En résumé

  • Donald Trump a une nouvelle fois mis à exécution une promesse de campagne en signant le clap de fin de l’accord sur le nucléaire iranien et en réintroduisant les sanctions à l’encontre de Téhéran.
  • Le spectre de représailles iraniennes, sous la forme d’une reprise de leur programme nucléaire, raviverait de fortes tensions dans la région.
  • Mis à part une pression à la hausse sur les prix pétroliers, la réaction des marchés a été limitée. Mais la situation mérite d’être suivie de près.

Le couperet est finalement tombé. Comme il l’avait promis pendant sa campagne, et à l’instar d’autres grands accords signés par son prédécesseur, Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Ce dernier avait posé les bases d’un contrôle du nucléaire iranien en échange de la levée des restrictions économiques qui avaient été adoptées par l’ONU, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.

Ce mouvement, bien que craint, était attendu. Utilisant son moyen de communication préféré, le locataire de la Maison-Blanche avait déjà tweeté que « cet accord unilatéral était le pire de l’histoire, n’aurait jamais dû être signé, et n’avait jamais apporté de sérénité, de paix, et ne le ferait jamais ». Les réactions à l’international n’ont pas tardé, même dans le camp des Etats-Unis. Ainsi, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous annoncé regretter cette décision, et souhaitent au plus vite trouver un nouvel accord.

Que signifie concrètement ce retrait ?

Du côté de Téhéran, le président Rohani a tout de suite déclaré que ce retrait était illégal et a dans la foulée exhorté les autres pays signataires (parmi lesquels l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, et aussi la Russie), à tenir leurs engagements.

Toutefois, avec le retrait complet de l’accord sur l’Iran, Donald Trump a signé un mémorandum rétablissant toutes les sanctions américaines enlevées lors de la conclusion de l’accord en 2015. Ces sanctions sont lourdes pour les alliés des Etats-Unis, puisque ces derniers ne pourront désormais plus entretenir de liens commerciaux avec l’Iran - malgré qu’eux soient toujours dans l’accord - sans être inquiétés par ces sanctions. En somme, sans les Etats-Unis, l’accord en lui-même n’a plus de sens.

L’Iran n’a pas encore fait d’autres déclarations. Mais il est probable qu’en représailles, Téhéran annonce vouloir redémarrer son programme nucléaire, mis à l’arrêt avec l’accord de 2015. Un tel scénario, raviverait de fortes tensions dans la région, notamment avec Israël.

Quelles ont été les réactions des marchés financiers ?

Les principales places financières de la planète sont jusqu’à présent restées relativement calmes, à l’instar des marchés d’actions. Seule exception notable : la forte hausse des valeurs pétrolières.

Même son de cloche sur les marchés obligataires, la décision des Etats-Unis ayant été anticipée.

Sur le marché des matières premières par contre, les restrictions à l’encontre de l’Iran pourraient potentiellement avoir de lourdes conséquences. L’Iran est le 5e producteur de pétrole au monde. L’empêcher de vendre son pétrole sur le marché international créerait un déséquilibre entre l’offre et la demande et inexorablement une forte hausse des prix pétroliers. Le cours actuel du baril de Brent (il atteint 77 dollars ce 9 mai 2018) reflète d’ailleurs déjà en partie cette possibilité.

L’humeur des marchés pourrait cependant changer, en fonction de deux scénarios :

  • Le retrait des Etats-Unis de l’accord de 2015 va-t-il conduire à la conclusion d’un nouvel accord ? On l’a vu avec les pourparlers concernant les barrières commerciales, Donald Trump aime utiliser la manière forte pour faire plier ses adversaires. Si un nouvel accord se profile à l’horizon, les marchés réagiraient de manière plus calme que si le président américain n’était disposé à octroyer aucune concession.
  • D’une zone géographique sous tension à une autre, Donald Trump doit dans les jours qui arrivent rencontrer Kim Jong-Un, pour conclure un accord sur le nucléaire nord-coréen. Un dénouement positif dans ce dossier atténuerait la pression géopolitique. Un échec des négociations, combiné à une possible renucléarisation de l’Iran, viendraient par contre augmenter la volatilité.

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