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Elections françaises : Macron favori du second tour

Elections françaises : Macron favori du second tour


Comment réagissent les marchés financiers après le premier tour des présidentielles en France ? Et à quoi s’attendre à plus long terme ?

Duel Macron - Le Pen le 7 mai prochain

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle en France sont connus. Au terme de multiples rebondissements et d’un suspense haletant, ce sont donc Emmanuel Macron (23,75% des votes) et Marine Le Pen (21,5% des votes) qui en découdront lors du 2ème tour le 7 mai prochain (chiffres du ministère de l’Intérieur). François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et les 7 autres candidats sont donc éliminés de la course à la présidentielle. Ce résultat inédit est une véritable secousse pour le monde politique en France. En effet, c’est la première fois depuis 1965 qu’aucun des deux partis politiques traditionnels (les Républicains et les Socialistes) n’est présent au second tour : leurs candidats n’ont récolté ensemble que 25% des votes, soit moins de la moitié du score obtenu lors de la présidentielle de 2012. Ce vote sanction confirme si besoin était à quel point le paysage politique français est en pleine mutation et les dangers qui y sont associés.

Les sondages, qui avaient correctement anticipé les résultats du 1er tour, donnent actuellement Emmanuel Macron vainqueur de son duel avec Marine Le Pen par un écart de 20% à 30%. Deutsche Bank anticipe également que M. Macron a de bonnes chances de l’emporter. Les politiciens de la plupart des partis ont rapidement apporté leur soutien au candidat de En Marche! (Macron) pour faire barrage au Front National (Le Pen) au second tour, à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon qui ne s’est pas encore prononcé. Malgré cette inconnue, la candidate de l’extrême droite apparaît plus isolée sur le plan politique.

Implications pour les marchés : ‘risk-on’

Les investisseurs ont accueilli les résultats du 1er tour avec soulagement, le spectre d’un affrontement entre Mélenchon et Le Pen - tous deux eurosceptiques - ne s’étant pas matérialisé. L’appétit pour le risque est donc de retour sur les marchés (‘risk-on’). Les marchés d’actions européens ont fortement rebondi ce lundi avec des gains compris entre 2% et 4% - par ex. bourse de Paris au plus haut depuis début 2008. Sur les marchés obligataires, nous assistons à une inversion du mouvement de fuite vers la qualité qui avait largement profité aux Bunds allemands ces dernières semaines. En parallèle,les emprunts d’Etat français ont à nouveau les faveurs du marché, ce qui profite également à la dette des pays périphériques de la zone euro (rétrécissement du différentiel de taux - spread - par rapport au Bund allemand). Sur le marché des changes, l’euro a repris des couleurs face aux principales devises, dont le dollar US vis-à-vis duquel il est au plus haut depuis 4 semaines. Enfin, la valeur refuge qu’est l’or subit également des prises de bénéfices.

Les regards en partie tournés vers les législatives de juin

La partie n’est pas jouée d’avance et une nouvelle campagne a démarré pour le second tour, même si nous anticipons une victoire de M. Macron le 7 mai prochain. Si tel est le cas, ceci devrait permettre de capitaliser sur la dynamique économique favorable déjà perceptible dans la zone euro, avec des implications positives pour les actifs risqués du Vieux Continent à moyen terme. A plus long terme, beaucoup dépendra cependant de la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires pour remettre l’économie française sur les bons rails. A ce titre, les marchés ont déjà également une partie de leur attention tournée vers les élections législatives de juin qui détermineront la capacité d’action effective du prochain président.

Nous publierons une nouvelle analyse au lendemain du second tour de l’élection présidentielle française le 8 mai prochain.



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