En résumé

  • Les fortes turbulences boursières voient Wall Street effacer ses gains de l’année.
  • La Fed reconfirme sa vue positive sur l’économie américaine.
  • Malgré une volatilité omniprésente, nous conseillons de rester investi mais de limiter les risques.

Les marchés boursiers ont repris quelques couleurs ce mercredi 21 novembre, après avoir connu un début de semaine compliqué. Notre analyse de cette nouvelle correction.

Le fil des événements

La nouvelle chute des bourses du début de la semaine (du 19 novembre) a effacé les gains des grands indices américains depuis le début de l’année. Seul l’indice Nasdaq est encore véritablement en territoire positif mais en baisse de plus de 14% depuis ses sommets de l’été. La baisse de ce début de semaine fait suite à la chute qui avait déjà eu lieu la semaine précédente (semaine du 12 novembre). D'autres places financières ont également souffert. La plupart des indices asiatiques ont été durement touchés et enregistrent des pertes à deux chiffres depuis le début de l'année. Les économies asiatiques axées sur les exportations telles que la Corée du Sud et surtout la Chine ont enregistré des pertes allant de 12 à 20%. Les marchés européens ont également été sous pression avec des pertes proches ou supérieures à 10%. Outre l'inquiétude suscitée par les tensions commerciales, les marchés européens sont préoccupés par des dossiers chauds comme le Brexit et l'impasse budgétaire italienne.

Volatilité typique d’une fin de cycle économique

Comme nous le répétons depuis un certain temps, des niveaux de volatilité plus élevés font normalement partie d’un environnement de fin de cycle économique. Il y a plusieurs mois, nous avions également abaissé notre recommandation sur le secteur de la technologie à « neutre », tout en gardant une vue positive sur le long terme. Il n’existe pas de déclencheur unique qui explique la forte baisse récente. Le marché tente de digérer toute une série d’informations allant des prévisions décevantes du côté du commerce de détail à la baisse des prix du pétrole, en passant par la chute du secteur technologique, les commentaires de la Fed, les données sur le logement et enfin le conflit commercial. Toutes ces incertitudes – que nous détaillons ci-dessous - suggèrent que la croissance économique américaine pourrait légèrement diminuer en 2019, ce qui était anticipé. Cela ne signifie toutefois pas que les marchés vont continuer leur chute.

Prévisions pour le commerce de détail
Dans l’ensemble, les bénéfices du 3e trimestre ont été solides aux USA, les sociétés de l’indice S&P 500 affichant une croissance des bénéfices supérieure à 28% et une croissance des revenus supérieure à 8%. Cependant, cette semaine, certains acteurs du commerce de détail ont annoncé des résultats en deçà des attentes des analystes et affiché des prévisions en baisse pour les mois à venir.

Baisse du prix du pétrole
Le secteur de l'énergie a connu une baisse particulièrement forte après que le pétrole brut, déjà dans un marché baissier, accentue encore son plongeon. Le président Trump a réitéré son point de vue selon lequel le prix du pétrole devrait être plus bas et a mis l'accent sur des liens étroits avec le gouvernement saoudien pour la stabilisation des prix. À l'avenir, nous continuons de penser que les prix du brut (WTI) resteront aux alentours des 65 dollars US le baril.

Le secteur technologique
Les investisseurs doutent à nouveau que ceux qu’on appelle les FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) puissent continuer de maintenir leur taux de croissance à ces niveaux historiquement élevés. Le risque d’un resserrement de la réglementation à l’avenir, la baisse des utilisateurs ainsi qu’une concurrence accrue dans certains secteurs (par exemple les smartphones) ont également pesé sur la tendance.

Données sur le logement
Les données concrètes, telles que les mises en chantier et les permis de logements, ont répondu aux attentes du consensus et sont restées stables en octobre. Toutefois, des enquêtes telles que l’indice de confiance des constructeurs immobiliers NAHB ont fait écho aux inquiétudes des constructeurs de logements selon lesquelles la hausse des coûts d’emprunt et de la construction avait freiné la demande. Le secteur immobilier pourrait donc connaître un ralentissement ces prochains mois.

Tarifs douaniers
La réunion de l’organisation de coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) a été, le week-end dernier, le théâtre de vives tensions entre Américains et Chinois. Le groupe n'a pas pu se mettre d'accord sur une déclaration commune, ce qui suscite un scepticisme supplémentaire quant à la probabilité que Donald Trump et Xi Jinping parviennent à un accord sur leurs futures relations commerciales. Les investisseurs devront à présent attendre de voir si des progrès pourraient être réalisés lors de la prochaine réunion du G20, qui se tiendra à Buenos Aires du 30 novembre au 1er décembre.

Compte tenu de la tourmente sur les marchés boursiers, la Fed a réaffirmé qu’elle considérait que l’économie américaine se portait bien. Le taux de chômage est à son plus bas niveau en 50 ans, l’économie américaine crée 200.000 emplois par mois, la croissance du PIB est saine et l’inflation est à l’objectif de 2% de la Fed. Alors que plusieurs hauts responsables, dont M. Powell (le gouverneur de la Fed) ont reconnu certaines faiblesses économiques à l'étranger et semblaient légèrement plus accommodants, nous nous attendons toujours à ce que la Fed continue de normaliser ses taux d'intérêt et les relève par trois fois d’ici à septembre 2019.

Quel est notre avis ?

Dans ce contexte, nous ne pouvons exclure une volatilité accrue. Nous avons récemment observé une évolution négative du sentiment qui, selon nous, n’est pas justifiée par les fondamentaux économiques, en particulier aux États-Unis, comme l’a récemment réaffirmé la Fed. Des indicateurs techniques, comme par exemple la cassure des moyennes mobiles à 50 et 200 jours, suggèrent qu'une baisse supplémentaire des marchés est possible, mais ces types de retracements ne sont pas inhabituels dans une perspective historique.

Les baisses récentes des marchés boursiers ont abouti à des valorisations apparemment attrayantes pour les actions, mais elles ne suffiront pas à elles seules pour engendrer une reprise durable du marché. La vraie question est de savoir quels autres développements pourraient inverser le déclin du sentiment.

Au fil du temps, nous pensons que les marchés devraient être rassurés par d’autres bonnes nouvelles sur l’économie américaine et par la possibilité de résoudre une série de problèmes géopolitiques.

En ce qui concerne l’économie américaine, nous nous attendons à ce que la publication de chiffres raisonnables autour du « Black Friday » et du « Cyber Monday » améliore le sentiment sur les ventes au détail aux États-Unis et la confiance globale des consommateurs, même si des doutes peuvent subsister concernant le marché immobilier, en particulier du fait de la hausse continue des taux hypothécaires. Les marchés devraient également être encouragés par le fait qu’aucune contraction des bénéfices n’est en vue. Une communication plus supportive de la Fed pourrait également contribuer à renforcer le message positif.

En ce qui concerne les questions géopolitiques, les dix prochains jours pourraient être particulièrement importants, alors que nous approchons du début du sommet du G20 à Buenos Aires et que nous attendons des éclaircissements supplémentaires sur le Brexit et la situation du budget italien. Cependant, nous chercherions des progrès significatifs dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine pendant ou après le sommet du G20.

Nous suivons très attentivement l’évolution de la situation actuelle et communiquerons tout changement concernant son évaluation. En résumé : nous ne sommes pas vendeurs dans ce marché et nous préférons rester investis tout en veillant à limiter les risques.

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