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Quelles conséquences après le « non » au référendum en Italie ?

Quelles conséquences après le « non » au référendum en Italie ?


Après la démission de Matteo Renzi, à quoi s’attendre ? Et comment réagissent les marchés et les banques italiennes ?

Tout est à nouveau comme avant, mais rien ne sera plus comme avant. La réforme de la Constitution défendue par le Premier Ministre Matteo Renzi a été rejetée à une large majorité par les Italiens appelés à se prononcer sur celle-ci dimanche dernier. Près de 60% des citoyens ont voté contre cette réforme au cours d’un référendum qui aura également connu un taux de participation très élevé (69%). Matteo Renzi a tiré les leçons de cet échec cuisant et a rapidement présenté sa démission au Président de la République, Sergio Mattarella. Quelles conséquences attendre de ce résultat?

A quoi les Italiens ont-ils dit « non » ?

Les situations de blocage politique au Parlement sont notoires en Italie, les deux Chambres du Parlement disposant d’un même pouvoir législatif. Ainsi, chacune d’entre elles peut prendre l’initiative de proposer une nouvelle loi qu’il appartient alors à l’autre Chambre de ratifier ou de rejeter. Cette situation a souvent abouti à ce que les gouvernements ne soient pas en mesure d’aller au bout de leur mandat. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Italie a connu pas moins de 62 gouvernements différents. La proposition de réforme constitutionnelle soumise à référendum avait pour but de limiter sensiblement les pouvoirs du Sénat (Senato) et de renforcer ceux de la Chambre des Députés (Camera) en donnant à celle-ci le pouvoir de voter seule la confiance au gouvernement et de prendre l’initiative législative. En mettant ainsi un terme au bicaméralisme parfait, souvent source de blocage, elle aurait fortement contribué à améliorer la gouvernabilité du pays.

Pourquoi les votants ont-ils dit « non » ?

Tout le monde ou presque s’accorde sur le fait que le système électoral italien a rapidement besoin d’une réforme en profondeur. Ceci étant dit, la moitié environ des citoyens qui ont voté « non » considéraient que la proposition de réforme allait trop loin. Selon eux, les gouvernements élus auraient eu trop de pouvoirs et le pays aurait été dirigé de façon encore plus centralisée qu’actuellement. L’autre moitié du camp du « non » a probablement exprimé sa défiance dans la politique menée par le gouvernement de Matteo Renzi plus de deux ans et demi après son entrée en fonction dans un contexte de taux de chômage élevé, de dette extérieure importante et de gestion défaillante de l’immigration depuis des années.

Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

Le Président de la République s’est immédiatement mis au travail en vue d’œuvrer à la formation d’un gouvernement de transition avec un mandat assez large pour mener le pays jusqu’aux prochaines élections prévues entre septembre 2017 et mars 2018 au plus tard. Ses consultations pourraient aboutir dans les prochains jours. Le nouveau gouvernement ainsi formé pourrait être soutenu par grosso modo la même majorité que celle du Cabinet Renzi. Si le Président de la République échoue dans sa mission, des élections anticipées pourraient être convoquées. Nous attribuons seulement une probabilité de 10 - 15% à un tel scénario.

La victoire du « non » sonne-t-elle le glas des réformes ?

La défaite retentissante de Matteo Renzi lors du référendum ne signifie pas pour autant la fin des réformes. La grande majorité des Italiens veulent par exemple une réforme électorale. Simplement, ils ne voulaient pas de celle soumise à référendum, qui était vue par beaucoup d’entre eux comme allant trop loin et centralisant trop fortement le pouvoir.

Y aura-t-il des élections anticipées ?

Nous ne le pensons pas. A l’exception du Mouvement 5 Etoiles (anti-euro) et de la Ligue du Nord, aucun politicien italien, pas même dans l’opposition, ne veut d’élections anticipées. Les grands partis traditionnels ont en effet tout à gagner à attendre le printemps 2018 avant d’affronter les électeurs vu que le « non » au référendum était aussi un vote contre les partis de l’establishment. Il y a également une volonté forte de réformer la loi électorale avant les prochaines élections. C’est un des rares points sur lequel politiciens et électeurs semblent d’accord. Par conséquent, un gouvernement de transition est de loin l’issue la plus probable, que ce soit sous la forme d’un gouvernement chargé des affaires courantes ou d’un gouvernement « technique ». La grande question est de savoir si ce gouvernement de transition parviendra à réformer la loi électorale d’ici à mars 2018 et à le faire d’une façon qui a le soutien de la population. Cela devrait en tout cas être la priorité numéro un de cet exécutif.

Comment les marchés financiers ont-ils réagi ?

La victoire du « non » lors du référendum constitutionnel était anticipée, mais peut-être pas avec tant d’ampleur. Par conséquent, ce résultat était déjà en grande partie intégré dans les cours. Après un début de séance agité, le marché d’actions européen est reparti à la hausse. En forte baisse depuis le début de l’année, le marché d’actions italien s’en est aussi sorti relativement indemne, à l’exception notable des valeurs financières qui ont fortement chuté. Sur le marché obligataire, les emprunts d’Etat italiens avaient été mis sous pression au cours des semaines précédant le référendum. Le taux italien à 10 ans est certes repassé au-dessus de 2% au lendemain du référendum mais il ne s’est pas envolé. Enfin, sur le marché des changes, l’euro a immédiatement baissé à 1,05 contre le billet vert, mais il s’est ensuite rapidement redressé. Globalement, les réactions observées sur les marchés ont été contenues.

Quel est l’impact sur les banques italiennes ?

Les banques italiennes sont sous les feux des projecteurs. Quelques grandes banques italiennes sont en plein processus de recapitalisation et risquent d’être très impactées négativement en cas d’instabilité financière. Les banques de la Péninsule sont largement responsables de la chute de 20% de la bourse de Milan depuis le début de l’année : abstraction faite des banques, le recul est limité à 7%. Il est probable que les banques italiennes continueront à sous-performer le marché européen dans son ensemble jusqu’à ce qu’un plan pour résoudre l’épineux problème des créances douteuses puisse être trouvé. Cette situation devrait continuer à peser sur les actions italiennes. La bourse de Milan pourrait cependant accentuer ses pertes si la formation d’un gouvernement s’avérait impossible.

Que fera la Banque centrale européenne (BCE) ?

La BCE va poursuivre sa politique monétaire ultra-accommodante. Avant le référendum, nous anticipions une prolongation de mars 2017 à septembre 2017 de son programme de rachats d’obligations (80 milliards d’euros par mois) lors de sa réunion du 8 décembre prochain. La victoire du « non » lors du référendum de dimanche en Italie renforce encore cette probabilité. Il est improbable que la BCE adopte des mesures d’urgence avant cette date à moins qu’un événement imprévu ne survienne.


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