En résumé

  • Flashback : en 2009, la Troïka (le FMI, la BCE et les Etats membres de l’Union européenne) mettait la Grèce « sous perfusion », à coup de milliards d’euros.
  • Près de 10 ans plus tard, les trois plans d’aide (226 milliards d’euros au total) auront permis à la Grèce de se relancer sur les marchés, mais pas encore de se sauver.
  • La première émission grecque, « sans parachute », sera scrutée de près par les grandes instances européennes, qui verraient d’un mauvais œil les taux d’intérêt monter trop vite et trop haut.

Le 21 juin dernier, après plus de 6 heures de négociations intenses pour convaincre l’Eurogroupe des efforts consentis depuis sa mise sous tutelle financière, la Grèce a tourné une page noire de son histoire. Le pays pourra bientôt à nouveau voler de ses propres ailes. Cerise sur le gâteau, les ministres des Finances de la zone euro se sont également accordés sur un allégement de la dette actuelle.

Il aura fallu presque dix ans pour remettre la Grèce à flot. Elle, qui autrefois dominait la Méditerranée et qui est encore considérée comme l’un des berceaux de la civilisation occidentale actuelle. Pourtant, à l’automne 2009, croulant sous les dettes et ayant manipulé ses comptes pour entrer dans la zone euro, la Grèce était au bord du chaos. Ne pouvant plus se financer sur les marchés (intérêts beaucoup trop élevés pour financer sa dette), le gouvernement grec devait accepter sa mise sous tutelle économique.

A coup de milliards, la Troïka (le FMI, la BCE et les Etats membres de l’Union européenne) mettait alors la Grèce « sous perfusion », une première pour un Etat européen. Ce sauvetage fut toutefois assorti d’une rigueur budgétaire sans précédent et de réformes douloureuses. Résultat : huit ans et demi d’austérité, et le sacrifice d’une génération, qui aura payé les pots cassés de la mauvaise gestion des comptes de l’Etat et les gaspillages du passé (ex. : les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004).

Le 5 juillet 2015 pourtant, exsangue et fatiguée, la Grèce avait dit stop aux mesures d’austérité. Fraîchement élu, Alexis Tsipras organisait alors un référendum contre l’austérité, le gagnait, mais cédait finalement face aux exigences de la Troïka quelques jours plus tard. Le « Grexit » - une sortie de la Grèce de l’union monétaire - fut ainsi évité de justesse.

Et maintenant ?

Trois ans plus tard, la situation s’est améliorée, des réformes ont été mises en place et la Grèce affiche désormais une croissance positive (1,3% en 2017), pas encore impressionnante, mais ô combien importante. Les trois plans d’aide (226 milliards d’euros au total) auront donc permis à la Grèce de se relancer, mais pas encore de se sauver.

En effet, sa dette reste toujours à un niveau élevé (178% du PIB) et un grand nombre de réformes doivent encore être menées. A ce sujet, les prochaines élections (fin 2019) seront importantes. Le résultat montrera à quel degré le peuple grec continue d’accepter, ou non, l’austérité. Avant cette date, et conformément avec ce qui avait été décidé entre Athènes et ses créanciers, la Grèce fera son grand retour sur les marchés financiers le 20 août prochain. A partir de cette date, la Grèce se financera à nouveau par elle-même, sans la protection de la Troïka.

Quelle influence sur votre portefeuille ?

Le compromis procure une réelle bouffée d’oxygène à la Grèce, au meilleur moment. Les investisseurs devraient être rassurés de la tournure des évènements, et les taux d’intérêt à payer par la Grèce ne devraient pas grimper outre mesure.

Néanmoins, le rating de la dette grecque est toujours considéré comme hautement spéculatif par les grandes agences de notation (S&P et Moody’s). La première émission, « sans parachute », sera scrutée de près par les grandes instances européennes, qui verraient d’un mauvais œil les taux d’intérêt monter trop vite et trop haut. En ce qui concerne les autres classes d’actifs, il est peu probable de voir la Grèce avoir une grosse influence sur les marchés financiers à court terme, que ce soit sur les actions ou encore sur l’euro.

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