En résumé

Etant donné la période prolongée de taux d’intérêt faibles que nous avons connue, les prix des obligations émises par le passé ont augmenté au cours de ces dernières années. Concrètement, cela signifie que, compte tenu de leur valorisation élevée et de leur rendement résiduel* faible ou négatif, il est plus intéressant de ne pas conserver ces obligations jusqu’à leur échéance, mais de les vendre dès aujourd’hui.

En voici une petite illustration très simple…

Prenons l’exemple d’une obligation offrant un coupon brut de 4%, ayant une durée résiduelle d’exactement 3 ans et dont le prix de vente net actuel est de 112 % (après déduction des frais et de la taxe boursière).

Valeur d’aujourd’hui :

Si vous avez à l’époque investi une somme nominale de 25.000 euros dans cette obligation, vous pourrez la vendre aujourd’hui sur le marché secondaire au prix de 28.000 euros (25.000 euros en valeur nominale x 112 %), frais compris (0,50% de frais de courtage et 0,12% de taxe de bourse).

Conserver jusqu’à l’échéance :

Si vous ne vendez pas, vous toucherez en principe chaque année un coupon brut de 4 %. Après déduction des 30 % de précompte mobilier, cela correspond en réalité à 2,80 %, soit 700 euros par an. Vous recevrez donc au total 2.100 euros de coupons en net.

Dans exactement 3 ans, vous récupérerez en principe votre investissement de départ, 25.000 euros en valeur nominale, étant donné que l’obligation est remboursée à 100 %. Vous toucherez donc en tout 2.100 euros + 25.000 euros en valeur nominale, soit 27.100 euros. Par rapport à ce que vous pouvez obtenir aujourd’hui, la valeur de l’obligation “baisse” donc de 900 euros.

Alors, vous choisissez d’y gagner ou d’y perdre ?

Deutsche Bank estime que les taux d’intérêt ont récemment atteint leur plancher, et ont déjà comencé à remonter. Nous pensons que cette tendance devrait continuer. Si vous conservez votre obligation jusqu’à l’échéance, vous toucherez un montant net moins élevé que si vous la vendiez aujourd’hui. Autrement dit, vous perdrez 900 euros sur les 3 prochaines années, ce qui représente environ 1% par an. À vous de choisir, donc ! Ce choix dépend par ailleurs fortement de vos objectifs d’investissement :

  • soit vous vendez les obligations en question aujourd’hui en réalisant un beau « gain » et vous réinvestissez éventuellement la somme dans une nouvelle formule de placement;
  • soit vous choisissez de percevoir vos coupons pendant encore 3 ans, ce qui vous fait en fin de compte perdre de l’argent.

Qui voudra racheter mes obligations si elles engendrent une perte ?

Excellente question ! Les particuliers comme vous ne seront fort probablement pas prêts à les racheter, puisqu’elles leur feront également perdre de l’argent.

Mais ces obligations peuvent encore se révéler intéressantes pour les investisseurs « institutionnels » (pouvoirs publics, institutions financières, fonds de pension, ...), parce qu’ils sont soumis à un régime fiscal différent, ou parce qu’ils souhaitent diversifier leur portefeuille.

Vous voulez savoir quelles sont les alternatives ?

Appelez nos spécialistes de Talk & Invest au 078 156 157

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* Le vrai calcul est plus complexe, les chiffres fournis ci-dessus sont des approximations. Mais ce calcul permet d’expliquer les choses plus clairement. Le rendement résiduel est le rendement que vous obtenez si vous conservez l'obligation jusqu'à l'échéance, en tenant compte du cours actuel, des paiements de coupon intermédiaires et du remboursement du montant nominal à l'échéance. Attention: l'exemple ci-dessus ne concerne pas les titres de dette structurés.