ont initialement pesé sur le marché d’actions européen. L'Euro Stoxx 50 a finalement clôturé en hausse 0,5 %, même si le secteur bancaire a sous-performé le marché dans son ensemble.

Notre avis

La BCE normalise sa politique monétaire, mais avec l'objectif clair de rester aussi accommodante que possible. Toutefois, l'économie de la zone euro s'est encore affaiblie récemment : l'indice PMI composite (indice des directeurs d’achats, un indicateur de conjoncture avancé) a baissé de 0,4 point à 50,7 points en janvier, poursuivant la tendance baissière entamée il y a douze mois. La BCE pourrait donc réviser à la baisse ses perspectives de croissance lors de la mise à jour des prévisions macroéconomiques en mars et le calendrier probable d'une augmentation du taux de refinancement de la BCE a été différé. Entretemps, le taux de dépôt négatif pèse de plus en plus lourdement sur le système bancaire européen. Une façon de soutenir ce dernier serait de procéder à une hausse ponctuelle du taux de dépôt. Mais ce serait en contradiction avec la guidance sur les taux d’intérêt, et pourrait conduire à un renforcement de l'euro ainsi qu’à une augmentation du coût du crédit pour les entreprises non financières. Par conséquent, nous n’anticipons pas de hausse du taux de dépôt avant le mois de septembre au plus tôt. Une option pour la prochaine réunion de la BCE pourrait être d'augmenter la part des réserves bancaires exemptées du taux de dépôt négatif. Un remplacement de la facilité de financement à long terme est également probable pour éviter un désendettement non désiré mais, pour le moment, la BCE garde sa poudre au sec.

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