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En résumé

  • Grâce à un environnement économique favorable, les bourses ont repris des couleurs au mois de juillet.
  • Le pic en termes de croissance des bénéfices n’est plus très loin.
  • La Fed va poursuivre sa politique monétaire restrictive, remontant son taux directeur encore deux fois cette année et au moins autant l’année prochaine.

Naviguant entre les écueils, les marchés mondiaux d’actions ont passé le mois de juillet dans le vert. Les tensions commerciales ont encore animé les débats, avec en fin de mois, un accord fragile entre les Etats-Unis et l’Europe. Enfin, la BCE et la Fed ont opté pour le statu quo au niveau monétaire et ont donné rendez-vous aux investisseurs en septembre.

La croissance américaine en hausse

Les bourses mondiales ont retrouvé des couleurs en juillet, dans un environnement qui économiquement leur est favorable mais qui (géo)politiquement reste incertain. Ainsi, la croissance américaine pour le second trimestre 2018 a fortement rebondi, et atteint 4,1% en rythme annualisé, un niveau qu’elle n’avait plus touché depuis le 3e trimestre 2014. Utilisant les superlatifs habituels, Donald Trump a qualifié ces chiffres de « fascinants » et « tenables dans la durée ». Paradoxalement, une partie de ce rebond peut être attribuée aux tensions commerciales. De nombreuses entreprises américaines ont avancé la livraison de leurs marchandises, avant que n’entrent en vigueur les premiers droits de douane, ce qui a donné un coup de boost au commerce extérieur américain. Les bourses de Wall Street ont ainsi poursuivi leur marche en avant, se rapprochant de leur sommet historique pour le S&P 500 et battant un nouveau record pour le Nasdaq Composite. Outre la bonne tenue de son économie, l’accord, même fragile, entre Bruxelles et Washington au sujet des droits de douane, a donné de l’air aux bourses européennes. Du côté des obligations, les valeurs refuges comme les emprunts d’Etat ont été délaissées au profit de segments plus risqués comme les obligations émergentes en devises fortes ou encore les obligations spéculatives.

Vers une saison record des résultats pour le second trimestre ?

Les mêmes facteurs d’incertitude vont rester présents les prochains mois (voir notre article sur les risques potentiels pour les bourses). Même si ceux-ci sont en partie déjà incorporés dans les cours, un regain de la volatilité n’est pas à exclure. D’un autre côté, la croissance mondiale reste bien orientée et devrait profiter aux marchés d’actions. Une fois de plus, les investisseurs vont donc se raccrocher aux résultats de sociétés pour se chercher une tendance. Le début de la saison n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices, Facebook et Twitter plongeant de près de 20% après avoir annoncé perdre des utilisateurs, en dépit de bénéfices records. Malgré cet accroc, un grand nombre de sociétés a fait mieux que prévu jusqu’à présent. Nous estimons que le 2e trimestre sera à nouveau un excellent cru et que le pic en termes de croissance des bénéfices n’est plus très loin. A ce petit jeu, ce sont les Etats-Unis qui sont en tête, mais l’Europe garde un bon rythme. Avec l’Asie - qui continue de profiter d’une dynamique de croissance supérieure à celle des pays développés - ces 3 zones géographiques ont notre préférence pour les mois à venir.

Prochaine remontée des taux par la Fed

Les grandes banques centrales ont eu peu d’influence sur les marchés, le contenu des discours ayant déjà été annoncé et digéré le mois précédent. La BCE diminuera ses rachats d’actifs à partir de septembre et les arrêtera complètement à la fin de cette année. De plus, Mario Draghi ne compte pas relever le taux directeur avant l’été 2019 (le timing exact reste vague). La politique monétaire de la BCE reste donc accommodante. Outre-Atlantique, la vigueur de l’économie américaine facilite la tâche de la Fed. Cette dernière compte poursuivre ses remontées de taux, deux cette année, au moins autant l’année prochaine, et de réduire son bilan. La Fed continue la normalisation de sa politique monétaire, n’en déplaise à Donald Trump, qui voudrait garder les taux d’intérêt à un niveau bas pour stimuler la consommation. Avec une BCE de moins en moins accommodante et une Fed restrictive, les taux obligataires vont tôt ou tard continuer leur ascension. Très peu de potentiel subsiste donc sur le marché obligataire, hormis les obligations de sociétés libellées en dollar et ayant un faible risque crédit, et les emprunts d’Etat des pays émergents en devises fortes.

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