En résumé

  • L’économie américaine a repris du poil de la bête grâce à une demande intérieure solide et aux mesures de relance fiscales.
  • Alors que la Fed poursuit son cycle de resserrement monétaire, une 1ère hausse de taux de la BCE reste encore très éloignée.
  • Billet vert : notre prévision pour le taux de change euro/dollar est de 1,15 sur un horizon de 12 mois.

Regain de forme pour l’économie américaine

Soutenue par la vigueur de la demande intérieure, un marché de l’emploi robuste et les mesures de relance fiscales, l’économie américaine a retrouvé de l’allant. La croissance du PIB a atteint 4,1% en rythme annualisé au 2ème trimestre 2018, son meilleur niveau depuis 2014, et elle devrait rester solide à l’avenir. Nous tablons aussi sur une poursuite de l’expansion économique en zone euro mais la modération des indices de conjoncture avancés ces derniers mois (par exemple les indices PMI) montre que ce sera à un rythme moins soutenu qu’en 2017. En outre, la région doit aussi composer avec le retour à l’avant-plan du risque politique suite notamment à la formation d’un gouvernement populiste en Italie. Selon nous, la croissance aux Etats-Unis devrait atteindre 2,7% en 2018 et 2,4% en 2019. Nos prévisions de croissance pour la zone euro sont respectivement de 2,2% et 1,9%.

Hausse de taux de la BCE envisageable pour 2019 ?

Dans ce contexte, la divergence entre les politiques monétaires menées des deux côtés de l’Atlantique reste notable. La Réserve fédérale américaine (Fed), qui est proche du but pour ses objectifs de plein-emploi et d’une inflation à 2%, va continuer le resserrement monétaire entamé fin 2015. A ce titre, nous anticipons une hausse du taux directeur de la Fed dans une fourchette comprise entre 2,50% et 2,75% d’ici mi-2019 (contre une fourchette de 1,75% - 2% actuellement) et une poursuite de la réduction de la taille de son bilan à un rythme régulier. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) maintient une politique monétaire très souple pour favoriser un retour durable de l’inflation vers son objectif d’un peu moins de 2%. La BCE a annoncé qu’elle arrêterait son programme d’achats d’obligations (QE) fin 2018 mais a également précisé qu’elle réinvestira les obligations arrivant à échéance pendant une période prolongée après la fin du QE. De plus, elle s’est engagée à laisser ses taux directeurs aux niveaux planchers actuels au moins jusqu’à l’été 2019. Nous n’anticipons pas de hausse de taux de la BCE avant le 3ème trimestre 2019.

Quid pour le billet vert ?

L’accentuation de l’écart de croissance et de taux d’intérêt en faveur des Etats-Unis devrait continuer à soutenir le dollar US. Les turbulences de marché induites par la crise en Turquie pourraient aussi lui être bénéfiques à court terme (mouvement de fuite vers la qualité profitant entre autres au dollar US). Malgré ces vents cycliques favorables, des déficits courant et budgétaire américains importants et appelés à se creuser sont toutefois susceptibles de limiter son potentiel de hausse. Au vu de ces différents éléments, nous tablons sur des gains supplémentaires modérés pour le billet vert. Notre prévision pour le taux de change euro/dollar est de 1,15 sur un horizon de 12 mois.

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