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Une élection aux résonances internationales

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L'élection pour désigner le 45e président américain entre dans sa dernière ligne droite. Sur certaines questions, Hillary Clinton et Donald Trump affichent des positions radicalement différentes. Quel serait donc l'impact d'une victoire de l'un ou l'autre des candidats sur les marchés et sur les investisseurs ?

Du point de vue économique, la mise en œuvre rapide et conséquente d'une politique budgétaire expansionniste serait, à n'en pas douter, une bonne nouvelle. Toutefois, les investissements dans les infrastructures et/ou les mesures d'allègement fiscal ont peu de chance de produire un effet immédiat. Les retombées sur l'économie réelle sous la forme d'une relance de la croissance ou d'une reprise de l'emploi ne peuvent guère être attendues avant 2018. De même, de grands changements sont peu probables en ce qui concerne le dollar US. Peu importe le vainqueur, le billet vert devrait continuer d’afficher sa solidité structurelle face à l'euro, au yen et à la livre sterling, par exemple.

Les obligations d'entreprises pourraient profiter du contexte post-électoral

S'agissant du marché obligataire, les projets de Madame Clinton de s'en tenir à la politique monétaire actuelle et les mesures de politique budgétaire qu'elle envisage ne bouleverseraient probablement pas l’environnement actuel caractérisé par des taux d'intérêt bas. Couplées à la stabilité des fondamentaux de l’économie, les obligations d'entreprises américaines ‘Investment Grade’ semblent particulièrement bien placées pour tirer leur épingle du jeu. Une victoire de Donald Trump pourrait également avoir des répercussions positives sur les obligations d'entreprises, moins en raison du changement annoncé de politique monétaire (jusqu'à présent, la Fed a toujours pris soin de conserver une certaine indépendance politique), qu'à cause de baisses d'impôts radicales et d'investissements massifs, dont les entreprises sortiraient bénéficiaires.

Signaux mitigés pour le marché d’actions américain

La position fondamentalement critique de Trump vis-à-vis de toute réglementation pourrait exercer un effet positif sur le marché d’actions aux États-Unis, notamment dans les secteurs financier et de l'énergie, même s'il reste encore à voir quels plans Donald Trump sera véritablement en mesure de faire appliquer. Parallèlement, une réduction du taux d’impôt sur les sociétés pourrait notamment renforcer les entreprises américaines orientées vers le marché intérieur tandis que ses plans visant à isoler le marché américain pourraient affaiblir les sociétés davantage présentes à l'international. Cela étant dit, une victoire électorale de Donald Trump pourrait commencer par engendrer une volatilité accrue sur les marchés d’actions américains en raison des déclarations qui figurent dans son programme électoral, dont certaines sont plutôt floues.

Les projets d'Hillary Clinton paraissent déjà plus précis. Elle se dit favorable à un renforcement de la réglementation de certains secteurs comme la finance et la pharmacie. Elle a fait part de sa vision quelque peu critique sur les carburants fossiles, préférant mettre l'accent sur les énergies renouvelables pour les remplacer. Cette position pourrait, au départ, mettre ces secteurs sous pression. En revanche, les secteurs de la production manufacturière, des matières premières, de l'aviation et de la défense sont bien placés pour tirer parti de son programme d'investissement, comme il en serait de même en cas de victoire de Donald Trump.

Les investisseurs doivent également être particulièrement vigilants quant à un possible impôt sur le rapatriement de capitaux, qui heurterait de plein fouet les entreprises technologiques et pharmaceutiques américaines. En effet, selon les calculs de Deutsche Bank, ces deux secteurs ont de loin engrangé leurs plus gros bénéfices à l'étranger. En conséquence, une hausse de la volatilité des actions sur ces segments de marché semble possible.


Les retombées sur l'économie réelle sous la forme d'une relance de la croissance ou d'une reprise de l'emploi ne peuvent guère être attendues avant 2018.

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