En résumé

  • Depuis la crise financière il y a 10 ans, les banques européennes ont lourdement chuté en bourse avant d’entamer une longue traversée du désert.
  • Malgré les défis auxquels il reste confronté, le secteur bancaire européen reprend toutefois des couleurs.
  • Les banques européennes comptent parmi les secteurs les moins chers en bourse et les prévisions de croissance bénéficiaire apparaissent raisonnables.

S’il est un secteur en Europe qui a fait couler beaucoup d’encre ces 10 dernières années, c’est bien le secteur bancaire. Pris dans la tourmente de la crise financière, celui-ci a lourdement chuté en bourse avant d’entamer une longue traversée du désert dont il porte encore les stigmates. Si tous les clignotants ne sont pas encore au vert, la situation s’est cependant sensiblement améliorée et les banques se portent indéniablement mieux aujourd’hui. Est-il encore temps de prendre le train en marche ? Point de la situation.

Le secteur bancaire européen se redresse : pourquoi ?

Malgré les nombreux défis auxquels il reste confronté, le secteur bancaire européen a retrouvé des couleurs depuis l’an dernier. Deux éléments principaux expliquent ce retour à de meilleures dispositions :

L’amélioration notable de la situation économique en Europe, avec le retour d’une croissance soutenue et généralisée. Cette embellie conjoncturelle favorise une diminution des créances douteuses, même si leur niveau reste problématique dans certains pays (en Italie surtout). En parallèle, l’octroi de crédits bancaires aux entreprises et aux ménages s’inscrit pour sa part dans une tendance haussière face à une demande soutenue.

La hausse des taux d’intérêt constitue également un développement favorable pour les banques dont l’activité de base (transformation de l’épargne à court terme en prêts à long terme) profitera à terme d’une courbe des taux plus pentue. Nous anticipons une poursuite du mouvement de hausse graduelle des taux longs dans un contexte de croissance solide et de hausse progressive de l’inflation. La Banque centrale européenne (BCE) devrait aussi contribuer à cette évolution : d’abord en mettant probablement fin à son programme d’achats d’obligations en décembre 2018, et en initiant ensuite le mouvement de hausse de ses taux directeurs courant 2019.

A côté de cela, le secteur bancaire européen pourrait également bénéficier d’autres facteurs de soutien :

Les régulateurs pourraient ne pas resserrer l’étau aussi fortement que craint dans leur volonté de mieux encadrer les méthodes d’évaluation des risques des banques (Bâle IV). De quoi permettre aux banques de souffler quelque peu après l’augmentation drastique de leurs coussins de fonds propres et de liquidités ces dernières années pour se conformer aux normes réglementaires en la matière (Bâle III). En tout état de cause, les banques devraient bénéficier d’une longue période de transition pour implémenter Bâle IV, leur donnant ainsi le temps de prendre leurs dispositions pour en atténuer l’impact.

Les rumeurs de fusions bancaires circulent à nouveau dans les salles de marchés. Baser une décision d’investissement uniquement sur cet élément est bien sûr insuffisant, mais une reprise éventuelle du mouvement de concentration dans le secteur serait un élément de soutien supplémentaire.

Qu’en est-il des valorisations boursières ?

Le secteur bancaire européen se traite actuellement avec une décote de plus de 20% par rapport au marché dans son ensemble sur base du rapport cours/bénéfice estimé des 12 prochains mois, ce qui est conforme à la moyenne historique. Le secteur, qui affiche un rendement de dividende supérieur à 4%, est aussi l’un des moins chers en Europe après ceux de l’automobile et de l’assurance. Sa valorisation est donc attractive.

De plus, les prévisions de croissance bénéficiaire pour le secteur nous semblent conservatrices, avec 8,7% de croissance attendue en 2017 et 7,4% en 2018, soit moins que celles pour le marché d’actions européen. Il nous semble qu’il existe ici de la marge pour des surprises positives, surtout si l’environnement plus favorable évoqué plus haut se concrétise comme anticipé.

Selon nous, le secteur bancaire européen devrait poursuivre sur la voie du redressement et mérite le détour. Bien sûr, s’agissant d’un secteur très cyclique, son évolution reste étroitement liée à la santé de l’économie et à l’orientation des taux d’intérêt. Une réglementation excessive reste également un risque. On restera donc attentif à ces éléments au moment d’y investir.

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