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Le marathon politique a commencé en Europe

Le marathon politique a commencé en Europe


L’année 2016 a été marquée par un regain de populisme. La victoire du camp du Brexit puis celle de Donald Trump a galvanisé le moral d’autres partis dits « anti-système », qui se voyaient déjà bien truster des places au soleil en Europe.

A l’heure d’écrire ces lignes, la Grande-Bretagne vient d’enclencher l’article 50, les Pays-Bas ont voté et la France entre dans le sprint final de son élection présidentielle. De bien des manières, l’Union européenne incarne ce à quoi les populistes s’opposent. Un système de gouvernance basé sur les compromis, orienté sur le long terme, et où le pluralisme est censé être encouragé. Dans le même temps, c’est ce qui fait de l’Europe le bouc émissaire idéal, car son système de gouvernance est souvent perçu comme trop lent, trop administratif et trop complexe.

Pays-Bas : le spectre du « Nexit » s’éloigne

Le début du marathon politique a commencé avec les législatives aux Pays-Bas. Le grand gagnant est le premier ministre actuel, Mark Rutte, qui devra néanmoins s’associer avec 3 autres partis pour former une coalition. Même si le parti d’extrême droite de M. Wilders a engrangé quelques sièges supplémentaires, le résultat final est sans appel et montre clairement une victoire pro-européenne. Le spectre d’un « Nexit » (sortie des Pays-Bas de l’Union Européenne) s’est donc éloigné, du moins jusqu’aux prochaines élections au Sénat, en 2019.

La Grande-Bretagne a lancé le processus du « Brexit »

De l’autre côté de la Manche, le Parlement britannique a approuvé la loi donnant le pouvoir au gouvernement d’activer l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui pose les bases de la sortie d’un Etat de l’Union. Theresa May, première ministre britannique, ne s’est pas fait prier et a enclenché le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le « Brexit ») le 29 mars dernier. Les choses sérieuses vont maintenant commencer. A moins que les deux parties au divorce ne se mettent rapidement d’accord - ce que nous ne pensons pas - le Brexit devra être entériné pour avril 2019. Il y a cependant fort à parier que les véritables négociations ne commenceront pas avant la fin de l’année, soit après les élections en Allemagne programmées le 24 septembre 2017.

France : le candidat pro-européen tient la corde

Tout comme cela a été le cas aux Pays-Bas, un parti d’extrême droite a été en tête des intentions de vote en France pendant de nombreuses semaines. Et tout comme pour nos voisins du nord, nous pensons qu’au final c’est un candidat démocrate pro-européen qui remportera l’élection. Le mieux placé à l’heure actuelle est Emmanuel Macron, dont la volonté « ni trop à gauche, ni trop à droite » comme il le dit lui-même, est de remettre la France « en marche ». Pour rendre à l’économie française de sa superbe, M. Macron veut diminuer l’impôt des sociétés pour augmenter la compétitivité de ces dernières, diminuer les dépenses courantes de près de 60 milliards d’euros et faire des investissements de l’ordre de 50 milliards d’euros sur la durée du quinquennat (dont 15 pour l’énergie et 15 pour l’éducation). Il veut également plus d’intégration européenne, dont la création d’un budget commun, avec un ministre de l’économie et un ministre des finances de la zone euro.

Les investisseurs focalisés sur les données économiques

S’il a gagné en popularité, le populisme ne fait toutefois pas l’unanimité en Europe. Les investisseurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompé et ont, depuis le début de l’année, bien anticipé le résultat des rendez-vous politiques importants. Ils sont restés focalisés sur les données économiques, qui ont dans leur ensemble été encourageantes. Cela a permis à la plupart des indices actions d’Europe d’engranger de bonnes performances. L’euro s’est également raffermi, après le résultat des législatives aux Pays-Bas. Il devrait en être de même avec l’élection française. L’euro devrait garder de la vigueur, ce qui à court terme devrait freiner la remontée du dollar face à la monnaie unique. Du coup, les marchés des actions devraient poursuivre leur marche en avant, aussi longtemps que les perspectives s’améliorent. Néanmoins, le populisme n’a pas toujours besoin d’être au pouvoir pour avoir un impact. Il peut maintenir une pression sur un gouvernement et influer sur les décisions. D’autres pays pourraient également se rappeler au bon souvenir des Européens, et en premier lieu l’Italie, qui doit tôt ou tard retourner aux urnes.



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