Management Server
Téléphone

Deutsche Bank

En résumé :

  • La volatilité seule n'est pas un paramètre suffisant pour mesurer le risque d'un investissement.
  • “Dans une perspective d'investissement à long terme, la volatilité peut être ignorée.” (Didier Saint-Georges - Carmignac Gestion S.A.).
  • “Les produits financiers à volatilité extrêmement faible ne sont pas moins risqués pour autant.” (Philipp Vorndran - Flossbach von Storch Invest S.A.)
  • “En tant qu'investisseurs à long terme, nous considérons que la plage de variation quotidienne n'est pas une référence utile pour un horizon de placement de trois à cinq ans.” (Juan Nevado - M&G Securities Ltd).
1

La volatilité, c'est quoi, au juste ?

La volatilité est l’ampleur des variations de cours d’un actif financier (une action, une obligation, une sicav, une option, etc.), tant à la hausse qu’à la baisse, sur une unité de temps déterminée.

Extrapolé à l’ensemble des marchés, le concept de volatilité peut également s’appliquer à un indice boursier. Quand la presse observe que « la volatilité opère son retour sur les marchés », il faut comprendre que ce sont les cours des grands indices (MSCI World, EuroStoxx 50, S&P 500, etc.) qui jouent au yoyo.

2

La volatilité est-elle oui ou non un indicateur de risque ?

Pour de nombreux investisseurs, la volatilité est synonyme de risque. Le raisonnement est le suivant : lorsque le cours d’un actif est hautement imprévisible, il existe un risque élevé d'importante moins-value si l’on achète ce titre juste avant une correction. Récemment, plusieurs voix se sont élevées parmi les professionnels des marchés pour remettre en question cette conception de la volatilité. Pour eux, si la volatilité peut effectivement receler des risques, elle peut également aider à identifier des opportunités.

Selon Juan Nevado (M&G Securities Ltd), il ne faut pas confondre les deux notions : « Le véritable risque désigne la possibilité de perte de capital au moment de clôturer vos positions. À l’inverse, la volatilité mesure l’ampleur des variations de prix d’un actif dans le temps. Si on considère un placement comme un trajet en voiture, le risque définit la probabilité d’atteindre votre destination sans accident, tandis que la volatilité indique l’état de la route, la hauteur des dos-d’âne et la profondeur des nids de poules. »

Pour Didier Saint-Georges (Carmignac Gestion S.A.), la volatilité est probablement l’une des notions les plus mal comprises des marchés : « La volatilité est souvent assimilée à la notion de risque, parce que c’est une variable qui est facilement quantifiable, notamment dans les formules de cotation des options. Par ailleurs, comme la volatilité est synonyme d’incertitude, les marchés y voient souvent le signe avant-coureur d’un danger imminent. Néanmoins, la volatilité devrait être tout simplement ignorée dans une perspective d’investissement à long terme, sauf si vous avez précisément pris un pari sur l’évolution future de celle-ci. »

Par ailleurs, la volatilité seule ne permet pas de mesurer le niveau de risque de tous les actifs. Certains produits financiers affichant une volatilité très faible, voire nulle, ne sont pas pour autant des produits sans risque. C’est ce qu’explique Philipp Vorndran (Flossbach von Storch Invest S.A.) : « Un compte d’épargne ne fluctue pas. Selon la conception classique, il serait donc sans risque. Or, ce n’est pas correct, car ce raisonnement omet l’inflation et surtout les risques de contrepartie. »

3

Mais alors, pourquoi y attacher tant d'importance ?

Pour répondre à cette question, il faut faire appel à la finance comportementale, une discipline dont nous parlait le Professeur Werner De Bondt. La finance comportementale explique cette tendance « naturelle » des investisseurs particuliers à suivre les mouvements des marchés, ce qui les amène à vendre à des niveaux bas quand tout le monde a vendu, et acheter à des niveaux élevés quand tout le monde s’est rué sur les marchés. L’appréciation erronée de la volatilité s’appuie sur les mêmes mécanismes psychologiques, comme le résume Philippe Vorndran : « Pourquoi le risque d’une action dont le cours vient de s’effondrer serait-il plus élevé que lorsque celui-ci vient d’atteindre des sommets, en particulier si la qualité du business model demeure inchangée ? »

4

Que mesure exactement l'index VIX ?

Le Volatility Index (VIX), inventé par le Chicago Board Options Exchange, est souvent considéré comme l’indice de référence en matière de volatilité. Sa méthode de calcul se fonde sur la moyenne des volatilités sur les options d'achat (call) et les options de vente (put) sur l'indice S&P500. Autrement dit, l’indice se calcule en fonction de l’activité des traders sur le marché des options, en général pour couvrir les risques de leurs positions. Voilà pourquoi on appelle également le VIX “l’indice de la peur”: c’est uniquement un indicateur de la volatilité attendue, et non de la volatilité réalisée.

5

En tant qu'investisseur, que faire ?

Selon nos trois experts, contrôler trop souvent la volatilité des placements peut rapidement devenir un facteur de stress, susceptible de pousser les investisseurs particuliers à prendre de mauvaises décisions. Juan Nevado n'accorde qu’une très faible attention aux variations quotidiennes des cotations : « En tant qu’investisseurs à long terme, nous pensons que les échéances journalières – ou même toute période inférieure à trois mois – ne constituent aucun échantillon utile pour un horizon de placement de trois à cinq ans. D’après nous, mesurer la volatilité sur la base des valorisations journalières et leur évolution sur des périodes de trois mois – ce qui constitue le cœur du célèbre indice VIX - n’est pas pertinent. Cette méthode n'a de sens que pour les traders qui parient précisément sur l’évolution du VIX.»

« Pour la plupart de nos fonds, la mesure de la volatilité n’est rien d’autre qu’une indication que nous publions dans nos documents de reporting", ajoute Didier Saint-Georges. "Les biais psychologiques sont tels que l’esprit humain redoute la volatilité, même lorsqu’il a intellectuellement intégré que cette notion ne constitue pas un indicateur de risque pertinent. C’est pourquoi il reste utile de préciser la volatilité passée d’un fonds : les investisseurs peuvent alors décider s’ils sont prêts à accepter de telles variations en contrepartie d’un rendement potentiel sur le long terme. »

6

Très bien, mais quels sont les indicateurs vraiment importants ?

La volatilité demeure un indicateur parmi d’autres de l’état d’un indice ou d’un actif à un moment donné. Mais cet indicateur ne devrait en aucun cas faire oublier d’autres éléments beaucoup plus importants à prendre en compte au moment de considérer une opportunité d’investissement, comme la stabilité des cash flows, le niveau d’endettement, la qualité du management ou encore la solidité du business model. Autant de raisons de faire appel à des gestionnaires professionnels, qui examinent tout cela pour vous et peuvent éventuellement tirer parti de la volatilité comme opportunité pour acheter à des prix soldés.

Face à cette volatilité, nos gestionnaires de fonds peuvent vous guider vers les meilleures solutions

Prenez contact avec Talk & Invest au 078 156 157
Prenez rendez-vous dans votre Financial Center au 078 155 150

OU

Découvrez notre sélection

Articles liés