En résumé

  • La BCE annonce de nouvelles mesures de soutien monétaire, avec notamment une baisse du taux de dépôt et une réactivation de l'assouplissement quantitatif (QE).
  • Un système de taux par paliers (tiering) devrait contribuer à alléger le coût du taux de dépôt négatif pour le secteur bancaire.
  • Il est peu probable que ces nouvelles mesures stimulent la croissance ou l'inflation de manière significative, mais elles pourraient atténuer les turbulences financières.
  • Nous suggérons aux investisseurs de continuer à se concentrer sur les opportunités de portage du marché du crédit et restons prudents vis-à-vis des actions.
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Le fil des événements

La BCE a annoncé un nouvel ensemble complet de mesures de relance monétaire destinées à soutenir l'économie de la zone euro et à garantir la stabilité des prix. L'ensemble se compose de 4 éléments principaux :

Une baisse du taux de depot : le taux d'intérêt de la facilité de dépôt de la BCE est abaissé de 10 points de base à -0,50%. Le taux de refinancement et le taux de la facilité de prêt marginal restent inchangés à 0% et 0,25% respectivement.

Un système de taux par paliers (tiering) : un système à deux niveaux sera introduit pour les dépôts des banques à la BCE. Les banques pourront, à partir du 30 octobre, exempter six fois leurs réserves obligatoires du taux de dépôt négatif.

Une relance des mesures d’assouplissement quantitatif (QE) : la BCE reprendra ses achats nets dans le cadre du programme d'achat d'actifs (APP) à partir du 1er novembre à un rythme mensuel de 20 milliards d'euros, sans date de fin précise.

De meilleures conditions pour les TLTRO III : les modalités des opérations de refinancement ciblées à plus long terme (TLTRO) seront modifiées afin de préserver des conditions de prêts aux banques favorables. La prime de 10 points de base sera supprimée et l’échéance sera allongée de 2 à 3 ans.

L’orientation sur les taux d’intérêt a été renforcée et n’est plus basée sur un calendrier. La BCE prévoit désormais que les taux d'intérêt resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux inférieurs jusqu'à ce que l'inflation converge "fermement" vers un niveau suffisamment proche de - mais inférieur à 2% - et que cette convergence se reflète dans la dynamique d’inflation sous-jacente.

En outre, Mario Draghi a souligné que les risques pesant sur l'économie de la zone euro restent orientés à la baisse. Les prévisions de la BCE relatives au PIB ont été revues à la baisse tant pour 2019 (de 1,2% à 1,1%) que pour 2020 (de 1,4% à 1,2%). Les prévisions d'inflation ont également été abaissées : de 1,3% à 1,2% pour 2019, de 1,4% à 1% pour 2020 et de 1,6% à 1,5% pour 2021.

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Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?

Les emprunts d'État de la zone euro ont connu un après-midi mouvementé au cours duquel seuls les taux d'intérêt de la périphérie ont finalement pu bénéficier des annonces de la BCE et ont clôturé à la baisse. L'indice Euro Stoxx 50 a pour sa part clôturé en hausse de 0,6%. Les actions du secteur bancaire se sont révélées particulièrement volatiles. Elles ont d'abord gagné 1,8%, avant de chuter ensuite de 4,4% pour finalement clôturer en légère hausse (+0,2%). De son côté, le taux de change EUR/USD a chuté à un niveau proche de son plus bas niveau depuis 2017, avant de rebondir.

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Quel impact pour les investisseurs ?

La situation économique dans la zone euro s'est détériorée au cours de l'été. Le secteur manufacturier souffre en particulier du conflit commercial et de l'incertitude politique. Cette situation est plus visible dans les pays orientés vers les exportations et avec un secteur industriel important.

Bien que les dépenses de consommation aient bien résisté, le climat des affaires et l'investissement se sont sensiblement affaiblis. La tentative de la BCE de stimuler la croissance du crédit avec une politique monétaire encore plus accommodante pourrait ne pas être en mesure de stimuler la croissance économique de manière significative. Après tout, les entreprises de la zone euro hésitent en grande partie à investir en raison des perspectives politiques et économiques incertaines, et non en raison des coûts de financement élevés. D’autre part, ces mesures de soutien monétaires peuvent contribuer à réduire les turbulences financières.

Un taux de dépôt plus bas menaçait d'augmenter encore le coût supporté par les banques de la zone euro (actuellement de 7 à 7,5 milliards d'euros par an). Par conséquent, l'introduction d'un système de taux par paliers était nécessaire pour soutenir le mécanisme de transmission du stimulus monétaire par les banques. Nous estimons que la charge d'intérêt des banques de la zone euro diminuera d'environ 1,4 milliard d'euros avec les mesures compensatoires annoncées par la BCE.

Le dispositif annoncé par la BCE renforce le contexte de "chasse au rendement". La réactivation des achats d'actifs va probablement maintenir les taux obligataires à des niveaux ultra bas plus longtemps. Le segment Crossover (obligations de sociétés notées BBB/BB) restent une opportunité de portage intéressante dans l'univers des titres à revenu fixe en zone euro.

D'autre part, nous restons prudents à court terme sur les actions européennes, les risques économiques restant orientés à la baisse. Le potentiel de baisse du taux de change euro/dollar est limité car la Réserve fédérale (Fed) devrait également assouplir sa politique monétaire plus tard ce mois-ci et l'écart de rendement entre le dollar US et l’euro devrait se réduire.

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